‹ Traite de therapeutique appliquee v. 13, 1904 (volume 2)Chapitre 25 sur 46 · DIMINUTION DES [IÉPE>SES NUTRITIVES · texte numérisé non relu

DIMINUTION DES [IÉPE>SES NUTRITIVES

L'insufiisauce primitive de la désassimilation serait donc le facteur le plus important dans la pathogénic de l'obésité. Viendraient ensuite l'alimentation excessive, la vie sédentaire, l'insuffisance de l'exercice musculaire, l'abus des boissons alcooliques. Que l'alcool s'oxyde directement, ou qu'il abaisse, qu'il atténue directement la vitalité cellulaire par imprégnation, il devient une cause importante d'épargne pour la graisse dans l'organisme, fiien plus, lorsqu'il est pris à haute

1. BoucBARD. — Maladies pur rBlcntisA^ment da la uulriliati, p. tl8.

dose, il tend à amener la dL^nutrition des <!'lênienls figun's de composition azotée et leur di^généreâcence graisseuse, ce qui est une grosse cumpliciition, puisque c'est sur le système musculaire et le cœur que porte surtout cette désintégration.

Les causes que nous venons d'énuniérer en dernier lieu sont en quelque sorte des causes volontaires de ralentissement de la nutrition, que l'on peut supprimer en établissant un régime mieux compris. Il y aurait souvent aussi, chez les obf'seB. un ralentissement de la nutrition d'ordre constitutionnel, tenant à une vilaliti' moindre de leur organisme.

Le ralentissement de la nutrition a été admis surtout d'après le taux de l'urée dans l'urine. L'Hypoazoturie est fréquente chez les obèses; mais certains d'entre eux, en nombre équivalent, ont dans l'urine une quantité d'urée égale et même supérieure à la normale physiologique. M. Bouchard, stir 59 cas d'obésité, note 15 fois une quantité d'urée normale, H fois une quantité supérieure à la normale. On ne peut donc pas dire que le ralentissement de la nutrition soit, toujours et quand même, l'élément pathogéniquc le plus important de cet état morbide.

Du reste, c'est beaucoup plutôt par la mensuration de l'oxygène absorbé et de l'acide carbonique rejeté que par celle do l'urée que devrait s'estimer l'intensité des échanges nutritifs dans cet état diathésique. Malheureusement les recherches faites dans ce sens sont 1res peu nombreuses.

Zuntz et von Noorden' ont trouvé dans deux cas une quantité d'oxygène et d'acide carbonique notablement inférieure à la moyenne physiologique. Il faut toutefois remarquer que la proporlîon est indiquée pour un kilogr. d'homme, et qu'en raison même de l'existence d'une quantité exagérée de graisse dans les tissus, il pourrait y avoir diminution de la quantité d'oxygène employée, en vertu simplement de cette proportion excessive de graisse. La diminution des échanges serait ainsi la conséquence, et non la cause, de l'obésité. Ne

'ES. — Lehrijuch der Pathologie des SlolTsucclisels, p. kii.

2llf, THAITE DE THERAPEUTIQIE APPLIQUEE.

[unil-iiii jias prnspr de nit^nio que l'hyponziiliirie. lorscjuXIe existe, est tout autant la conséquence de l'obésité ou de se» complications que l'expression physiologique du vice do la nutrition d'où dérive une épargne graisseuse exagérée?

Quoi qu'il en soit, en se basant sur l'urée trouvée dans les urines, on peut diviser les obèses en deux catégories : suivant qu'ils ont ou qu'ils n'ont pas d'hypernzoturie, suivant, ainsi que l'indique M. Albert Hobin, que le rapport de l'urée aux résidus tixos do l'urine est nu n'est pas supérieur ù la moyenne physiologique. 11 y aurait ainsi des obèses à activité cellulaire exagérée et des obèses à activité cellulaire diminuée, des obèses ^ffi" ercès et des ohbsos par d<f faut. (Albert Robin.)

Il faut retenir celle distinction importante pour l'înlervontioQ thérapeutique. Toutefois, pour l'établir, il ne doit paw suflîre de doser l'urée sans s'inquiéter de l'alimentation. Il importe, au contraire, dedélerniiner quelle est l'influence du régime.

L'ht/perazotitrie peut s'expliquer: a) par une alimentation J trop richement azotée. A) par une désassimilation cellulaire | excessive.

V hypouzolurif peut recorumit rc pour cause: a) unealimcn- I tation insuffisamment a/utée .A) iiiio digestion vicienseu") une ' vitalité cellulaire insuffisante.

Un examen méthodique dans li'quel <m tiendrait cimiple de la quantité d'oxygène absorbée, du CO'. enli» de la quantité d'azote ingérée et de la quantité d'azote éliminée, permettrait seul de placer silremenl tel ou tel malade dans la classe des obèses par excès ou dans celle des obèses jmr défaut. Malheureusement cette recherche est impossible dans la l^^s grande majorité des cas, et on devra se contenter presque toujours du dosage des éléments de l'urine. Qu'on no manque pas en tout cas. ce qui est chose relativement facile, do déterminer quelle est l'inflnence lU- ralinienliiilioii sur la quantité d'urée éliminée.

TRAITEMENT nE L'ORÉSITÉ.

Traitement de robésité.

Ces considérulions pr^liminairos étaient absotumont indispensables, car, comme l'a dit fort bien M. Buiichard, le traitement do l'obèsiti^ doitôtre avant lout pathogi5nique.

Les principes généraux du traitement, la nature des moyens que l'on pourra diriger contre la surcharge graisseuse, dérivent directement des notions acquises sur la formation de la graisse dans l'économie ot sur la patbogénïe de la polysarcio.

Dans les divers régimes usités' on s'est proposé surtout:

1° De diminuer les recettes ;

2" D'augmenter les dépenses ;

3" D'agir sur la vitalité généralr.

Voyons comment on a essayé de réaliser ces desiderata; nous dirons ensuite quel régime convient aux diverses variétés cliniques de l'obésité.

1" DIMINUTION UES HECtTTES

La diminution des recettes nutritives peut élre obtenue par voie directe ou indirecte.

Tous les auteurs se sont proposé de diminuer l'îilimeiitation, de soumettre les obèses à une ration d'entretien insuffisante, inférieure à la ration normale. 11 suf(it, pour s'en rendre compte, de consulter le tableau suivant, emprunté à CErtel par von Noorden ^ Il indique la quantité de calories que pourrait fournir l'utilisation de trois des régimes les plus connus :

Banting 1 112 calories;

CCrtel 1 180 à Hi08;

Ebstew I 401 ;

I. On en imuTcra Ir tablcnu complet dans l'eicolleat oriicle ùcril par M. Le Ocndrc dans le Traiif de MCdecine.

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