‹ Traite de therapeutique appliquee v. 13, 1904 (volume 2)Chapitre 13 sur 46 · C. Légumes. — Les légumes herbacés formeront la base de · texte numérisé non relu

C. Légumes. — Les légumes herbacés formeront la base de

rBlimenUtiou vi^gf'tale du diabétique. Ils sont utiles à divers points de vue, en constituant une masse alimentaire suffisante pour combattre le sentiment pénible de vacuité stomacale dont se plaignent fréquemment les malades; en combattanl j la constipation; en fournissant à l'organisme des sels potas- j siques à acides organiques qui. transformés en bicarbonate de j potasse, alcalinisent le sang et favorisent la destruction du j sucre ; en remédiant, par leurs sels divere, à l'extrême demi- I néralisation du diabétique; en s'associant cuiinaircmcnt d'une I manière agréable à l'huile et au beurre, qu'ils permettent de | prendre en plus grande quantité.

On recommandera les épinarda, la chicorée, la laitue, leaj artichauts, les haricots verts, les cardons, les choux, la choucroute, les choux de Bruxelles, les choux-fleurs, le céleri, les 1 concombres, toutes les salades, pissenlit, romaine, barbe de capucin, escarole, scorsonfere, mâche, cresson, etc., que l'on mangera crues ou cuites. L'oseille, défendue par Bouchardat, est permise par C. Paul : elle ne m'a jamais paru augmenter J le sucre. Les asperges me semblent plutôt nuisibles.

On aura toujours soin de remplacer dans les sauces la farine par les jaunes d'œufs et les crèmes.

D. Fruits. — Les seuls fruits permis sont ceux qui coutiennent des huHes, à savoir : les amandes, les noix, les olives, les pistaches, les noisettes. Plus tard, après la disparition du sucre, on pourra autoriser avec précaution les pommes cl les pèches.

E. Aliments inorganiques. — Un fait ma beaucoup frappé, c'est l'excessive déminéralisation de certains diabétiques, chez lesquels le coefficient de déminéralisation s'élève quelquefois à3S, iO, iSp. 100'.

De là, l'urgente indication d'obvier à une déperdition dont les conséquences lointaines sont des plus funestes, bI

1. J'appelle coï/^ci'ent dt diminéraiiiationlunpimnies matières inorftajuquM de ruritin aux mott'riaui solidns prii onbloc.Cbei les diabitiqup». co coefSeient »e Cftlcule apr«B défalcation fuite du sucre. Il s'ùli-Te Dormalement i 3D p. IDO, g'mi- &-direquc30p. lOU du réaidu solide ds l'umesonl Tormés demalîèrciiaorgaïuqtui

TiiAITEMEIST DU DIABETE;. ISil

doiil le nMc palliogi^niquc n'a |ias (Mi^ suriisamment mis en relief. En effet, les principes inorganiques forment en quelque sorte le squelette virtuel de chaque (élément cellulaire; ils sont l'un des agents essentiels de leur nutrition, et leur insuffisance est une condition morbide dont j'ai eu à maintes reprises l'occasion de montrer le rfile pathogène. A litre d'exemple, je citerai riiiduence de la phosphaturie sur la genèse de l'alhuminurie, les chloroses d'origine plasmatique, les demi nierai isations des premières périodes de la phtisie pulmonaire (.Vlbert Robin) et les déperditions exagérées de chauY el de magnésie chez les descendants de tuberculeux ((Jnube, du Gers).

Dans une maladie comme le diabète, où la tuberculose apparaît à titre de complication si fréquente et si redoutable, cette notion de la déminéralisation ne doit point être négligée : le médecin a le devoir de la rechercher et de la combattre.

D'abord, il faudra s'assurer si elle est totale ou partielle, c'est-à-dire si la déperdition porte sur tous les principes salins de l'organisme pris en bloc ou si elle affecte spécialement tel ou tel d'entre eux. Je me suis assuré que les chlorures, l'acide phosphorique, la potasse, lu chaux et la magnésie, pouvaient s'éliminer en exc^s, soit ensemble, soit avec une particulière prédominance pour l'un d'entre eux. Une fois le fait rxïnstaté. il conviendra d'ajouter à l'alimenlation, dans une proportion et sous une forme convenable, le ou les éléments qtti foQt défaut à l'organisme.

Pour le chlorure de sodium la chose est facile; il suflit de saler plus fortement la nourriture et d'insister sur les aliments naturellement salés, comme les olives, les salaisons, etc.; Contour et Martin Solon avaient môme été jusqu'à mettre le sel au nombre des médicaments du diabète.

Dans le cas de déperdition de potasse, on insistera sur les légumes verts et l'on choisira parmi eux ceux qui sont les plus riches en ce principe, comme les choux et la chicorée, (.hi pourra aussi employer, pour couper le vin au repas, une

130 TRAITÉ DE THÊRAPErTIQliE APPLIQUÉE.

solution dp a AU grammes de tm'ti'ate de potasse ou dr sel île Seipnctie par litre d'eau.

Pour remédier aux perles pliosphatii/iies, magnésie tuus rt calciquex, on a deux ressources, eelJc d'une alimentation choisie, de l'emploi des glycéro-phus pliâtes de chaux et de magnésie, que j'ai l'éccrament introduits dans la thi^rapeutique ot I qui sont bien les pri^paralions phosphatiques les plus as tables que jV connaisse. On les prendra à la dose de 0*'.30j par repas, soit ea cachets, soit méiniigfs avec un jatinn*^ d'œuf.

Enfin, je recommande notammenl. dans le mOme but. IsJ i^f>»i//o» qu'il serait bien temps de ih^cliarger de tous les m6-l faits dont on l'ai'cuse au nom d'idées théoriques que rieD ael justifie. On t'a même qualifié de » dissolution de poisons >i quand it représente, au contraire, non seulement le meilleurv des peptog6ncs, c'est-à-dire, le tonique par excellence de l'estomac, mais aussi une solution de sels inorganiques parfai-j tement assimilables et représentant, à peu de chose prës, l'en-i semble des principes salins réclamés pur un organisme eB>J voie de déminéralisation.

Le bouillon formera donc la base ties potages : on yajoulcra des choux, des poireaux, du céleri, du persil, de l'oseille, des épinards; on fera des potages aux u'ul's pochés, à la purée de poireaux, au fromage, etc.

F. Comment faire tolérer ta suppression du pain? — Kn principe, le pain est défendu, mais la croiite est encore plus interdite que la mie, puisque 100 grammes de croûte donnent 76 grammes de sucre urinaire, et 100 grammes de mîo 52 grammes de sucre seulement (Esbuch).

Comme l'absence de pain est la privation la plus pénible aux diabétiques, on s'est efforcé de te remplacer par des préparations moins glycogé niques, mais aucune d'elles ne remplit exactement le but propose- Le />am de glulen contient encore t(î à 44 p. 100 de fécule, (.Mazet et Boussingault); il fournit 18 grammes de sucre urinaire pour lOO grammes (Esbach). Donc, non seuIcmeDt il

TaAITEHENT DU DIABÈTE. 131

n'est pas iuoffeiisif, mais il est d'un goiU désagrôabii' ot d'uiii' digestion difficile.

LVeAa(/rfff contient 31 p. 100 d'amidon, autant que le luiiii urdinaire.

Le paiit de son df, Prout, soi-disant di^barransé d'amidun par le lavage, est indigeste.

Le pain //'amandes de Pavj- est ciier et donne rapidement des troubles gastriques.

Le pain de viande de Luiidorfionl'eirae encore de l'amidon et sera difficilement accepté dans notre pays.

Le pain de Soja renferme 40 p. 100 d'hydrates de carbone, et son goût n'est pas précis(^ment agréable.

ValeuFone, recommandé par Ëbstein. n'a du pain que Le nom; il faut, pour le faire acceptor. le mélanger avec un peu de farine de froment, et l'on a ainsi nn produit facilemcntdigestible, où l'on peut graduer la proportion d'amidon et dont lu saveur est fort supportable.

En somme, ces diverses préparations peuvent être conseillées, à la condition de n'en user que pendant nn temps trfes court. Dans ma pratique, je ne les emploie qu'exceptionnellement, et je leur préfère les pommes de terre cuites à l'eau, qui ne donnent que 17 grammes de sucre unnaire pour 100 (Esbach), c'est-à-dire moins que le pain dp gluten. Et je permets, en guise de pain, 100 à loO grammes de pommes de terre, Sil'absence totale de pain est intolérable, je remplace 50 grammes dt? pommes de terre par 25 grammes de mie de pain.

RKS «01SSOS8

Il ne faut pas empécber les diabétiques de boire, comme le conseillait à tort Fonssagrives, la déshydratation du sang pouvant entraîner nombre d'accidents, dont le coma diabétique n'est pas l'un des moindres. Quand le malade a soif, qu'il boive à petites gorgées; surtout qu'il n'évite pas de boire pendant ses repas, comme je l'ai vu faire à un diabétique obèse qui voulait absolument se faire maigrir, et qui fut pris, à fa

tM TRAITÉ DE THÉHAPEUTIQUE APPLIQUÉE.

MiUc do cplle imprudence, d'accidents vertigineux fort inquîfiliuils qui ne disparurent qu'avoc la reprise des boissons.

Recommandez un bon vin rouge, à la dose d'une demi' bouteille par repas, mais soyez toujoui-s réservés au sujet des | alcooliques, cari! ne faut pas oublier que la cirrhose n'est pas 1 rarecheztesdiabétiqucs(Lecorclié),etquele foie de ces malades i est déjà dans un état de suractivité fonctionnelle. La réserva i sera plus {grande encore si l'urine contient une trop grande ] quantité d'actdf urique. Dans ce dernier cas, on coupera le 1 vin soit avec de Veau df Vais, source Précieuse ou Saint-Jean, soit avec de l'eau bouillie, dans laquelle on aura fait dissoudre J de ." à 10 grammes de.Wrfe Seignetle par litre. Si les maladelu ont une tendance à l'alfa iblissem eut, on peut conseiller de cou^ per le vin avec de la macération de quinquina à 10 grammei par litre d'eau. En somme, la vérité est entre Ebstctn quM paraît proscrire les boissons alcooliques et ceux qui en pen mettent librement l'usage; une bouteille de vin vieux parjouâ et un petit verre de bon cognac apr&s le déjeuner, voilà touH ce qu'on peut autoriser.

Quant au ihéel au café, ils sont permis, à la condition ex-^ presse d'être pris sans sucre.

Si les diabétiques exhalent l'odeur particulière que l'on 8^ caractérisée de chloroformique, il est plus prudent de su»- 1 pendre pour un temps toule boisson alcoolique.

Hyeriëne des diabéttqnes.

A. — riE l'exebc.ice

Aucun diabétique ne peut se passer d'exercice ; celui-ci e^t l'adjuvant obligé du régime. Bouchardat disait que l'haliilant des campagnes, vivant au soleil, au grand air, travaillant à la terre, utilisail mieux les féculents que l'habitant «b's villes. Non seulement il recommandait l'exercice en plein air, mais les jeux actifs, les travaux manuels ordi-

naires. los travaux aciifs do jardinage, le gymnase, l'équilalioD, l'escrime, les haltères, etc. Nous ajouterons la gj'ranastiquc suédoise et l'exercice modéré à bicyclette, pendant lequel on voit diminuer dans l'urine la quantité des matériaux ternaires incomplètement oxydés (Albert Robin).

Mais l'exercice, quel qu'il soit, doit ètro graduel et modéré, il ne faut pas chercher à faire, comme certains l'ont conseillé à tort, le maximum d'exercice dans le minimum de temps. On ne doit demander h. la musculation que son action tonique et régularisante sur la circulation, et surtout ne pas l'exagérer jusqu'au moment où elle active la désassimllation. Comme l'a bien montré Kiilz. les exercices trop violents sont pleins de danger pour le diabétique, surtout si celui-ci est de faible musculature. L'exercice modéré, progressif, dérive et transforme en mouvement une partie de cette excitation nerveuse accrue du diabétique: h ce titre, il est utile et doit être vivement recommandé. Mais l'exercice violent accélère les dénutritions ; il crée un danger nouveau que Prout avait bien deviné, quand il signalait comme dus h la fatigue musculaire les accidents que l'on a appris à connaître depuis sous le nom de coma diabétique.

On conçoit donc que l'exercicy doit être proportionné à la musculature du malade. Son rôle est de pure régulation, et, le jour où dans les muscles alTaiblis diminue l'activité comburante, l'exercice perd son tndispensabiiité. Hn d'autres termes, quand le diabétique se met à faire du sucre avec les produits de sa désassimilation azotée, il importe de le modérer avec une extrême prudence et de rester toujours eu deçà de la plus légère fatigue. Alors, on conseillera la marelie, les promenades longues en voiture, le» frictions sèches, le séjour à la campagne.

ilËKE DE LA

La peau du diabétique est généralement sèche ; failes-hi fonctionner. Four cela, utilisez les bains additionnés de

134 TftAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE APPLIQrÉE.

."00 gramm(^s de spsqui-carlionatc de soude cl dp 250 grammes de gi^laline de Paris, les frictions au gant de crin, à l'eau de Pologne, à l'eau-de-vie camphrée, parfois les lotions lièdes suivies d'un massage doux par friction, tapotement et cftlcul'iige. surtout quand le malade vient de faire ses exercices journaliers et que sa peau est en moiteur. C'est encore la meilleure manière d'inviter les nombreux accidents cutani^s qui guettent les diabétiques.

Ils doivent redouter par-dessus tout le froid humide, s'habiller de flanelle e» dessous, se vêtir chaudement, éviter le» changements brusques de température, qui provoquent des bronchites et des accidents pulmonaires.

Ënfîn. s'ils se plaignent d'une exhalation sudorale des aisselles, des mains ou des pieds, engagez-les à ne rien tenter pour la combattre.

UVtilÈKE MORALE

« Combattre ses passions, éviter la cul^re, les jiréoccupations, la contention d'esprit trop soutenue; éviter aussi le désa-uvrement. Pour cela, il convient de régler son temps afin d'avoir pour chacune des heures des occupations déterminées, qui utilisent alternativement les forces du corps et de l'esprit : en un mot, vivre autant que possible en paix et en joie, avec des habitudes journalières sagement ordonnées. » Ces préceptes de Boucbardat résument toute l'hygi&ne morale du diabétique. A vrai dire, il est plus facile de les formuler que de les appliquer, mais le médecin a le devoir d'insister sur les aggravations qui suivent presque à coup sûr les grandes émotions morales.

Tout ce qui excite le système nerveux aj^rave le diabète ; le sucre augmente après les excès vénériens : aussi la continence doit-elle Htv recommandée à ceux qui ont conservé leurs facultés génitales.

Cette question de l'hygiène morale domine vrairacnl le traitement du diabète, car le régime et les médicaments ni>

thaitehem du diabète.

peuvent rien sans i-\\v. Que de fois, on cft'el, n'a-t-on pas vu le sucre reparaître, après un travail forcé, une perte au jeu, une mauvaisfi nouvelle brusquement apprise, un violent acres de eoltrc !

Il ne faut pas oublier non plus que le dial>^te survient aussi, cbez certains individus, au moment où ils passent, après fortune faite, d'une vie active au repos absolu. Il semble que l'excitation nerveuse, qui se dépensait en activité intellectuelle, change de mode et s'épuise sur l'appareil hépatique. Il importe donc d'occuper ces malades d'une façon qui leur soit agréable, de les intéresser à une œuvre qui utilise sans fatigue cette force nerveuse aberrante, l'oisiveté ayant créé chez eux un état d'opportunité morbide, qu'il est essentiel de faire dériver.

La médication alternante du diabète.

MÉDIC.AMKSTS DV Dl;

^U apr^s huit OU quinze jours d'un régime et d'une hygiène strictement appliqués, le sucre n'a pas disparu chez le diabétique type que nous avons choisi, on commencera le traitement médicamenteux.

D'abord, il n'y a pas de spécilique du diabète : aucun de ceux qui ont été proposés n'a survécu, de même qu'aucune médication systématique n'a réussi à s'imposer. C'est pour cela que. dans la première partie de cette étude, j'ai cherché à m'appuyer. non pas sur une conception plus ou moins théorique ou expérimentale de la maladie, mais bien sur le seul élément morbide certain que nous possédions, c'est-à-dire sur la manière dont s'opèrent les mutations nutritives.

Rappelons-nous les deux indications jKisées plus haut : la première, celle du régime, nous savons comment la remplir. La seconde est de restreindre les mutations générales par l'inlermédiaiie d'uni- action primitive sur le système

136 TtiAITé DE THÉnAPEUTIQUE APPLIQUÉE.

nervoux, à ta condition de ne pas exercer sur les fonctions dft ce système une action suspensive trop «énergique. Donc, toufl médicament qui remplira ce but pourra (lire employé: louw ceux qui ne s'y adapteront pas devront Otre exclus.

Comme la liste de ces derniers a déjà été dressée plus^ haut, en partie tout au moins, il ne nous reste plus qu'à vn^ visager les premiers, seuls médicaments utilisables.

Ces médicaments sont : Vanlipyrine, les alcalins, les aica lino-terreux. le bromure depolassium, les arsenicaHxM^ opiacés JE la belladone, la valériane, le quinquina, le sulfale de quinitte. et Vhuile de foie de morue. Avec des titres dilîérents, ils mé-.a ritent de concourir au traitement du diabète. Certes, ils ntlm sont pas les seuls, mais, comme je les ai longuement étudiésfl et qu'il m'est possible de fixer 1res exactement les règles Jqi leur emploi, nous nous en tiendrons à eux.

Pour obtenir leur maximum d'eS'et utile, il importe de Ici sérier en trois groupes. Le premier groupe comprend l'anli pyrine et quelques adjuvants. Le deuxième groupe renfermai les arsenicaux, la codéine, les alcalino-terreux, le sulfate quinine. Dans le troisième groupe sont rangés la valériane,] l'opium, ta belladone, le bromure de potassium. Quant ■ quinquina, aux alcalins et à l'buile de foie de morue, ils foatv partie des trois groupes.

Chaque groupe correspond à une étape du traitement! auquel je donne le nom de traitement alternant et qoev nous allons maintenant étudier dans tes détails de son applï'^ cation.

A. L'antipyrine, Son action p/iysioloqiqnr. — L'an/i)/y-,| rine est le médicament essentiel de cette étape. Elle diminue 1 ta désassimitation générale, le coefficient d'oxydation ou I d'utilisation des matières azotées, l'oxydation des soufres et] du phosphore, preuve de son influence modératrice sur la I système nerveux (Albert Robin); elle doit donc diminuer la J

glycosurie et, par consi^quent.la polyuric, puisque l'une est la conséquence de l'aulrc Et, du fait, c'est ce qui arrive dans la majorité des cas '. » Son action paraît, dts l'abord, presque prodigieuse, et l'on serait tenté, après quelques essais, d'en faire comme le médicament spécifique du diabète. 11 n'en est rien et son rôle est plus modeste, tout en n'étant pas sans inconvénient dans quelques cas, qu'il s'agira do préciser, pour que les insucc(''s, qui ne manqueront pas de se produire, ne viennent pas compromettre l'avenir d'un médicament qui înilueace si profondément un des éléments morbides essentiels du diabète et trois de ses symptômes les plus importants, la glycosurie, la polyurie et la polydipsie'. 'i

B. Doses et mode d'emploi. — 11 s'agit de déterminer dans quelles conditions on pourra utiliser cette action suspensive de l'antipyrine.

En premier lieu, à quelle dose convient-il de l'employer? J'ai donné de 1 à 3 grammes en vingt-quatre heures, par doses de Oï'joU et de 1 gramme. La dose de 3 grammes est trop forte; elle diminue rapidement l'appétit, impressionne défavorablement l'état général et provoque parfois de l'albuminurie. Avec 4 grammes, les résultats immédiats paraissent plus satisfaisants; mais, si cette dose est supportable par un vieillard, un adulte la tolère difficilement plus de cinq à six jours. Je considère donc la dose de 3 grammes comme un niaximum qui ne sera jamais dépassé; ordinairement on s'en tiendra à U',m ou 2 grammes par jour.

Comment faut-il l'administrer? J'ai commencé par donner l'antipyrine au début des repas. Mais, comme j'ai cru remar-

nulrilion el la gljco-

4pr*« ruBiipïrine. . «0,01 «,85 IB.IS 18,17 «8.1 —

i. AiasRT RoBtN. — TraileiiKtm du diabète par raiitipjriini. Mode d'omploî. R>}«ullats, c un Ire-indication H. BuUetint de l'Aeadirnie de médecine, 1889.

quer, dans des expériences in vitro, que l'antipyrine affaibli»'! sait l'action de la pepsine, il est préférable de la faire prendn uue heure avant le déjeuner et le dîner, par dose de 0^,7Sl ou d'un gramnK!. Et, comme elle paraît augmenter SDUvent^f dans des proportions inusitées, l'aeidité de l'urine, il est indispensable de l'associer au bicarbonate de soude, suivant 1 formule ci-dessous :

¥ Anlipyrine. .

Bicarbonate de

.... 0,SO à 0,7:

Pour un paquol. Faites 8 ou 10.

lire avnnl k dC-jpuner el le dlnec, lu de Vais, souri'11 Domiiiiqui.'.

gi'iii

L'antipyrine ne doit jamais être un médiciiment U'htiùitudct Son emploi ne sera, en aucun cas, prolongé plus de cii jours au plus. Ce temps écoulé, il fauilra toujours la sut pendre, parce qu'elle pourrait provoquer l'apparition de traces d'albumine dans l'urine. Cette albuminurie est, il est vrai transitoire, mais son entrée en sc^ne a toujours quelque chose d'inquiétant, puisqu'elle traduit un nouveau trouble nutrition toujours préjudiciable au diabétique. Cette albumii n'apparaissant jamais avant le septième jour de l'admio Iration de l'antipyrine, on n'aura aucune crainte à concevoir, si l'on se maintioni strictement dans la limite que je viens de fixer.

C. Contre-indications. — Si le diabétique est en même temps albuminurique, l'anlipyrine est à peu prés contreindiquée. Pourtant, j'ai vu des cas oît, donnée pendant cinq jours à la dose de 2 grammes par jour, elle a diminué le sucre de moitié sans augmenter l'albumine '. Mais, comme

ai,

Page 1