‹ Traité de thérapeutique appliquéeChapitre 160 sur 178 · Kusster. — Bert. klin. Wochenschrift · texte numérisé non relu

Kusster. — Bert. klin. Wochenschrift

2. Karewsky. — Dische med. Wochenschrifl, p. 1035, 1890. 3. MARTIN. — Virch. Arch., Bd CXX, p. 230, 1890.

rarement un trouble dans le fonctionnement physiologique de la glande. Nous allons voir apparaître avec la lithiase, la pancréatite chronique et la sclérose de l'organe, deux phénomènes d'une haute importance clinique : la stéarrhée et la glycosurie.

La lithiase pancréatique se traduit, au point de vue anatomique, par la formation et le développement, en un ou plusieurs points des canaux excréteurs de la glande, de concrétions. En amont de celles-ci peuvent se former des kystes par rétention, ou bien la glande se sclérosera. Si l'oblitération porte sur un gros tronc et surtoutsur le canal de Wirsung, on verra apparaître de la stéarrhée. Le diabète n’est également pas rare. On s’est demandé si cette lithiase était capable de provoquer des douleurs comparables à celles qu'entrainent les lithiases hépatique et rénale. Certains auteurs penchent pour la négative, d’autres, au contraire, affirment l'existence des coliques pancréatiques. Holzmann'a vu, dans une crisede coliques due à la lithiase des canaux du pancréas, une salivation abondante, une melliturie temporaire et des accès fébriles comparables à ceux de la colique hépatique ou néphré ue, La pilocarpine aurait agi favorablement dans ce cas.

Si l'obstacle persiste, la glande devient, comme nous l'avons dit, kystique ou scléreuse. Et quoique l’on ne provoque guère le diabète au point de vue expérimental en liant les canaux excréteurs, il n’en reste pas moins acquis que, cliniquement, la sclérose du pancréas est une cause fréquente de glycosurie. La même lésion résultera aussi d’une compression du canal de Wirsung. Elle pourra enfin se produire indépendamment de tout obstacle au cours du suc pancréatique sous l'influence de l'alcoolisme, de l’artério-sclérose, de la syphilis, d'une autointoxication prolongée (urémie chronique). [ei encore la stéarrhée, la melliturie peuvent faire défaut, alors même que la destruction de la glande est assez avancée pour entrainer une cachexie mortelle. Ainsi, dans un cas de Rosenthal ?, une fil-

1. HOLZMANN. — München. med. Wochenschrift, 4895, n° 20. 2, RosextruaL. — Zeitschrift f. klin. Med. Bd XXI, 3 et 4.

lette de 16 ans et demi mourut de cachexie en sept semaines, après avoir présenté une ascite intense, et l’on trouva à l’autopsie une sclérose complète du pancréas, probablement de nature spécifique, sans qu'il y ait jamais eu aucun symptôme susceptible d'attirer l'attention sur une altération possible de cette glande.

Mais cette marche insidieuse du mal est plutôt un phénomène rare. Le diagnostic est possible et les efforts de la thérapeutique sont par conséquent fort légitimes. En dehors du traitement spécial de la stéarrhée et du diabète, Fleiner' conseille, dans la cirrhose calculeuse et artério-scléreuse du pancréas, de chercher à abaisser la pression artérielle en régularisant la quantité des boissons ; il insiste sur la nécessité de couper le travail, physique ou intellectuel, par de larges périodes de repos; il conseille la gymnastique, l’aération du malade. Il est important de surveiller de très près la régularité des selles.

La stéarrhée n'est autre chose que la présence dans le bol fécal de matières grasses en excès, qui donnent aux fèces un aspect et une consistance absolument spéciaux. Ce symptôme est d’ailleurs, chez un même malade, éminemment variable, selon la richesse des aliments en matière grasses. Une petite quantité de ces dernières peut fort bien être émulsionnée par la bile, et la stéarrhée ne pas se produire malgré une insuffisance pancréatique absolue.

Le diabète est caractérisé par la brusquerie de son début et l'intensité des phénomènes qui l’accompagnent : soif intense, faiblesse extrême, déchéance rapide, acétonémie précoce, glycosurie très abondante.

Nous n'avons pas ici à nous occuper du régime spécial aux diabétiques, ni des médications que l’on emploie en général contre le diabète arthritique. Ces méthodes n’ont d’ailleurs aucune efficacité. La glycosurie est-elle le résultat de la suppression d’une sécrétion interne de la glande chargée, à

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