‹ Traite de therapeutique appliquee v. 13, 1904 (volume 2)Chapitre 14 sur 46 · UO · texte numérisé non relu

UO

me ^^k re- ^H

i, Vuici l'un de ces cas. — Homme de 30 uns. Diabéliquc dcpnis ID ans. A soiri sans BUCCINS tous les trailetnents. Souniii habitiiolleinent i un régime isset p«u ■^rère. En 1SS7. I« lucrr s'élevait à !91.9S. Le r6gitiie el l'usage de l'aFscnic le llretii progressivement tciintrar A SI ,57 en décembre I8SS, Ce muladc eit en mfnic temp* alliuminuriquc : k H di^cfmbre 1883, il rendait t(n,200 d'aibuminc dans l'es 34 heures.

l'cndaDI cinq joiii-^. il prit mnliii et soir un grsinine d'aniipyrine nu'lù ■ uii

TRAITEMENT DU DIABÈTE. m

CCS cas sont rares, il i-sl plus |irudcnt tl'ag;ir avoc grande circonspection cl do nt* l'employer que si la polyurie et la glycosurie sont considéi'ables, avec seulement des traces d'alliuniine.

Je suis convaincu que t'antipyrine peut rendre à la plupart dos diabétiques les plus grands services et qu'elle est appelée à prendre une place importante dans leur traitement; mais, comme tous les agents vraiment actifs, c'est une arme à deux tranchants qu'il faut savoir manier habilement el dont il serait imprudent île se servir indistinctement dans lotis les cas.

Il est donc nécessaire d'en connaître les conlre-indications. J'ai déjà cité l'albuminurie. Ajoutons qu'elle doit être réservée aux diabétiques gras et qu'elle sera formellement défendue à ceux qui frisent la période de déchéance, à plus forte raison :iux diabètes a^ravés. Son action est nulle dans le diabète pimcréatique. L'anorexie, l'amaigrissement rapide, la faililesse, constituent encore autant de contre-indications.

D, Appréciation des effets de fantipyrine. — En dehors de i-t's cas, il est diflicîle de dire d'avance si l'antipyrinc conviendra ou non à un diabétique donné. Toutefois, quand on a fommencé la cure, l'apparition de certains symptômes doit la faire suspendre sans délai ; par exemple, la perle de l'appétit, l'oppression, la pâleur du visage, la bouflissure des paupières et une sensation particulière de tension dans la face.

(Idiii-gminmc de bic4irb(iniiir de soude. Bii même l(»np9 il reUrba pncurc la séyèr'ili de son régime, mangpu du pain, des pommci de (erro bouillies A l'eiu, et but chaque jour un peu de via tncrè. L'urine fut analjsi^p le siiitnie jour. BUle contenue 39.SÎ de sucre et S.UID d'nlliuiuinc. Le tahteau cl-dcs»oua rtsumc soni- ■Uiilremcnt Ic« dcui anslvucn :

■inlIpjriDe

lOîî.i

Danl celli? observati'in. l'anlïpyrini? prier à petite ijoso natc de soade a seDsiblPinenl diminuo l« lurre sani L'acide urique s'est consldi^rablemcnl accru, suivani air» niltUe jadii. — (L'Anlipypine; son action surin nulrilion.sl BulUlint de l'AEodtmii: dt m€lieeine, 6 dèc. 1887.)

Enfin, je suis en mesure de fournir une manière Ir&s pratique de s'assurer d'emblée de l'influence favorable oq défavorable du médicament. Pour cela, il faut chaque jour doser le sucre, mesurer la quantiti^ de l'urine et prendre sa i densité. Si lesticrene s'abaissa pas rapidemtr}il,^i, par exemple, i après quatre jours de traitement, la diminution ne dépassa J pas 10 à 15 p. 100, il est inutile de revenir plus tard à l'an-, tipyrine. Si un abaissement marqué du sucre el de la polyurîel coïncide avec une élévation de la densité à 3 ou 4 degré» aUKiessus du cbiffre initial, et que cette élévation persisU pendant les quatre à cinq jours île la cure, cessez défïnilî-^ vement le médicament. Mais si, durant cette première éprcuve^l le sucre, la polyurie s'abaissent, pendant que la rlensjt^I ilécbit ou reste tout au moins statinunaire, l'action est favo rable et le malade est justiciable de l'antipyrîne.

E. Médication adjuvante. — Les moyens adjuvants dan cette première étape du traitement sont : l'huile de foie i morue, les alcalins, le quinquina el le sel de Seignette.

\.'huile de foie de morue sera prise k petites doses; une i deux cuillerées à soupe par jour, de préférence au comraoïi- 1 cernent des repas. Mais son emploi n'a rien d'absolu; consultera avant tout l'estomac du diabétique et c'est sa tolS- | rance qui servira de guide. Si l'huile de foie de morue n'est ' pas facilement tolérée, on n'insistera pas et on la remplacera par un corp,-* gras alimentaire, comme le beurre. Il va de soi que, dans les périodes de chaleur, l'huile sera supprimée. On insistera sur son usage chez les sujets qui se refroidissent facilement et chez ceux qui ont une hérédité tuberculeuse.

Les a/fa/ffts relèvent surtout de la médication de deuxième étape. Ils ne figurent ici qu'à titre accessoire, soit, comme nous l'avons vu plus haut, pour aider l'emploi de l'antipyrine, soit sous la forme d'une eau alcaline (Vais (Précieuse), Vichy), pendant les repas.

Au milieu des repas, les diabétiques prendront, par petites gorgées, un verre à bordeaux de bon riii de tjuinqtiina.

Rn(in, on aurii soin de surveillci' les fondions inlestinules et, en cas de constipation, on donnera le malin, à jeun, 13 à 20 grammes de sel de Si'ignette dissons dans nn peu d'eau tiède. Ce sel est pour les diabétiques un purgatif do choix; il offre, en outre, le très grand avantage d'alcalinisor légèrement le sang et de remédier aux déperditions potassiques dont l'influence fâcheuse n'a pas été assez mise en lumière. D'ailleurs, on en revient peu à peu aux idées de Bouchardat qui vantail l'administration des sels de potasse; ceux-ci sont tombés dans un injuste discrédit, d'autant que certaini^s des expériences qui paraissaient légitimer leur ostracisme sont infirmées aujourd'hui '.

DEUXIÈME Ér

THAITEMENT

r>onc, Icî quatriiîme ou ii' oinquièmi' jour, au phis tard, on cosse les paquets d'antipyrine et l'on enlre dans la deu.vième étape du traitement alternant. Les médicaments sont: le sulfate de quinine, les arsenicaux, la codéine, le carbonate de lithino.

A. Sulfate de quinine. — Le sulfate de quinine, vanté par Blumenthal, Semmola, Worms, Lecorché, etc., repoussé par Cantani, admis à correction par Frerichs, amoindrit la des- Iniction des mati^res albuminoïdes el des organes riches en soufre et en phosphore (Albert Robin). C'est un médicament sous-oxydant s'il en fut, puisque Bœck et Bauer ont prouvé qu'il diminuait à la fois l'excrétion de l'acide carbonique el l'absorption de l'oxygène'.

B, Arsenic. — L'arsenic jouit, dans le traitement du diabète, d'une faveur qui a survécu à bien des atteintes^. Et cependant, il réduit les oxydations générales et les mutations azotées et

1. Albkht Robis. — Des rrraun Auxquellea expose le dosage de la potasse parjlo proct^dé du bitariraïc de potasse. Sociélé de Biologie, f SS9.

i.tBœcK et Bium, — ZtiUchrift fur Biologie, t.|X. p. 350, ISli. — Vojiîi aiusi 1« mémoire de Preor, Pftayer'a ArchiB. t. xxiiv, p. 231 i. 215. IRHi.

3. L'arsenic est combattu par Berndt, Furbrinj^er. Turnar, Heuhner, Caatanï, Frerichs, etc. Il eit défendu par Owon Rees, J. Hogg. Ti'ouiiseau, Dcvergk, Leobe, PopoO^ Pap, Quinqu.iud, Lecorché, etc.

us TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE.

phosphorëcs, sans inHuencor les oxyilation^î des principo!> nnn azotés. J'ai coiistali^. pour ma part, avec bien d'autres, la J diminution des mati^riuux solides de Ttinne et de l'urée apr&a I l'administration des préparations arsenicales; mais des recherches récentes m'ont montré que le coefficient des oxydations azotées baissait aussi de .'I à 4 p. 100, taïutis que l'expérience de benzol n'adonné à Ncncki i-t Sieberque des résultats négatifs. Deux lapins, auxquels on administre un gramme de benzol, éliminent respectivement 0,300 et 0,202 de phénol. On les I intoxique avec de l'arséniate de potasse, et le phénol excrété,' loin de s'abaisser, tend h s'élever, puisque les animaux cnM excrètent alors 0,338 et 0.27i milligrammes. Et cependant^ | s'il ne guérit pas le diabète, l'arsenic mlentit la glycosurie '.J C. Alcalins et alcalino-t&reuj:. — Les alcalins, qui agissent! à un si haut degré sur les oxydations, ont toujours été consH dérés comme une des meilleures médications du diab^l«;^ Or. Rabuteau. Ritter et moi-même, avons montré quelle in fluence restrictive ils exer»;aiont sur les oxydations. Dans uoefl des expériences de Rabuteau, entri» autres, l'action retarda»! trice sur la nutrition s'est encore accentuée, après qu'on eul ' cessé la médication alcaline. M. tiermain Sée a donc raison j d'affirmer que les doutes récemment élevés au sujet de l'ac- ! tion des alcalins retombaient sur la théorie du ralentissement ' de la nutrition; aussi, cette théorie, si hautement défendue ' qu'elle soit par l'autorité et le talent de M. Bouchard, n'a-t-cUo pu prévaloir contre le succès de certaines eaux minérales alcnlines, de Vichy, par exemple. M. Lecorché dit à ce propos : •i En diminuant l'activité fonctionnelle des cellules hépatiques,

I. Coniiiic cieitiple di-* elTots do rarséniut.' <ie soude «urle.i oiydalionï du diahiViiqui! el ^ur IVliiiiinutUm du aucrc, je? citi^m l'ctpérioncc! pci'sonaeJle sui-

A^lion de l'aiiétiiate de toudr iiir la glt/totiirie el mr tei oxydation» du diabéllifue.

i»aa 1016

ÎSÎO 1037

les alcalins, et on particulier lo bicarboniite de soude, modèrent le travail de transformation glycogénique. comme en ralentissant l'activiti^ gi^ni'^raie des tissus, ils diminuaient la formation de l'urine et de l'acide uriquc'. ><

On s'est servi tour à tour dos sels de cliaux. de magnésie, de lithine. de soude, de potasse et d'ammoniaque; et il n'est aucun d'eux qui ne compte des succ^s à son actif. Bouchardat prfTérait le bicarbonate de polasse ; il le donnait à la dose de 2 à 3 grammes par jour, dissous dans un litre d'eau. Je lo réserve aux diabétiques anémiques ou fatigués par l'emploi prolongé du bicarbonate de soude. Le carbonate d'ammoniaque est recommandé par Burr. Naumann, Pavy, Barlow, et par Bouchardat, qui l'associait beureusement à la Ibériaque; mais il a l'inconvénient de fatiguer rapidement l'estomac et d'avoir une saveur fort désagréable.

Veau de c/iauj:, employée déjà par Rollo à la dose d'un litre par vingt-quatre heures, aurait la propriété de diminuer la boulimie, ce qui me semble au moins inutile, puisque le diabétique ne mange que pour réparer ses pertes.

La magnésie calcinée, jadis préconisée par Traller et Hufeland, à la dose de fi à 8 grammes par jour, pendant quinze jours, n'a pas d'action directe sur la glycosurie, mais peut rendre des services aux diabétiques constipés ou atteints d'hypcrsthénic gastrique avec hyperchlorhydrie.

Enhn le carbonate de lithine, proposé par Marlineau. est un médicament fort utile, pourvu qu'on l'emploie à doses faibles, sans en continuer trop longtemps l'usage, car il finit par irriter l'estomac. Son action semble surtout efficace chez les diabétiques goutteux.

A cùté de tous ces alcalins, le bicarbonate de soude reste le médicament de choix. « Il a, sur les autres alcalins, l'avantage de pouvoir être administré pendant un temps fort long, et repris fréquemment, sans exposer le malade aux inconvénients que provoque l'usage prolongé de ces sels. Il n'exige pas, comme le salicylate de soude, l'intégrité

Page 1