B. — GASTRITES TOXIQUES
41° Considérations générales.
Les gastrites toxiques sont le résultat de l'absorption de poisons par la bouche, soit par mégarde, soit intentionnellement. Leurs symptômes sont variables, selon la substance toxique absorbée; cependant il en est quelques-uns qui sont constants.
Quelques instants après que le poison est arrivé au contact de la muqueuse de l'estomac, il se produit à l’épigastre une sensation de chaleur, puis, bientôt après, de brülure intense qui s'accompagne d’une soif extrême qu'on ne peut réussir à calmer; puis les vomissements apparaissent, extrèmement douloureux, ne soulageant pas le malade et de plus en plus fréquents; ils contiennent des matières alimentaires mèêlées à la substance toxique, du mucus et du sang.
Des symptômes généraux, plus ou moins graves selon les cas, se montrent en même temps du côté de la circulation et de la respiration; les mictions deviennent rares, la peau se couvre de sueur et le coma peut survenir. Quelquefois la mort arrive à la suite d’une perforation de l'estomac et d'une péritonite subaiguë.
Parmi les principales substances qui déterminent le plus souvent la gastrite toxique, il faut citer : les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, oxalique, l’ammoniaque, la potasse, le phosphore, le sublimé, l’arsenic, le sulfate de cuivre, etc.
2° Traitement.
Le traitement que l’on doit apporter aux gastrites toxiques a déjà été étudié à propos des intoxications; nous y renvoyons
le lecteur (fasc. IIT, p. 217); contentons-nous de dire ici que la principale indication est d’évacuer le poison le plus rapidement et le plus complètement possible, au moyen du lavage avec une grande quantité de liquide, si l’on peut encore le pratiquer. On peut encore, à défaut du lavage, provoquer des vomissements avec de l’ipéca, de l'émétique ou une injection d’apomorplune, si l'on est sûr de ne pas provoquer ainsi de perforation de l'estomac. On réservera donc ce moyen pour les poisons qui n'amènent que lentement la destruction de la muqueuse.
Puis il faut tâcher de neutraliser la substance toxique en administrant un corps avec lequel elle puisse former un composé insoluble et inoffensif. Si un acide a été ingéré, on donnera de l’eau de chaux où de la magnésie; si c'est de la potasse, on fera prendre de l'acide citrique, du jus de citron où du vinaigre ; sic'est de l’arsenic, on donnera du sesquioxyde de fer. Pour neutraliser le phosphore, on donnera de la magnéste; contre le sublimé, de l’eau albumineuse ou du lait, ete. (V. fasc. IIL.)