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CHAPITRE IX

PAR

A. GOUGUENHEIM

Médecin de l'hôpital Lariboisière.

Considérations générales.

C’est une question très pratique et dont l'observation est fort commune.

Les corps étrangers du pharynx sont variés à l'infini; ce sont les aliments qui forment le plus gros contingent; les os de viande, les arêtes de poisson sont fréquemment rencontrés ; les pièces dentaires artificielles, les épingles et aiguilles, les corps de toute espèce qui n’ont de facilité de s'arrêter dans le pharynx qu'à la faveur de parties acérées qui s’enfoncent dans les tissus mous. Quelquefois des corps arrondis, pièces de monnaie, peuvent s'arrêter dans l’œsophage.

L’amygdale, la base de la langue, le point de conjonction de l’æsophage et du larynx, sont les parties qui servent d'habitude de points d'arrêt aux divers corps étrangers.

On distingue facilement les corps étrangers s’ils sont implantés dans les amygdales, mais partout ailleurs, l'examen avec le muroir laryngoscopique est indispensable.

Parfois il se pourrait que la transparence de certains de ces corps étrangers, tels qu'une arête de poisson par exemple, en rende la découverte malaisée; en ce cas l'examen digital, toucher du pharynx, devient indispensable pour com-

pléter l’examen, car le toucher permet de percevoir les moindres inégalités.

Avant de pratiquer ce toucher, il faudra, pour insensibiliser le pharynx, faire une insufflation de poudre de cocaïne ou badigeonner très légèrement le pharynx avec une solution de cocaïne à 1 p.10 pour ne plus déplacer le corps étranger; le toucher alors doit être pratiqué avec une grande douceur afin de pouvoir reconnaître les menus corps étrangers que l'examen oculaire n’a pu découvrir.

Il est bon de savoir que certains corps étrangers peuvent s'enfoncer dans les tissus et sortir ultérieurement à travers la peau; dans ce trajet, ils sont susceptibles de développer un phlegmon, d'aller perforer les organes importants, artères, veines ou corps vertébral; ce sont des accidents fort rares. Dans ce cas, l'examen par les rayons X deviendra une nécessité.

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Traitement.

L'extraction devra se faire au moyen d’une pince droite, après abaissement de la langue, ce qui est très facile si le corps étranger siège sur l’amygdale; s'il est dissimulé dans uue autre région, base de la langue, ou plus bas encore, 1l faudra faire tenir la langue du malade, s’aider du miroir laryngoscopique et saisir le corps étranger au moyen d’une pince coudée laryngienne. Si cette dernière manœuvre s’accomplissait difficilement, on devrait, après anesthésie, chercher avec le doigt la place du corps étranger; puis, en s’aidant du doigt, on dirigerait la pince qui saisirait le corps étranger.

J'ai parlé plus haut de ces sensations consécutives à la disparition du corps étranger qui ont été décrites sous le nom de paresthésies pharyngiennes : les malades croient alors à l'existence du corps étranger et réclament avec ténacité son extraction. C'est par le traitement anesthésique local que l’on combattra cette pseudo-symptomatologie.

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