AUBERT. — Annales de dermatologie, 1883, p
Je n'ai pas à insister longuement sur la technique de cette méthode qui à été admirablement exposée par E. Vidal dans une série de travaux des plus importants. Elle donne de bons résultats, surtout lorsqu'on l'emploie dans le traitement des lupus vorax, dont, en quelques séances elle peut arrêter l'extension.
Mais nous ne devons pas oublier que, pour arriver à guérir par la méthode des scarifications de E. Vidal et Balmano-Squire un placard lupeux, il faut de très nombreuses séances de scarifications. Or, chacune de ces séances est en somme douloureuse, elle détermine un écoulement de sang assez abondant, et, bien que la cicatrisation des entailles de scarification se fasse rapidement (en cinq ou six Jours environ), J'ai constaté que l’effusion du sang, la douleur, faisaient abandonner cette méthode par beaucoup de malades, surtout par les malades de Fhôpital.
D'ailleurs, et c'est là le principal reproche qu'on doive lui faire, elle n’agit pas assez vite, et l'on peut, en un espace de temps beaucoup plus court, obtenir une guérison beaucoup plus complète du placard Tupeux par ma méthode mixte.
Enfin, elle ne met pas plus à l'abri des récidives que les autres méthodes, et il me semble même qu'elle met moins à l'abri des récidives que la méthode mixte bien employée.
4° Cautérisations.
À. — Cautérisation en masse. — La cautérisationen masse au moyen du fer rouge ou du thermo-cautère peut être employée dans certains cas pour enlever le plus gros de certaines formes de lupus saillants et hypertrophiques.
D'une façon générale, je n'emploie guère ce procédé, bien que ce soit une méthode préférée par de savants et habiles dermatologistes [yonnais : Aubert, Horand, Cordier, ete. En tous cas, je le repousse absolument pour le lupus de la face, où il produit des délabrements trop considérables, et ne l'emploie guère que dans certains cas de lupus siégeant en
dehors de la face. Dans quelques cas, j'emploie la cautérisation, conjointement avec la curette, en commençant par la cautérisation, puis enlevant par le raclage les tissus carbonisés, puis cautérisant de nouveau lorsque l'écoulement sanguin recommence.
B.—Cautérisations interstitielles fragmentées. — La cautérisation interstitielle fragmentée au moyen des pointes fines el coniques du thermo-cautère, ou au moyen de l'excellent galvano-cautère de E. Besnier, constitue une méthode très recommandable.
Avec les pointes fines du thermo-cautère, avec les ingénieuses pointes du galvano-cautère de Besnier, l'on peut arriver, comme l'a démontré souvent ce savant dermatologiste, à obtenir de bonnes guérisons avec cicatrices souples et lisses. Toutefois j'ai constaté dans un grand nombre de cas, soit dans mon service, soit dans d'autres services, que les cicatrices obtenues consécutivement à l'emploi des cautérisations fragmentées, ponctuées ou linéaires, pouvaient devenir saillantes et à tendance chéloïdienne.
Pour éviter cet inconvénient, il est bon, dans certains cas, comme l'a recommandé Brocq, de faire alterner les galvanocautérisations interstitielles fragmentées avec les scarifications linéaires.
Le galvano-cautère de Besnier constitue évidemment l'instrument le plus perfectionné. En outre, les cautérisations au galvano-cautère présentent le grand avantage de pouvoir agir sur plusieurs points au moyen des griffes et de ne pas produire autant d'irradiation de calorique que les pointes fines du thermo-cautère.
Malgré cela, le thermo-cautère constitue peut-être encore l'instrument le plus pratique et en tous cas le plus portatif pour l'immense majorité des médecins, el je suis arrivé avec les pointes fines du thermo-cautère à des résultats aussi bons qu'avec le galvano-cautère.
Cependant l'expérience m'a amené à limiter le traitement du lupus par le thermo-cautère ou les pointes fines du gal-
vano-cautère à certains Cas particuliers. D'une façon générale, je rejette leur emploi dans le traitement du lupus à infiltration diffuse, fongueuse, congestive, hypertrophique. Dans ces cas, je préfère de beaucoup détruire mon lupome par la curette et les applications ultérieures d'agents caustiques (traitement mixte). Les pointes fines du galvano-cautère sont également d’un emploi presque impraticable, par suite de la longueur du traitement, lorsqu'on à affaire à de très D ;
vastes placards lupeux.
Par contre, la pointe fine du thermo-cautère et surtout les pointes fines, longues et isolées du galvano-cautère de Besnier, sont fréquemment employées dans ma clinique,
? lorsque je veux détruire des tubercules lupeux d’un volume restreint, isolés, entourés d’un tissu dense ou sclérosé sur lequel la curette mord avec difficulté.
J'ai recours d'une facon constante à ce procédé pour attaquer ou détruire les récidives de lupus se faisant dans les cicatrices sous forme de tubercules miliaires isolés. Dans ce dernier cas, il n’est pas de méthode qui puisse rendre de meilleurs services que la destruction au moyen de la pointe longue unique du galvano-cautère de Besnier.
5° Électrolyse.
Malgré les résultats signalés par Gartner, Lutsgarten, Hardaway, etc., le traitement du lupus par l'électrolyse ne peut guère être appliqué qu'à des infiltrats lupeux excessivement limités. Pour ma part, cette méthode ne m'a jamais donné des résultats satisfaisants dans le traitement du lupus, et j'ai dû l'abandonner complètement.
Elle m'a été cependant utile dans un cas de Tupus très limité de la conjonctive palpébrale et bulbaire. Elle m'a été d'un réel secours dans l'amélioration des cicatrices consécutives à la guérison du lupus.