Lac, cit.. p. M
Comme la moyenne (k- calories dépensées el de calories à fournir par conséquent par l'alimentation est, en géntîral, supérieure à 2000. on voit que, dans tous les cas, les régimes de l'obésité sont des régimes d'inanition.
Tous les auteurs ont cherché, en somme, & amener les poljsarciques k briller leur graisse, el pour cela ils ne leur ont concédé qu'un régime alimentaire qui serait insuffisant pour un individu ordinaire.
Sur quels éléments de la ration d'entretien doit porter pi particulièrement la restriclion?
M. Bouchard demande que l'on conserve dans l'ulimeatation la proportion physiologique entre les aliments azotés et les hydrates de carbone, qui est de 1 à .^ : 1 d'albuminoTdes pour S d'hydrates de carbone. Comme il demande aussi qu'on diminue k graisse et les hydrates de carbone, il faut eu coil>< dure qu'il conseille une réduction qui porté sur l'onsemblft^ de la ration alimentaire.
M. Dujardin-Beaumelz formule un régime dans lequel les substances aihuminoïdes sont notablement inférieures à la normale'.
La plupart des auteurs, au contraire, ont admis qu*on ne devait pas diminuer au dessous de la normale la quantité des aliments a/otés. la plupart ont même eu tendance à augmenter la quantité des albuminoi'des et à l'élever audessus de la moyenne physiologique.
Rappelons que la ration normale d'entretien au repos doit renfermer, d'après Munk et Utlelmann, qui s'appuient pour cela sur les principaux travaux publiés sur la question '; Altmmiiii' 100 p'Uinini?».
HjdralL's de carbone, .
Or, on trouverait dans les i notablement différentes.
égimes suivants des quantités
a. Munk n Un Zweilo Auflagc, If
- Hygiène alimunuire.
Die PJrnftbriing des gesuadon i
,krankcn MoascboD,
TRAITEMENT DR 1,'OBÉSITE.
/ Bantlng 170 gr.
,,, . \ Ebstïi.n 100 gr.
Albumine { -r, ,^.. ? ,,„
' DcJARDt\-BEkUUETï . . . 35 à 60 gr.
iBANTiNG 10 gr.
Ebstein Bii gr.
OEbtkl 2S à 40 Rr.
Dl'jah[i[n-Beauuet7. . . . 30 à 40 gr.
. Bantinc 80 g r.
„ , , , , [ EasTEiN 50 er.
■' j ŒrtTEL 70 à 100 gi'.
( DiiiAHDiN-BEAUiiETir ... 95 gr.
On vuH (Unie que Buntiiig et Oertel donnL>nt une quantité d'albuminnides supérioure à la normale, Ebstein une quantité égale et Uujardin-Boaunit'lz une quantité inférieure. Tous les auteurs, en revanche, donnent un poids d'hydrates de carbone très inférieur à la normale (o à 8 fois moins).
Ebstein, contrairement aux autres autours, donne une proportion de graisse supérieure à celle qui est indiquée dans la ration physiologique. Celte idée n'est pas nouvelle; elle est renouvelée d'Hippocrate. Le but de cette pratique est d'amener plus rapidement et plus facilement la satiété : cette méthode parait quelquefois donner de bons résultats. M. Bouchard cependant déclare que, lorsque la graisse est donnée en quantité excessive, elle n'est pas suffisamment dédoublée dans l'în.. testin et qu'alors elle a tendance à s'oxyder moins facilement. C'est là une objection théorique. Il faudrait lout d'abord savoir, avant de conclure quoi que ce soit, dans quelle mesure la graisse est résorbée dans les diverses variétés de l'obésité.
Un des dangers les plus grands de l'obésité, c'est la lésion des éléments albuminoïdes et, plus particulièrement, des masses musculaires. Voilà pourquoi la plupart des auteurs ont voulu non seulement conserver, mais même augmenter dans le régime la quantité des substances azotées; ils voulaient fournir en tout cas aux muscles et au cœur une quantité de n)atii>re albuminoïde capable de maintenir leur intégrité chimique.
Toutefois, comme on sait que lu meiUeuie fai,'on d'épar-
gner les matériaux azotés pst do dnmipr <Io la graîsso el ilesl hydrates de carbone, on s'est domandé si Ton ne pouvait pus I abaisser la ration azotée au-dessons de la normale sans dan- | gpr pour les muscles et pour le rteiir.
Drapper a fait toiil ri'cemmenl de imnvelles recherclies | dans ce sens'.
Dans tous les cas il donnait un régime inférieur à la ration normale d'entretien. Il a vu que l'organisme pei-dait do ] l'azote lorsqu'on diminuait sensiblement les substances albiinii- I noïdes, en augmentant la quantité do graisse et d'hydrates I le carbone. Ces expériences tendent donc à démontrer que, lans le régime des obèses, il ne faul pas faire tomber Isl quantité des aliments azotés au-dessous de la normale.
11 faut, avant tmil, que les obèses conservenl et, si pus? J sibie, rétablissent, lorsqu'elle est compromise, l'intégrité de J leur systtmc musculaire. Il faut que, soumis à un régime in*J suffisant, ils n'oxydeni pas leurs musclr-s de préférence à leur ( graisse; l'obésité alors pourrait se compliquer forcément 1 d'aiïaiblissement musculaire, el. si le muselé cardiaque arait^ pftti, ile tendance à l'asystolie. Suffil-il, pour saviiir où ils eo I sont il ce point de vue, de mesurer leur force musculaire au [ dyiianomttre comme te fait Hirsch? Non. évidemment. Il faiitJ tenir le plus grand compte de leur l'tal de faiblesse ou de4 résistance : mais le seul moyen exact, pour savoir à quoi s'eiln tenir, serait de doser l'azole. à l'entrée, dans les aliments, à lui sortie, dans les urines et les fèces. Malheureusement, ce nej sont pas là des recherches faciles dans la pratique. On sQj rappellera que les obtses en voie de Irailement ne doiveillfl pas voir diminuer, mais an contraire, augmenter leur vigiieiiri musculaire : c'est là l'idéal de la cnrel
Boixsonx. — Depuis Dancel, on a souvent signalé l'ulî- I lité qu'il y avait, pour la cure de l'obésité, à diminuer laJ quantité d'eau ingérée; plus récemment. flErtel et Schwenin-J ger y ont parliculièrement insisté, el il semble récllemeiitl
I. Ditxpmi. — Uebar den Sloflwi'chsei bel EntfpiiungikurTD. Zeilici klin. Mtd. Bel. x»ii. Hft. t-î.)
que ri'tlc pratique ait une véritable iifilitc. Nous croyoTis pour noire part quo ses bons oITets peuvent être dus ii deux élémeuts «iifff^rents. La satiéli^ est beaucoup, plus rapide lorsque l'ingestion des liquides est ln''s diminuée pendant les repas; en second lieu, le rappurt constaté entre l'u^d^nie, le pseudo-lipome et le lipome montre qu'il peut y avoir un véritable avantage à obtenir un certain degré de déshydratation dos tissus. Au surphis, la pratique a démontré ruttlilé de cette restriction des liquides, et elle tend à Hrv communément acceptée. La diminution liensiblo des boissons aux repas est certainement un bon moyen de combattre indirfictemfitt r<ibésitc en amenant plus rapidement la satiété.
Bidder et Sclimidt qui expérinu'utaient sur un cbat n'ont pas constaté d'augmentation de l'acide carbonique expiré sous t'influence de l'augmentation de l'eau ingérée. Lcewy n'a pus relevé, dans des conditions analogues, d'augmentation île l'oxygène utilisé et des processus d'oxydation.
On a constaté assez souvent l'augmentation de l'urée à la suite de l'absorption d'une quantité! plus considérable d'eau; te fait est incontestable. La plupart des auteur,s ont relevé dans ces conditions une hypcrazotiirio tout au moins passagère; les autres, moins nombreux, n'ont constaté aucune variation azoturique. Parmi les promîers. les uns expliquent l'hyperazntiirie par le lavage de l'organisme, les autres par une désassimilation plus accentuée des tissus albuminoides.
MM. Debove et Flamand n'ont pas vu varier les quantités d'urée éliminée. M. Albert Robin a constaté, au contraire, l'élévation de la proportion de l'urée vis-à-vis des autres matériaux fixes de l'urine. Cependant il explique les résultais obtenus par les deux auteurs précédents, parce qu'ils avaient eu le soin préalable de mettre les sujets sur lesquels ils expérimentaient en état d'équilibre nutritif. Von Noorden a vu que l'urée n'augmente pas dans tous les cas, mais seulement lorsque la quantité d'eau absorbée est d'abonl relativement faible-.au contraire, lorsqu'on passe de 2 litres à '.i et t. l'urée ne varie pas. Tout cela est en faveur de l'élimination do
l'iii'ci.', par lavage sous l'inlluencp d'une dhlr^s^' plus grande. La conclusion c'c^t qu'il ne faut pas trop abaisser la quantité absolue dos liquides ingért's dans les vingt-quatre heures; si l'on croit utile do ri'streindre beaucoup l'eau prise aux repas, il conviendra d'en Taire prendre une certaine quantité dans l'intervalle.
Ce qu'il ne faut pas héaiter à diminuer, en revanche, c't'hl la quanlit(5 d'alcool ingér(^. Certaines boissons, comme lu bitre, qui renferment à la fois de l'alcool et des hydrates de carbone, seront interdits à ce double litre.
C(! n'est pas que, quelquefois, une petite quantité d'alcool ne puisse être utile à titre d'excitant général; mais, à C9 point de vue. il vaudrait mieux encore avoir recours au thé ou au café, qui sont des excitants du cœur et des diurétiques.
On peut conseiller aux obèses de prendre par jour, suivant les cas :
Pain 130 à 300 grammes.
Viande maigre 300 A 350 —
Légumes verU ou malade ... 200 à 300 — Truils verts. ........ 200 ii 300 —
Eau 1 200 à 1 300 —
Ce régime correspond en chiffres ronds à :
83 et 110 grammes de substances albuminuides, 40 et ;i;i — de graisse, 1-25 et 180 — de carbures d'hydrogène,
d'après les chiffres donnés par Ch. Jurgonsen d^r sa table'. Si l'on fait le calcul en calories, on trouve que ce régime correspond à 1200 et 1700 calories. On peut facilcmeut y introduire quelques modifications, remplacer, par exemple, 100 grammes de viande par 2 œufs, ou encore par 40 & 30 grammes de beurre- Le beurre sera alors pris en nature aux deux principaux repas.
I. Traducliou iii A, MsTUiEU. — Le régime alim^nlaire iJaiu le* dyipcpsiM.
THAITEMENT DE L'OBÉSITÉ. 2tJ
Le pain ou une qiiantit<^ ('•quiva lente do pâles alimentaires et une partie rlu liquide ptiurront Olre ilonnc^s sons forme de putages.
On ne permettra à chaque repas qu'environ 2îlO grammes de liquide. Il restera donc environ autant de liquide qu'on fera prendre entre les repas. En été, on pourra donner 2.^0 à 300 grammes de liquide de plus qu'en hiver. L'eau pure est la boisson qui convient le mieux; on peut cependant permettre un peu de vin. blanc ou i-ouge. ou de grog li>ger. Ni vin de liqueur, ni vin de Champagne.
Le premier déjeuner sera fort léger, il pourra consister en café ou en thi5, avec fort peu de lait, et environ 30 gi'ammes de pain.
Le lait, on le voit, enlre pour fort peu de chose dans le régime des obèses. Ce n'est pas. cependant, que le régime lacté ne puisse leur être utile, mais il doit s'agir çlors, au début du traitement, du régime lacté complet, que recommande avec raison M. Bouchard à titre de cure préalable de réduction.
Le régime lacté complet est en effet riche en albuminoïdes, très riche en graisse et pauvre en hydrates de carbone, lorsqu'il ne dépasse pas 3 à 4 litres.
En prenant le lait écrémé, ou partiellement écrémé, on diminuerait beaucoup la richesse nutritive du lait. En effet, d'après le tableau donné par Boas', un litre de lait non écrémé correspond à ti7H calories; un litre de lait écréou' à seulement 396. Quatre litres de ce dernier donneraient ainsi i 58i calories. Un pourrait donc permettre environ 3 litres de lait partiellement écrémé.
M. Bouchard, qui conseille beaucoup la cure de réduction du début, recommande de prendre i 2.')0 grammes de lait et 5 œufs, répartis en cinq repas, pendant vingt jours. Ce régime provoque facilement une constipation opiniAtre trf-s pénihlei COQtre laquelle il faut lutter.
I. BoAa. — Diignoslik iind Thérapie dei- MagcnkraDkhehcn ; I Tlieil, 18D3, p. £20.
211 TRAITK me TilLHAPEUTfQLE APPLIQUEE.
l'our les sujets vifîoiirciix. nous ucceplons tr(-s voloiitien le principe de celle eiiie ilc roiliictiiin, faite soit avec le laî simplement, soil avec tin lail cl desœufs. Lesmalades neron^ soumis ensuite, d'une l'ai-un plus du moins sévèrp. au régioi de l'obésité.
Nous ne nous sommes uecupt' que des proc(^d^s par lei quels on peut diminuer directemenl les recettes nutritives del| obèses. Nous ne dirons que quelques mots des procédés <\ ont l'inconvénient commun do pnjvoquer des troubles Jigi lifs variés et d'amener par là indirectement l'inanition. Ai» «gissnnt le vinaigre, les mets indigestes comme le hareng saufS que l'on a quelquefois prescrit d'une fat;on presque exclusivi ])endant des semaines, les purgations trop répétées. Ce o'e pas que les purgatifs ne puissent être utiles dans certains c d'obésité avec plétbore abdominale; ils doivent représente non le moyeu principal, mais un élément accessoire du tn tenient.
l'n des soucis ilu médi'cin dnil loujuurs (^In- rlie^ lei obèses d'éviter la prodiu-linn de la gastro-enlérile et d« phénomènes dyspeptique». Ou doit rejeter tout ce qui ne petfl ju'ovoquer l'amaigrissemenl sans amener un alIaiblissemcBl exagéré et la tendance à la cachexie.
Voyons maintenant comment on pourra augmenter I dépenses de l'organisme, sans produire d'elfet nocif.
J AUtiMKNTATION lli:S DliPE>9ES MtTKITIVKS
Faire que les obèses dépensent davantage, désassimîlei et brûlent leur graisse sans brûler leurs muscles, tel est le prj blême. Or on sait que. dans l'inanition de courte durée, la graisse en réserve qui fait les frais de la nutrition. Le dtl ci le est de rester dans les limites où seule la graisse est atteinte l'inanition relative esl donc un excellent moyen de eombattf l'dliésité, c'est la base même de tous les régimes proposés. Ud autre moyen est d'augmenter le travail produit, et, cumn Uippocrate déjà le recommandait, de faire prendre l'exercHl ù jeun. Li> but théorique esl alors de faire que les matériau
THAITEMENT DE I.'OBÊSITK.
nécessaires pour la pi'fKliiclioii du tiavail iiU'caDique soient empruntas, non aux substances alimontaircs absorbées el en. circulation, mais aux (issus eux-mêmes, et pluR particulit^remeiit au tissu aitipeux.
Les entraîneurs i^pi^ciaux, dont l'Angleterre est le pays classique, rccnnimaiident âjoun des exercices violents destiniis à provoquer une abondante sudation. » Voici les rtgles principales du traîlement du célèbre entraîneur Maclaren : trois courses à pied chaque jour avec toute la vitesse possible, de deux à trois heures chacune; la première doit (*tre faite à jeun. L'une d'entre elles, pendant laquelle le malade (?) se couvre de llanelle et de vêtements chauds, sert à provoquer une sudation abondante: repas suftisants pour calmer la faim, composes de viande rôtie, bien dt^graissée, légumes verts, pain sec ou grillé en petite quantité, thé; les corps gras sont exclus; la suppression, aussi complète que possible, des boissons, est considérée comme tr^s importante ; environ une demi-pinte de thé ou d'ale à chaque repas. Comme adjuvant, un pui^alif (40 grammes de sulfate de magnésie) de temps on temps. Sommeil de si.\ à sept heures. On peut remplacer les courses par tel autre exercice de gymnastique suivant les cas, la rame, la natation, les bains froids courts. » Tels sont les principaux éléments d'nn entraînement de jockey : les obèses, qui n'ont aucune prétention hippique, peuvent aussi en faire leur profit, à condition d'ôtro suftisaninient vigoureux. La quantité de l'exercice sera naturellement proportionnée à leur âge, à leur vigueur, â l'état de leur cu'ur, etc.
Comme autres moyens physiques d'augmenter la désassimilatiou. il faut citer l'hydrothérapie froide, le massage, le séjour à la campagne; l'exercice sera fait au granil aii'. les malades ne se couvriront pas avec excès.
Il ne faut pas oublier que plusieurs dangers menacent les obfrses en voie de cure: l'alTaiblissement général, la dépression des forces, le surmenage, et surtout le surmenage du ca'ur. Il faut donc les soumettre à un entraînement musculaire progressif et proptu-tionné à leurs forces.
2l(i TRAITK DE TIIKRAPEUTIQIE APPLIQUEE.
Pour ccriains obèses, l'oxorcice a l'incuiivi^iiiciit tl'aug-l mpnter l'appétit, il leur faut iin rare eiiuragc pour persévérer -i longtemps, pour supporter la faim sans di^passer la proportion 1 des aliments qui figure sur leur programme. Il faut i^tre r^-el- J lement héroïque poui' renoncer aux repas plantureux qu'alîec- I tîonnent beaucoup de ces gros mangeurs. Le difficile encorftJ n'est pas faut de faire une cure, que de persévérer plus tardJ dans l'observation d'un régime, atténué il est vrai, maiafl sévère encore et qui exclut ce que beaucoup de ces malade»'! adorent: la bière, le sucre, le pain, les féculents, les gaieal réunions à la brasserie, au café, autour d'une table biei