‹ Traité de thérapeutique appliquéeChapitre 156 sur 178 · C. — VOMISSEMENTS PAR ACTION PSYCHIQUE · texte numérisé non relu

C. — VOMISSEMENTS PAR ACTION PSYCHIQUE

Les vomissements peuvent être déterminés par action directe sur le centre bulbaire, par action réflexe, mais aussi par action psychique: ce sont les vomissements hystériques, qui parfois peuvent devenir réellement incoercibles et revêtir une grande gravité. La plupart du temps, ils seront rebelles à tout traitement médicamenteux, mais céderont assez facilement à une suggestion plus ou moins extériorisée.

Il faut penser à la possibilité de cette origine dans certains cas de vomissements rebelles survenant après les maladies infectieuses, et ne pas oublier que, ainsi que l’a bien montré le professeur Grasset, l’hystérie peut alors s'éveiller pour la première fois. Nous avons pu l’observer dernièrement à la clinique du professeur Spillmann, chez une jeune fille atteinte de vomissements incoercibles pendant la convalescence d’une fièvre typhoïde très grave; en désespoir de cause on voulut pratiquer un lavage de l'estomac; lorsque la sonde commença à pénétrer dans l’œsophage, la malade fut prise

d'une crise caractérisée d'hystérie, et les vomissements ne se reproduisirent jamais.

C'est par les mêmes procédés que l’on pourra souvent traiter le méricysme, vraie névrose gastro-diaphragmatique, que l’on voit parfois s'établir chez les enfants à la suite d'une véritable habitude de vomissements volontaires. C’est à cette période qu'il faut surveiller discrètement l'enfant de près, sans paraître s'inquiéter de ses vomissements, en feignant parfois de ne pas prêter attention, le réprimander, au besoin lui administrer après chaque vomissement un médicament très désagréable à prendre, employer, en un mot, un traitement moral approprié au caractère de l'enfant.

Traitement des vomissements selon leur nature.

A.— Nous n'avons rien de spécial à dire des vomissements ALIMENTAIRES, MUQUEUX, BILIEUX, auxquels s'adresse toute notre étude antérieure.

B.— Rien de particulier non plus à signaler pour les vomissements DE PUS provenant presque constamment d'un foyer développé en dehors des viscères et x faisant irruption; pour les vomissements fécaloïdes par obstacle au cours des matières dans l'intestin.

C. — Mais le vomissement de sang, l’HÉMaATÉMÈSE, doit retenir notre attention.

Quelle que soit l’origine de lhématémèse: ulcère de l’estomac, cancer, gastrite suraiguë, stase dans la circulation porte (début de la cirrhose atrophique), infections hémorragiques, hémophilie, hystérie, la première chose à faire sera de

1° Assurer l'immobilité de l'organe lésé; on devra imposer au malade le repos absolu dans le décubitus dorsal et la diète absolue ; on se contentera de lui faire sucer des pilules de glace; puis, au bout de quelque temps, on pourra lui faire absorber, par cuillerées à café espacées, du champagne

frappé et du lait glacé. On fera placer sur la région épigastrique une vessie de glace isolée de la peau par l'interposition d'une pièce de flanelle. Toutes les heures, on fera absorber 1 ou 2 centigrammes d'extrait thébaïque, ou bien matin et soir on injectera par voie hypodermique 1 ou 2 centigrammes de morphine.

2° On pourra /enter l’hémostase locale :

a) Par des coagulants :

DAPOLCMNOCURENUE Ter EE XXE OUTESS SILOPId'OPIUR NN PR ES OSTaMIESS Fa uidiS lé PME ERNEST 00 —

F.s. a. Potion. Ne pas compter sur son action.

L'eau de Rabel :

AEauTdéeRabel PEN ERA RER 3 grammes.

SILOPANÉDATUE RTE NE PER ES () — BG CSI 6 alu done tp 0 AA — Alcoolaturetde Citron RE MN XX TOUTES:

F.s. a. Potion. Par cuillerées à soupe.

b) Par les poudres inertes : sous-n'trale de bismuth, 2 à 3 grammes à délayer dans une petite quantité de lait et à prendre par cuillerées à café.

De même par le £alc de Venise, qui peut se prendre à très haute dose, 20 à 30 grammes.

c) Par les astringents :

DATANNIN TANT TE SEE 2 grammes.

SILO D AO DIU EME EEE PES 1) — Eau de fleurs d'oranger. . . . . . . . 10 — Fauidertilleul RE rene 00) —

F. s. a. Potion.

ou EXT TeMAtANNIA EEE" 3 grammes.

SITOPITERMOLDLINE EEE EE 0 — Eau Ris ETLlÉ € CC NN EURE DA D D —

F. s. a. Potion. Par cuillerées à soupe.

Par action sur la contractilité des vaisseaux :

DABTSOUDEN Se © "22 grammes.

Sirop de ratanhia. . . . . . . . . . . 30 — Eau de fleurs d'oranger. . . . . . . . 10 — Fautde Cannelle en 0, 00 —

F.Ss. a. Potion. Par cuillerées à soupe.

Ou bien faire une injection sous-cutanée de la solution titrée d’ergotine Yvon, une ou deux seringues de Pravaz par vingt-quatre heures.

3° Si l'hémorragie, très abondante, menace de provoquer une syncope, injections d'éther, de caféine.

Enfin, en cas de nécessité, on recourra aux injections de sérum artificiel; voici la formule du professeur Hayem, l’une des plus employées.

7 Eau distillée stérilisée . . . . . . . 1000 grammes. Chlorure de sodium pur . . . . . . 5 — SUHÉQIENC SOU RE 10 —

Dissolvez. Portez à 38°.

L'injection peut se faire par voie intra-veineuse, intraartérielle, ou bien, le plus souvent dans le tissu cellulaire sous-cutané.

On peut injecter facilement 30 à 40 centimètres cubes etheaucoup plus; chez des cholériques, on a injecté jusqu’à 2 litres.

Plus simplement, on peut employer l’eau salée stérilisée, au titre de 8 à 10 pour 1 000. Pratiquement, en cas de grande urgence, on peut considérer que deux cuillerées à café de chlorure de sodium représentent T à 8 grammes; une cuillerée à soupe représente de 15 à 20 grammes, soit la dose pour deux litres.

La formule suivante est également recommandable :

% Phosphate neutre de soude . . . . . 2 grammes. PAUSE 400 -

Dissolvez. 1 centimètre cube en injections sous-cutanées répétées.

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