D. — TRAITEMENT PRÉVENTIF
Quand la crise est passée, tout n’est pas fini; il faut s’efforcer d'en prévenir le retour. L'hygiène et le régime concourent déjà à ce but, mais on y associera diverses médications accessoires dont l’énumération suit :
1° Surveiller étroitement les fonctions de l'intestin, d’autant que tous ces malades ont une tendance à la coprostase. D'abord, la constipation et la coprostase seront presque toujours écartées par l'emploi de la poudre magnésienne composée; mais si elle est insuffisante, on usera, suivant l’indicaüon, de grands lavements à l’eau bouillie et ramenée à la température de la chambre, de doses modérées de hubarbe, d'aloès, de cascara sagrada, d'extrait de podophyllin , prises avant le repas du soir, ou à deux vieilles préparations qui ont fait leurs preuves, les pilules ante-cibum et les grains de santé de Franck.
2 Pour diminuer l’excitabilité nerveuse qui prend une si
grande part dans la genèse des crises, on dispose de trois moyens : l'exercice en plein air, les bains tièdes et l'hydrothérapie.
L'exercice modéré est indispensable à la digestion. Cette règle ne souffre d’exceptions que chez les chlorotiques auxquelles on doit plutôt prescrire le repos. Après la crise, le malade s’en ira à la campagne, s’il lui est possible de le faire, et là, il vivra d'une vie musculaire et végétative.
Deux fois par semaine, il prendra un bain tiède additionné d’une demi-livre de gélatine de Paris et d’une demi-livre d'amidon.
L’Aydrothérapie lui rendra de grands services, à la condition d’en bien préciser la technique. On peut, avec l'hydrothérapie, produire des effets excitants ou sédatifs. Ce que l’on demande ici, c’est de la sédation, et pour l'obtenir, on évitera tout effet percussif de la douche et l’on associera l’eau tiède à l’eau froide de la manière suivante. Le doucheur aura à sa disposition de l’eautiède à 26°-28°, et de l’eau froide à 12°-15°; il prend d’abord l’eau tiède, brise son jet avec le doigt, ou mieux encore avec un obturateur percé de nombreux trous très fins, et dirige ce jet sur le dos et les jambes de haut en bas, puis de bas en haut; alors, le malade se retourne, et la même opération est pratiquée sur les parties antérieures et latérales du corps: ce premier temps dure de une à deux minutes. On passe ensuite à l’eau froide. Le doucheur saisit l’'obturateur et le fait tournoyer aussi rapidement que possible pour transformer les multiples petits jets en un nuage d'eau froide, au travers duquel le malade passe et repasse deux à trois fois. Puis, l’on enlève l’obturateur et l’on envoie un jet direct, percussif, sur chacun des pieds, pendant cinq à six secondes.
Si l’on n’a pas à sa disposition les moyens de pratiquer cette hydrothérapie spéciale, il vaut mieux s’abstenir etse contenter des affusions tièdes à l'éponge, pratiquées au tub, et suivies d’une rapide friction avee une éponge trempée dans l'eau froide.
3° Toutes ces indications sont de mise dans le traitement des hypersthénies réflexes, mais elles doivent être complétées par celles qui sont liées à la notion étiologique. On nepeut ici entrer dans le détail des traitements étiologiques qu'il convient d'instituer.
4° La crise passée, tous les efforts seront dirigés du côté de l'organe malade qui est le point de départ du réflexe stomacal. Ainsi, en cas de constipation chronique, on conseillera les cures hydro-minérales de Chätel-Guyon, d'Aulus, de Kissingen, de Marienbad. En présence d’une lithiase biliaire, on recommandera Vrchyou Carlsbad. Quant aux autres variétés d’'hypersthénie aiguë, elles ne retireront des cures balnéaires que de minces avantages, et l’on rencontre fréquemment des malades dont l'état a été plutôt aggravé par l'emploi abusif des eaux minérales.
Des hypersthénies gastriques permanentes.