DIAGNOSTIC
THlïllAPCrTIvrES
Elle conslitiio un des types des maladies lic lu niilriliitti. purement fonctionnelles k leur d<^but, mais créatrices, à la lon^o, do lésions matérietlcs qui peuvent atteindre plusieurs organes, le rein pu particulier.
Son diagnostic est établi tout entier sur la constatation de l'excès d'acide phosphorique urinaire. Mais il importe de bien distinguer la phosphaturie absolue de la phosphaturie relative. Dans lu première variété, le chitîre brut de l'acide phosphorique est augmenté; il atteint ou dépasse i grammes par vingt-quatre heures. Dans la seconde variété, te chilTre brut de l'acide phosphorique n'est pas augmenté, ou il l'est à peine; il peut même descendre un peu au-dessous de la normale; mais sou rapport à l'azote total de l'urine, rapport qui dans l'état normal ne dépasse pas 18 p. 100, s'accroît plus ou moins et peut s'élever à 30, iO et même 30 p. 100, Il n'y a pas phosphaturie dans le sens absolu du mot, mais il yadésassîmilation exagérée des organes riches en phosphore. Cette variété se rencontre principalement chez les malades qui s'alimentent insuffisamment : elle est justiciable du même trouble nutritif et de la môme thérapeutique que la phosphaturie absolue.
En ce qui concerne la nature de la phosphaturie essentielle, elle est l'expression d'une viciation des échanges dont tarthrilisme est la cause prédisposante, dont le surmenage neroeux, la suralimentation carnée, le sédentarisme, et plus rarement la croissance, sont les causes déterminantes. Considéré en lui-même, ce trouble des échanges est caractérisé ;
1" Par une dénutrition organique exagérée surtout dans
ne TiuiTt: de thkhapeltioi^e appliquée.
les organes riches en phosphore, au premier rang desquels figure le système nerveux ;
2° Par une incomplète assimilation nerveuse des élt^ments | phosphores contenus dans les aliments;
3' Par une di^ntitrition accrue des globules rouges du sang.
■i" Par des oxydations qui, tout en étant absolument aug- ' mentées, ne croissent pas dans la même proportion que celle , des matériaux h brûler.
Les indications thérapeutiques fondées sur ces faits seront sériées, ainsi qu'il suit.
A. — Éliminer les causes dC' terminantes, surmenage nerveux, etc. — Lutter contre l'arthritisme originel ou acquis. — Ces indications sont du domaine de régime et de l'hygiène.
B. — Diminuer la désintégration azotée générale, car cette variété de phosphaturic s'accompagne souvent d'azoturîe. — Favoriser l'assimilation des phosphates et les fournir à l'organisme en quantité suffisante et sous une forme plus apte à l'intégration organique. — .\ider les oxydations, soit en diminuant la masse des produits à briller, soil en augmentant la quantité du comburant.
B. TBAITESIEST HVT.lÉMylE ET ALIMENTAIRE
1, Hygiène. — La lutte contre l'étîologie est une question d'hygiène et d'alimentation. L'hygiène peut se résumer eu une formule : augmenter les dépenses musculaires dans une mesure telle, qu'elles aident à l'absorption de l'oxygène, qu'elles utilisent plus complètement les matériaux fournis par l'alimentation, mais qu'elles n'utilisent que cela, sans arriver à la fatigue du muscle, qui aurait pour effet d'&ctîver la désintégration propre de celui-ci. En d'autres termes, la partie fondamentale de cette hygiène repose sur l'exercice -modéré, régulièrement prolongé, et sur une gymnastique qui n'ait point en vue de modifier tel ou tel système, mais qui vise seulement la nutrition générale.
TliAlTEMEM DE l.A l'HOSPHATl HIR. 177
On conseillci'a l'exercicode la marche, le meilleur de Ions. On repoussera la course, l'escrime, la paume, le lan-n-teonis, el tous les cxercicps violents. Gomme adjuvant de la marche, te massage, à la condition qu'il soit pratiqui^ doucement, qu'on agisse par friction et muuveraenis passifs. Peu à peu, tenter le» exercices plus actifs, la marche ascensionnelle, l'équitation, la hicyclctle, les excursions en montagne.
En somme, le repos physique est aussi nuisihle que l'exercice poussif jusqu'à la fatigue. Et pourtant, les phosphaluriques ont une tendance au sédentarisme, contre lequel le mi^dccîn devra lutter (■•norgiquement.
Puisque le surmenage nerveux figure en tfite de la plupart des étiologies, le repos intellectuel et le repos moral s'imposent d'une manière absolue.
2, Régime. — Le premier conseil à donner, & moins que l'élimination de l'urée ne soit au-dessous de la normale, c'est de ilîminucr l'alimentation azotée, les féculents et tes sucres; (l'iiuf;m>'ril<'r les légumes verts et les fruits, de choisir parmi les aliments ceux qui sont riches en phosphore et en potasse, et d'autoriser certains corps gras qui exercent sur le phosphore de l'organisme une action conservatrice.
Parmi les viandes, le bœuf et le mouton, puisque les viandes blanches contiennent moins de phosphates et plus de gélatine. Le bouillon de bœuf awc beaucoup de légumes est extrêmement utile: il joint à son indéniable propriété peptogène celle d'fllre relativement riche en phosphates el en potasse. Si l'urine ne renferme pas d'albumine, insisler sur le poisson. Quant aux trufs, ils feront partie de la plupart des menus, car la contenance du jaune en phosphore en fait un aliment de choix.
Les aliments phosphatés animaux qui devront être conseillés sont les os de petits gibiers il plumes, tels qu'alouettes, mauviettes, qu'on fait rùtir devant un feu ardent, de faijon à les dessécher, ce qui permet de les réduire dans un mortier en une pile épaisse où les petits os sont broyés. Comme succédanés, la cervelle, les laitances de poisson, le caviar
ns
THAITK DE THKRAPEI;TIQI] E APPLIQUEE.
Srais^, le ris de veau, le foie gras, les huîtres et les moiilesJ
Parmi les légumes tigureront les pois, lentilles, navets,! fèves, haricots rouges, raves, chou blanc, cricri et les artî-fl chauts. Comme salade, les endives.
Prohiber les sucreries et les pâtisseries, ainsi que les cnn-1 iliments et les acides, à l'exception de jus de citron et du s«ll marin.
Comme boisson, le lait ëcrém(5 pendant les repas. Plu»! lard, si le malade s'en fatigue, autoriser le vin rouge I6ger,r ni plâtré ni acide, coupé d'eau ordinaire.
On permettra une tasse de caf(^ IZ-ger après les repas.
L'hygiène et le régime remplissent les indications do laa première série et la majeure partie de celles de la deusième..^ Il ne reste plus qu'à les corroborer par des actions médica-J menteuses qui aient pour but de diminuer la désassimilalionj générale et phosphorée , d'intégrer les phosphates et dél rénover les globules rouges du sang.
Les corps qui économisent l'albumine exercent une avtioni d'épargne sur les diverses désintégrations organiques, et sont | les meilleurs agents que l'on puisse employer; mais leur emploi comporte un exercice musculaire parallèle à la quantité ingérée. La crème, le beurre, les diverses graisses alimentaires, ne valent pas l'huile de foie de morue, plus diffusible, plus absorbable, plus oxydable. On la donnera à la dose d'une à trois cuillerées par jour, de préférence avant les repas, en ayant la précaution d'interrompre pendant la saison rhandv. A côté des corps gras, plaçons \f^s préparations arsenicales, modératrices de la dénutrition, que l'on donnera à faible dose, sous forme d'arséniate de soude, dans lu formule suivante :
■^ Arsi'iiiale (if soude 0,0S
Eiau liistHIOt ;W0 Krainmps
Dissolve Duiiner
[lilki
s à sniipe aïuiU le ■Irjt'iitiL'i- l'I le iHiier,
THAITEMRNT PE TA l'tlOSPHATlîHTE. 170
Ki>nnt la dose nvcc une i^);nle qiinalitt' de lait tiède |ioni' i-viler l'action souvent fAchcuse de 1'nrsén.iate de Koiide sur la muqucu<te de. l'i^slomac.
A ci!S moyens d'épargne, il convient d'associer l'introduction directe des préparations phosphorées. Or, les phosphates médicamenteux ne remplacent nullement les pliosphates alimentaires, hv phosphale de chaux, par exemple, est à peine absorlié quand on l'administre à l'état insoluble, et les préparations solubilisées le sont à l'aide de l'acide chlorhydriqup et de l'acide lactique, nocifs pour les phosphaturiques. Néanmoins, l'expérience m'a appris que certainea associations médicamenteuses, dont les phosphates forment la base, exercent une certaine action sur la pliosphaturic, témoin la formule suivante :
i; Phospliiili' (le chnux 0,40
— lie soudp 0,20
— de potasse 0,10
Magnésie l'akinée 0,10
Poudre d'yeux d'euro visse 0.20
PouJre de ftvps Sainl-IgnnLL' 0,01 ii 0.04
Môlez eiaotemenl. Pour un caehet. l'remlre un r.irhel au luilieu itu d<-jeuner el du dîner.
La chaux et la magnésie diminuent l'excrétion di- l'acide phosphorique. La magnéfiie,k cette petite dose, est absorbée sous forme de chlorure de magn<!sium, qui possède sur les fibres lisses de l'estomac et de l'intestin une action stimulante qui n'est pas à dédaigner. La poudre de fèves de Saint-Ignace a pour agents actifs Vigasurine, la bnicine et la strychnine, agents névrosthéniques conservateurs du système nerveux dont ils entretiennent la tonicité el rétablissent les synergies, Sous leur influence, on voit s'abaisser dans l'urine le rapport de l'acide phosphorique à l'azote total (PbW : Aj T), ce qui est l'une des preuves de leur action conservatrice sur les tissus riches en phosphore.
Parfois, j'ai essayé le phosphore en nature sous l'orme d'huilf phosphorée. Mais il est si difficile à manier et si mal toléré par l'estomac, même à des doses extrêmement minimes,
tSO TIIAITE DE THÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE.
telles qui' 2 milligrammes par jour, et ses eiïets sont si in décis que je lui préfère les hypophosphites. et surtout le glycérophosphates.
Les hypophosphites sont d'excellents médicaments. J'ai socie les hypophosphites de chaux, de potasse, de soude, de J fer, de quinine et de strj'chnine, etc.. dans un éiixir ou dangj un sirop dont chaque cuillerée à soupe contient :
¥ Hypophosphile do strychnine 0,00023
— quinine 0,02
— magnésie 0,02
— potasse 0,03
— chnui ...... 0,08
— soude 0,07
Une telle préparation comporte parfaitement la présence d'un milligramme d'arséniate de soude, ce qui évite l'emploi simultané de la potion arsenicale citée plus haut.
Les hypophosphites s'oxydent en partie dans l'organisiBe et passent à l'état de phosphates, ils accélèrent les oxydations organiques, activent la circulation, l'innervation et l'hématose, à la condition d'être employés à doses modérées; par contre, ils diminuent la désintégration générale.
Les glycérophosphales, que j'ai récemment introduits dans la thérapeutique', sont peut-être les meilleurs médicaments de la phosphaturie, ou plutôt de certaines formes de phosphatui'ie. à la condition qu'on connaisse bien exactement les conditions de leur emploi.
Ainsi, ils sont contre-indiqués chez les phosphaturîques ft désassimilation très exagérée, dont l'urine renferme de grandes quantités d'urée, dont le coefficient d'oxydation ps! très élevé et chez lesquels dominent cliniquement les symptômes de. l'excitation nerveuse. Au contraire, ce sont des médicaments de choix chez les malades déprimés, mous, réagis-
1. Alhuit Robin. — Des gl^céro-phoipliatcs et do leur < lU|iie. Bulletins de CAcadémie de médecine. U «rril ISM.
nploi
a Ihérap^v.-
TRAITEMENT DE LA PHOSrHATi:niE. 181
sant mal, dont l'urine, les matériaux solides et les oxydations azotées tombent au-dessous de la normale.
liln tout état de cause, on les associe aux sli ycimiques, selon ta formule suivante :
qi Glycérophosphnte de chaux 0,20 à 0,40
Pondre de ftves S&inUlgnace 0,02 à 0.03
Albumioe d'œuf dusse utiée et pulvûris^e. . . 0,10 Hélez très exactement. Pour un cachet. Uonnui! un cai'lipt au milieu du déjeuner et du dîner.
S'il s'agit de malades très df'primés, am^miques ou neurasthéniques, il vaut mieux associer ensemble les divers glycérophosphates et employer la formule ci-dessous :
Tfi Gljcérophosphale de cbQux 0,30
— — majtnéste 0,10
— — soude 0,10
— — fer 0,05
Poudre de fèves Sainl-Ignace. ..... 0,0î
Albumine desséchée et pulvérisée. . . . O.tO
Pour un cachet. Donnez un cachet uu milieu du déjeuner et du dlnt:r.
En injections sous-cutanées, k la dose de Oï%2") à 0b'",30 par jour, le glycérophosphate de soude agit à peu près comme le liquide testiculaire auquel je Pal subslituii dans la pratique. II donne des résultats préférables à ceux obtenus par l'administration stomacale et permet, dans les cas graves, (l'agir avec plus de rapidité. Aussi, ce mode d'introduction doit-il être préféré, toutes les fois que cela est possible.
La technique des injections est fort simple. 11 faut avoir une seringue de 2 centimètres cubes stérilisable, qui se démonte et dont on plonge toutes les parties dans l'eau bouillante. I^ solution de glycérophosphate de soude, facilement stérilisable, est mise en ampoules contenant chacune \ centimètre cube et demi d'eau dans laquelle sont dissous 0'',25 de glycérophospliate de soude, A l'aide d'une pince, on retire les pièces de la seringue de l'eau bouillante; et, après l'avoir montre et remplie, on pratique l'injection dans le tissu cellulaire sous-cutant^ des membres, du ventre, du dos. L'injection
182 TRAITÉ DE THÉHAPEUTIQUE APl'LIDLEE.
n'est pas douloureuse, et, quand on opère avec de rlgnureuse^ précautions antiseptiques, on n'observe jamais le plus li^gi accident.
Pour aider aux oxydations, nous avons déjà l'exercice t le grand air: ce sont les meilleurs moyens. Mais, accessoi^ renient, on s'adressera au sulfate de quinine à petites dos€ fractionni^es, aux préparations de quinquina, aux inhalatiou d'oxyg^ne.
X.'exlraii de çifinfiiina et le sulfate de quinine seront avan tageusement associés dans la rormule suivante :
^ Siill'ute ilf (juinine. O.Oj
Exilait d<^ quiiiqtiiiin 0,10
Puuilre (le noix vomiqui^. . . . 0,03 Pour une pilitlp. Donner une pilule au milieu de chaqu<! repas.
Quant aux inhalations doxygène, on les pratiquera 4 \ 6 fois par jour, sans dépasser 30 à 40 litres en 2t heures, i qu'on demande à l'oxygène, en etïet, ce n'est pas de venirï renforcer la quantité de ce gaz normalement inspiré; soEu rôle est simplement celui d'un metteur en train des oxydaJ . tions. Sous son influence, celles-ci s'accroissent dans i sensible mesure; aussi doit-il Hre employé comme adjuvanU quand l'exercice ne suffit pas h les relever.
L'indication de l'anémie n'a qu'une valeur secondaire, moins dans la plupart des cas. D'abord, elle n'est pas coa'd stante et n'intervient souvent qu'à titre d'épiphénom≠ dan ces cas mêmes, la destruction globulaire s'arrête et la rénftvalion se régularise par le seul fait d'une meilleure assim lalion, d'un ralentissement de la désassimilation, et par I retour de l'organisme à l'équilibre phosphore. La médicatioi ferrugineuse ne sera donc employée que tardivement, alors que l'on constate des syniptttmes nets d'anémie, et que lei autres troubles chimiques de la nutrition commencent à i modifier. II serait inutile, sinon dangereux, de faire intervenir le fer à la première phase du traitement. Au conlraire, il rend^ des services à Ih tin de la cure, à la condition de le donm
TRAITEMENT DR I.A PnOSPHATl'RIE. 183
doses faibles et de l'associpi" à un laxatif l(?ger, comme la rhubarbe. J'emploie la formule ci-dessous :
y Tar(r;ilR femco-iiotassiquf 0,0:i ;i 0,10
Pomiie Je ihubarbe 0,03
Extrail Av quinquina 0,10
Pour uii« pilule, Prendif une pilule au commencement <lu dfji-uuer él du dlnrr.