À, — CAUSES GÉNÉRALES
Le premier groupe comprend les maladies dites générales, celles qui altèrent la crase du sang et en préparent l’extravasation. C’est, à proprement parler, le groupe des maladies infectieuses, dont le nombre déjà si grand s'accroît chaque jour par l’adjonction des espèces nouvelles que la bactériologie nous révèle. Dans ce groupe prennent place, au premier rang, les grandes maladies qui se nomment la variole, le purpura, l’endocardite ulcéreuse, la fièvre jaune, l'ictère grave. On admet généralement qu’elles produisent une altération spéciale du liquide sanguin grâce à laquelle celuici a une tendance à s'échapper des petits vaisseaux. Mais, vraisemblablement, il y a aussi une altération des capillaires, dont la résistance diminue, et qui se prètent ainsi à des ruptures éventuelles. Il y a, pour certaines maladies infectieuses,
TRAITEMENT DE L'HÉMATÉMÉESE. 447
un mécanisme particulier : ulcération pour la fièvre typhoïde, embolies pour l’endocardite ulcéreuse.
En regard de ce groupe, on a voulu créer un chapitre à part pour certaines hématémèses, également de cause générale, ou tout au moins d’origine indéterminée, qui ressortissent à la catégorie des hémorragies dites supplémentaires. Ce sont des hématémèses que l’on observerait chez certaines femmes en l’absence des règles, et qui sembleraient faire fonction de menstruation. Bien que la plupart des traités de pathologie croient devoir leur accorder une mention, on est autorisé à exprimer des doutes concernant l'authenticité des faits qui ont servi à leur donner créance, et à formuler des réserves quant à l'interprétation de ces faits. Il y a certainement parmi eux des cas d’hémorragie se rapportant à des lésions gastriques inconnues ou passées inaperçues.
Mêmes réserves pour les hématémèses des sujets nerveux, des névropathes, des hystériques. En ce qui concerne ces derniers, il convient de rappeler que récemment on à établi la fréquence relative chez eux de l’ulcère simple de l'estomac, constatation qui, on le conçoit, rend très problématique l’influence vaso-motrice ou nerveuse que l’on a invoquée pour rendre compte de ces hémorragies.
Disons pourtant que cette théorie de l’origine nerveuse conserve des partisans qui affirment résolument leur conviction. Ainsi Ferran déclare que l’hématémèse, envisagée à un point de vue général, n'implique pas nécessairement l'existence d’une lésion organique de l'estomac’; qu'il est au contraire des cas où, dans l’ensemble symptomatique d’une affection à forme nerveuse et surtout dans l’hystérie, le vomissement de sang se présente avec des caractères propres et déterminés qui permettent de l'isoler d’une cause matérielle. Il en serait pour ces phénomènes comme pour les sueurs de sang, ou Aématidroses, et pour toutes les hémorragies qui se produisent chez les hystériques. D’après Ferran,