M. XII
Pendant la guerre, les proportions s'élèvent à 145 grammes d’albuminate, 190 grammes de graisse et 500 grammes d’'hydrate de carbone (Munk et Uffelmann).
On se base aujourd’hui, pour établir ces données, non sur le poids des aliments, mais sur leur équivalence thermique, c'est-à-dire sur leur valeur en calories.
Germain Sée a rappelé que :
1 gramme d’albumine fournit . . . . . 4,1 calories. — de graisse — RERO) — d'hydrate de carbone. . . . . 7,1 =
et que le travailleur dépense environ 3 400 calories par jour. Un adulte a besoin, à l’état de repos, d’une nourriture variée capable de produire 33 à 36 calories par kilogramme de son poids.
3° À la question du régime d'entretien se rattache celle du nombre des repas.
Le mieux est évidemment de n’absorber des aliments que lorsque l'estomac est vide. Faire un seul repas par jour, c'est charger l'estomac outre mesure, et le soumettre, en une fois, à un travail excessif. Des repas trop nombreux fatiguent le tube digestif en ne lui laissant aucun repos.
Il résulte des expériences de Penzoldt quetrois à cinq repas constituent la moyenne utile pour un hommesain et robuste. Ainsi, un homme qui travaille manuellement, devrait prendre, à 6 heures du matin, un premier déjeuner composé de café au lait avec du pain; à 9 heures, deuxième déjeuner composé de saucisson ou de lard et de pain; à midi, soupe, viande et légumes, ou féculents ; à 4 heures, goûter analogue au deuxième déjeuner ; à T heures, souper: potage nourrissant, pain ; éventuellement un peu de viande. Coucher entre 9 et 10 heures.
Chez un homme qui se livre à un travail intellectuel, il recommande un déjeuner entre 7 et8 heures, composé de
lait et café, thé ou cacao, avec deux petits pains, deux œufs ou un peu de viande froide. Entre midi et 1 heure, repas composé de soupe, viande, légumes verts, féculents. Le soir, entre 7 et 8 heures, viande et pain. Coucher entre 10 et 11 heures.
Je recommande habituellement un petit déjeuner entre 7 et S heures (café au lait ou thé avec œufs) ; à 11 heures etdemie, déjeuner de viande, poisson, légumes verts, féculents, fromage, compote; goûter vers 3 heures et demie au thé avecpain grillé; à 6 heures, diner avec viande rôtie chaude ou froide, poulet, langue fumée, jambon, légumes verts, compote. Comme boisson, un quart de litre de vin blanc additionné d’eau à chaque repas.
En France, le repas principal se fait généralement le soir, c’est-à-dire lorsque tout travail important a cessé; la digestion peut donc se faire dans de bonnes conditions. Il ne faudrait pas cependant prendre la mauvaise habitude de reculer l'heure du dernier repas à 7 heures etdemie ou même 8 heures du soir; la digestion n’est pas terminée au moment du coucher et l’on sait qu'elle est très ralentie pendant le sommeil; de là une fatigue inutile imposée à l'estomac, sans parler du retentissement nuisible sur le système nerveux.
Chez nous également, le premier repas du matin n’est pas assez COPIEUX.
Les Anglais et les Américains, en gens pratiques, prennent un premier repas composé de poretch (avoine cuite mélangée de lait et de sucre); ils joignent à cela des œufs et un peu de thé.
Hygiène générale.
Il faut insister, avant tout, sur la grande régularité des heures de repas; on doit, en outre, y consacrer un temps suffisant. Combien de gens deviennent dyspeptiques parce qu'ils mangent trop vite ou même en travaillant.
Une mastication complète, accompagnée d’une insalivation suffisante, est la première condition d’une bonne digestion.
Le médecin ne saurait apporter trop d'attention à l’état des dents de ses clients. Les dents qui manquent seront remplacées par des dents artificielles.
Les dents cariées, avec périostite alvéolo-dentaire, seront avulsées ou soignées.
Enfin, quand la mastication est défectueuse, on peut recourir avec avantage à un instrument ingénieux inventé par un industriel du Jura: c'est un masticateur, véritable mâchoire de poche, qui a la forme d’un sécateur et dont les lames d'acier allongées et entre-croisées, réduisent les aliments en une pulpe extrêmement fine.
Il faut s'abstenir de prendre des boissons trop froides ou trop chaudes.
Les bnissons glacées congestionnent la muqueuse, dontelles excitent le fonctionnement d'une facon anormale. Quincke prétend que l’abaissement de la température des parois de l'estomac, provoquée par l’ingestion d’un demi-litre d'eau glacée, retarde de près d’une demi-heure la digestion normale. Au reste, les dyspepsies par abus d’eau glacée sont très fréquentes aux États-Unis, où l’usage des boissons froides est très répandu.
Quant aux aliments trop chauds, ils peuvent léser la muqueuse gastrique et favoriser le développement de l’ulcère simple.
Chomel a dit qu'on digère autant avec ses jambes qu'avec son estomac.
À coup sûr, l'exercice est une condition nécessaire de bonne digestion.
Certaines personnes digèrent même beaucoup mieux quand elles vont se promener en voiture où qu'elles voyagent dans un wagon après le repas; il en est d’autres cependant qui digèrent mieux au repos.
Spirig a trouvé que le degré d’acidité du sue gastrique et
son pouvoir peptonisant étaient plus accusés pendant le repos. On sait du reste que le repos dans la position horizontale est une condition indispensable d’une bonne digestion chez les dyspeptiques.
Le tabac, s'il n’est pas nuisible à l’homme sain, doit être supprimé chez tous les malades.
Notions générales sur l'alimentation des malades atteints d’affections gastro-intestinales.
Dans les cas de lésions aiguës ou graves du tube digestif, l'abstinence absolue de toute alimentation doit être la règle; elle peut se prolonger pendant deux jours et sans inconvénient.
Dans les affections chroniques, il faut avant tout examiner la richesse du suc gastrique en acide chlorhydrique et mesurer le travail digestif de l'estomac par un repas d’épreuve.
[faut en outre, dans le cas d’amaigrissement, compléter cet examen par l'analyse des selles.
C'est en se basant sur ces données que le mé decin doit instituer le régime du malade; il ne doit pas se contenter d’indications superficielles, le malade étant toujours porté à faire des écarts de régime, mais donner par écrit les détails sur la nature des aliments, leur préparation, leur quantité.