CHAPITRE VIII
PAR
A. GOUGUENHEIM
Médecin de l'hôpital Lariboisiere.
Troubles de la sensibilité.
À. — L'anesthésie du pharynx est un signe commun de l'hystérie; elle peut aussi être quelquefois le prélude d’une affection des centres nerveux, mais d'ordinaire elle ne cause aucun inconvénient; car pour la trouver il la faut chercher avec attention, le malade n’en étant pas incommodé; il n'ya donc pas lieu d’en faire le traitement.
B. — L'Ayperesthésie est un signe très fréquent accompagnant habituellement les pharyngites chroniques, aisément provoqué par l'examen du pharynx, surtout dans ce dernier cas; l’hyperesthésie développe un spasme de tous les muscles de la gorge chez les alcooliques, et surtout chez les nerveux et quelquefois chez les hystériques. Ce spasme gêne considérablement l’examen du fond de la bouche et nécessite pour être dompté l'usage des anesthésiques locaux, l'insufflation de chlorhydrate de cocaïne mélangé à parties égales avec de la poudre de sucre.
L'hyperesthésie s'accompagne parfois de névralgies avec
des points névralgiques à divers endroits; dans ces cas, l’hystérie est la cause prédisposante. Cet état réclame un traitement anti-nerveux : bromure de potassium, 2 grammes par jour au minimum.
Hydrothérapie prolongée.
Le traitement externe sera analogue à celui de l’hyperesthésie, mais il faut chez ces malades atténuer les doses de cocaïne.
La paresthésie consécutive à l'existence d’un corps étranger est caractérisée, non seulement par de la douleur, mais par des sensations faisant croire au malade à la présence du corps étranger qu'il sent longtemps après qu'il a disparu.
C’est toujours un phénomène nerveux, commun chez tous les nerveux, et qui exige la même thérapeutique que précé-
demment.
Troubles de la motilité. A. — Le spasme musculaire est un accident très souvent
consécutif à l'examen chez les alcooliques, fumeurs et hystériques; c’est un phénomène accompagnant toujours l'hyperesthésie et nécessitant le même traitement que l'hyperesthésie.
B. — Paralysies. — La paralysie la plus répandue est celle du voile du palais.
Il n'existe aucun médecin qui n’ait eu l’occasion de rencontrer cette paralysie que l’on observe la plupart du temps après les angines diphtériques et peut-être les autres.
Elle est caractérisée par une immobilité complète du voile du palais, des troubles vocaux, voix nasonnée, des troubles de la déglutition, l'issue des aliments et des boissons par les fosses nasales.
La paralysie du voile du palais s’observe encore dans la paralysie faciale, lorsque la paralysie du nerf se produit très haut dans le canal de Fallope, au-dessus du ganglion géniculé.
La paralysie diphtéritique se modifie très facilement sous l'influence de la faradisation, et le courant employé devra être d’une moyenne intensité. Pour faire usage du courant, on tiendra un pôle dans la main, et on appliquera l’autre sur le voile au-dessus de la luette.
On administrera en même temps par l'estomac de la noir vomique à la dose de IV à VIIT gouttes par jour de teinture, délayées dans un peu d’eau.
La faradisation réussit moins aisément contre la paralysie causée par l’altération du nerf facial.
C. — Paralysie des constricteurs du pharynx. — Klle est la suite d’altérations graves du système nerveux central, etsurtout de la moelle allongée; les malades ne peuvent avaler leur salive, et, pour qu'ils ne risquent pas de suffoquer par la pénétration de la salive dans les voies respiratoires, ils sont obligés de reposer dans un fauteuil, la tête en avant, de manière à faciliter la sortie du liquide salivaire.
Quand la déglutition ne peut s'effectuer, on est quelquefois contraint d'appliquer une sonde æsophagienne à demeure. C'est un accident d'observation fort rare.