AGIR SUR LA SANTÉ GÉNÉRALE
Lu cliniatothérapie, le massage, l'hydrothéi'iipîe. l'exercice 1 musculaire eonstituent déjà d'excellents moyens de modifier I l'état général, et d'agir sur ie système nerveux, ce que réclama-,! la pathogénie de l'obésité que nous avons exposée.
Certains autres agents, et, plus particulièrement encore» J certains agents médicamenteux sont destinés, soit à agir surlal milieu organique dans son ensemble, soit sur tel ou tel or^iwJ d'un rôle important dans la nutrition, et plus spécialcment'l encore sur le foie.
Depuis longtemps on fait prendre aux obèses des eauzj alcalines. La théorie de la tendante à l'acidité exagérée deaa milieux dans la nutrition retardante venait d'une façon satisfaisante expliquer et lêgilimer leur emploi. Nous avons i que la nutrition relardante n'est pas démonti*ée pour beaucoupC d'entre eux, et que, fût-elle déterminée, il resterait à démontrer qu'elle est la cause et non la conséquence de l'obésité.1 L'hyperacidilé des tissus est possible et même probable chei les arthritiques: c'est donc aux obèses nettement arthriliques^J goutteux ou bandidals à la goutte, que les alcalins convieo->f dront surtout. Ils conviendront aux obèses diabétiques. IlJ n'est pas démontré, quoique cela, que ces alcalins accélèrentj
la nutrition et ^l^volll le taux des oxydations organiques. Certains prétendent qu'ils sont iiidilT6ri:nts, d'autres, au contraire, qu'ils tendent à umener une diminution de l'urée éliniini^e. Il serait bien utile que des «xpi^riences décisives fussent entreprises sur ce point : pour Mro complètes, elles deniandcratont malheureusement beaucoup de temps et un outillage suflisant.
Par les alcalins et les eau.r chloruiées ou sulfatées sadiques, on a aussi la prétention d'agir sur le foie, et de provoquer par les voies biliaires une (élimination plus active des substances grasses (Bouchard). Dans quelle mesure est-ce jastifn*?Noiis ne sommes pas en état de le dire.
L'expérience cependant a démoniré que les eaux alcalines étaient utiles à certains obèses. Il faut les réserver aux obèses floridea, manifestement arthritiques, aux hyperazoturiquos alimentaires. Quant aux eaux purgatives, elles conviennent surtout aux obèses avec gros foie, el tendance à la pléthore abdominale; même chez eux les purgalions répétées ne doivent être que l'accessoire du traitement; le principal, c'est le régime et, dans la mesure du possible, l'exercice.
L'iW*" et les iodures ont un indiscutable pouvoir dénutritif : aussi les a-t-on souvent donnés aux obèses. Ils conviennent surtout à ceux d'entre eux qui sont atteints d'arfério-sclérose.
Aux lymphatiques et aux anémiques, on pourra donner des /om'yuev et Aw fer. La viande crue pourra leur être d'autant plus nlile qu'elle rentre pleinement dans le plan du régime.
Des TBriétés cliniques de l'obésité.
Pour terminer cette élude, forcément un peu rapide, nous allons passer en revue les principales variétés cliniques de l'obésitfi.
218 TIIAITÉ DE THÉ IUPELT!QUE APIM-UJIBE.
Un p«iit distinguer :
1" l.'obt^sité Bomfi':
2° L'obpsit(^ avpc li^mlanco plu« nu nutins marqui-t- à Ijuiémit', k la cachexie.
3" L'obésiti? compliquiV.
1" Dans Y obésité floride. les malades snnt vigunrcux, d'ai pcci pIi?lhoriqne. Ce sont le plus souvent des obèses jcnnei de 20 à 30 ans. On peut aussi ranger dans le même type dM obèses plus âg^s, de ilî à ■'jO ans, des femmes vigoureuses I l'époque de la ménopause.
A CCS obèses vigoureux convient le traitement dans louU sa rigueur; la cure de rf^duction prt^atable. le régime atténua t'exercice et renirainemeni, les eaux alcalines.
Le difficile dans ces cunditiotis est moins de muigru' qui de rester maigre, ou, tout au moins, de ne pas regagner promp! tement ce qu'on avail perdu.
2" L'obésité avec tnidimce ù Panémie n'est pas rare, cette variété appartiennent les sujets lymphatiques, les adi lescenls, certaines femmes jeunes encore, devenues obèsfi après une ou plusieurs grossesses, des femmes à l'époque d la ménopause. Souvent chez eux on trouve des cicatrices Afm scrofule. Certains, anciens syphilitiques, ont été soumis adj traitement raercuriel pendant un temps pmlongé.
Ces obèses anémiques, dépourvus de vigueur, scraientA incapables de supporter un régime d'amaigrissement quelqiH peu intense. Il convient de leur donner des toniques, de t» viande crue, de leur faire faire de l'hydrothérapie froide, i!e ne leur conseiller l'exercice que d'une fa(;on ti-ès modérée, sagement progressive.
Weir Mitcbell appliquait son traitement bien connu à Ae* femmes appartenant à cette variété morbide. Il les confinait au lit, les mettait au régime lacté simple pour les faire maigrir, les soumettait au nuissage et, plus tard, les gavait phigressivemeiit.
Il faut au médecin, pour traiter ces malades, à la fois beaucoup de tact, d'autorité et de persévérance. Il est im|iossibli'
TRAITEMENT DE L'OBESITE.
di- Joiiut'i' iiiK' rniniulc ïi'uppliqiiaiiC d avuin-i' à tims les cas. 3" L'obésité compliquée pout TcHri' de f!n;ous bien diircrenti's. Ou peul dîslin^uer :
a) L'obésil^ avec lendanco à imsuflisancc cardiaque;
b) L'obésiU' avpc artcrio-scléroac :
c) L'obésiU' eonipliqiiéo de gttuHo, de diubèle:
d) L'obt^aitë avec pli'lbore «bdoniiiiule.
a) Obésité avet- lendance à f insuffisance cardittr/tie. — Les obf'sos mit une tendance marquiV- k l'asystolîe. Ils ont vuloiiliers de réloufleniont en montant les escaliers, du goiiflenienl des malh'olos lo soir, plus tai-d de la congestion des ba«ies du poumon et du foie. Plus tard encore, ils peuvent aboutir à l'asystidie conlirmée.
("est surtout pour ces malades que (Krlel a institut^ lo régime qui porte son nom, et dans lequel ligurenl la restriction des liquides et la cure des terrains. Celte dernière, on le sait. c<msiste à l'aire marcher les malades en terrain plat d'abonl, en terrain ascendant plus tard, progressivement. Nous sommes, pour notre part, convaincu de l'utilité de ce régime pourvu qu'il soit bien dirigé. H ne faut demander aux obèses, cl surtout & leur cu^ur, que ce qu'ils peuvent donner.
Quand l'asyslolie se conlirme, c'est elle <[u'il laul traiter; i'obésiti^ passe ii ^ar^i^^e-plan.
6 i Obésité avec artério-scléroi-e. — Quand l'arlério-scli^rose est peu marquée, on suivra un traitement semblable à celui dont il est question dans le paragraphe précédent. (Jn donnera, de plus, de l'iodure de potassium ou de sodium à petites doses, mais d'une fagon prolongée; trois semaines par mois, en quelque sorte indéfiniment.
L'apparition de i'alliuminurie réclame le régime lacti^; on traitera l'asystolie ou l'urémie, si elles surviennent. Il sera tout indiqué alors d'avoir recours largement aux purgatifs, non plus aux salins, cimimc dans la pléthore abdominale; mais aux drastiques.
c) Obésité compliijw'P de goutte ou de diabète. — La };outle.
eu dehoi-s <los accfïs, ne rt^clame pas chez lo» obèsps de traitement autre que l'usage des alcalins, ou les sif'jours de cun aux stations correspondantes. L'obésité des goutteux ne coin porte pas d'indication particulière.
11 en est de môme de l'obésité chez les diabétiques, régime du diabétique et celui du goutteux »ont heureusemcnn orientés dans le même sens. Le diabète, tôt ou tard, charge que trop de réduire l'obésité, à laquelle succède souvent alors l'amaigrissement. Il ne faut se réjouir de l'amaï-^ grîsscment d'un obèse diabétique qu'autant qu'il est jeunCf 1 vigoureux, qu'il n'a pus d'hypoazoturie. que son sucre dispa-.fl rait facilement et qu'il ne perd pas sa vigueur musculaircf Les eaux alcalines ne seront données qu'aux obèses vigoureux, 1 hyperazotu riq ues .
Aux autres on dunnerii des eaux ferrugineuses, ou raiblft*4 ment arsenicales, clilorurées ou sulfatées sodiques très faibloft, J
rf) Obésilé avec pléthore abdominale. — C'est une forme frA- 1 quente chez les femmes et que caractérisent : le développe- 1 ment considérable de l'abdomen, la tendance à la constipation, J aux hémorroïdes, à la congestion du foie. Ce qui convicntT surtout à ces malades, c'est, outre le régime général de l'oW site, l'usage fait aux stations elles-mêmes, sous la direction des médecins compétents, des eaux minérales purgativi connaît la réputation très grande des eaux de Carisbad et de Marienbad, en Bohême. En France, on fait des cures s blables à Chàlel-Cuyon, et surtout à Brides, en Savoie.