‹ Traité de thérapeutique appliquéeChapitre 145 sur 178 · FERRAN. — Th. de Paris, 18T · texte numérisé non relu

FERRAN. — Th. de Paris, 18T

il est préférable de rattacher tous ces faits à une même cause générale, en dépit de leur diversité apparente.

La question reste évidemment indécise. Nous pouvons encore citer ici l'opinion de Josserand! qui a décrit une variété d'hématémèse hystérique, sorte d'expectoration sanguinolente, dont l'aspect est si pathognomonique que sa seule apparition acquiert la valeur d’un stigmate et permet d’affirmer l’état névropathique du sujet, avec la même certitude que le médecin peut invoquer quand il diagnostique la pneumonie par le seul aspect du erachoir. Le liquide expectoré est moins rouge que du sang pur, c’est du sang dilué : sa consistance est visqueuse, il ressemble à du sirop de ratanhia étendu d’eau ; il n’est pas spumeux et ne se coagule pas dans la grande majorité des cas. Cet aspect spécial provient de la présence d'une certaine quantité de salive qui dissout l'hémoglobine et empêche le sang de se coaguler. Josserand évalue la proportion à environ une partie de sang pour dix ou douze parties en salive. L'évacuation de ce liquide représente un véritable acte de vomissement : elle peut provenir du pharynx ou de la base de la langue, plus souvent de l'estomac et surtout de l’æsophage. Le mélange avec la salive n’a lieu qu’au moment du passage dans la bouche, comme conséquence du ptyalisme réflexe créé par l’état nauséeux. En somme, il s’agit là d’une véritable hemosialémèse hystérique, qui, d’après Josserand, se rencontrerait souvent chez les névropathes dysménorréiques.

Cette dernière remarque donne lieu de croire que le phénomène est le produit de deux facteurs agissant solidairement. Il convient de rappeler ici, à l’appui des idées de Josserand, qu'un symptôme analogue a été décrit plus récemment sous ce même nom caractéristique d’hémosialémèse hystérique *. Dans la discussion qui a eu lieu sur ce sujet, À. Mathieu a cru devoir affirmer aussi l’origine nerveuse de cette variété d’hématémèse, qu'il serait impossible d'expliquer au moyen des causes ordinaires. Nous devons prendre acte de ces tra-

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