‹ Traite de therapeutique appliquee v. 13, 1904 (volume 2)Chapitre 28 sur 46 · TRAITEMENT DE LA MAIGREUR ET DE L'AMAIGRISSEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA MAIGREUR ET DE L'AMAIGRISSEMENT

A. MATHIEU

Médecin rie l'Hàplial Teoa

Indications thérapeutiques géaérales

Maigreur et amaigri sscniciil ne sniil pas synonymes. li y a des personnes dont lu maigreur est l'état normal, qui sont réfractairos ii tout engraissement, La maigreur relative est eu quelque sorte l'iStat physiologique à certaines périodes de l'existence : Tadolescence, la vieillesse. (I y a des familles dans lesquelles la maigreur est constitutionnelle et héréditaire.

L'amaigrissement est souvent la conséquence d'un état morbide, il correspond à des maladies trî-s dilTérentes les unes des autres, les unes aiguës, les autres chroniques, les unes avec, les autres sans lésion anatomique appréciable. La première chose à faire, pour combattre ramaigrissement, est d'en déterminer la cause et, si possible, de la supprimer. Il con- .vient donc avant tout de rechercher de quelle maladie cet amaigrissement est gymptomatïque.

Supposons tout d'abord les cas les plus simples : une personne a été soumise passagèrement, accidentellement, à une

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cause d'amaigrissPmciil. par inntiitioii relative: une awlre est i on convaiescpiice d'iiiip maladie aigii^ dt' Inngiie durée, la [(viérison est compliite, l'élat du tube digestif ne eiinimaitdc plus de réserve particulière. Comment procède ra-t-on pour i les engraisser? Les condftit^ns sniit ici exactement opposécis i j celles dans lesquelles dnit ^tre fnrmult» et établi le traitement de l'obésité. Il faut niettie précisément le malade dans i les conditions ijui pourraient ('tre favunibles à la production < de la p(»lysarcie, H faul :

A. Augmenter les recettes.alimentaires;

B, Diminuer les dépenses nutritives.

Augmentation des recettes alimentaires.

11 faut augnuMiler la (pi aiitilé absolue des uliments; mais il faut, aussi, augmenter surtout ceux d'entre eux dont l'usage peut favoriser la production de la graisse, tjne savons-non» à ce point de vue? L'engraissement par lu viande seule, possible J chez lesBnimau.v.ne l'est guère chez l'homme, qui ne digëru-1 fait pas facilement une quantité de viande aussi considérable^ L'expérience a démontré du reste qu'il suffit de donner l quantité relativement minime de substance axotée, de fa^ à entretenir l'intégrité des éléments cellulaires, particulièrement des éléments musculaires. L'équilibre nutritif et l'épargne g^raisseuse et azotée s'obtiennent tinit aussi bien, et mémel beaucoup mieux, lorsqu'on donne une cerlaiiu' pioportinn de \ graisses et d'hydrates de carbone.

On serait tenté, apriori. pour obtenir rengraissement. d«4 donner de la graisse déjà toute formée, cela d'autant mieiix.l que la valeur calorique de la graisse est plus de deux foï^ I supérieure h celle des liydrates de carbone. Mais la digesti-J bilité de la graisse est assez limitée et on est arrivé h celtal conclusion que. dans le régime norniiil. pour I de graisse iti convient de donnei' 2 d'albuminoïdes ri .S d'hydrates de car-"

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boiu'. On piMit, en vue do l'oiigraissemcnt, augmenter la quaniili' totale t\c la ration ainsi proporlioiin<.^o.

Le plus iLvaiitagoux. à cause de la digcstibilit<i plus facile, «st (te donner les hydrates de carboiu' en abondance, c'est en procédant ainsi du reste que lun obtient industriellement l'eiigraissement des animaux.

Une condition excellente, qui augmente beaucoup la valeur des substances alimentaires, c'est de les faire prendre •sous «ne forme aussi finement divisée que possible, aussi parfaitement que possible dépouillée de toute gangue, de toute charpente rebelle à la digestion.

La viande sera donnée pulpée ou en poudre. On sait que . Debove s'est servi de la poudre de viande pour le gavage des maladesvil en a obtenu d'excellents résnltals. L'engraissement amené par la poudre de viande montre qup, m^me chez l'homme, on peut y faire servir largement les albuminoïdes, à condition de tes donner sous une forme convenable.

Les substances grasses seront données sous fornu- ■d'émulsion; en quantité plus considérable elles amtnenl une prompte satiété; de là leur introduction par Ebsteiu dans la cure de l'obésité. Le lait convient très bien: ajouté un régime déjà suffisamment copieux, il tend à provoquer rapidement rangmentalion de poids. Le régime lacté, seul, détermine au contraire, en général, l'amiiigrissement. Ou lut aussi administrer de l'huile de foie de morue, à la condition stricte que son emploi ne provoque pas le dégoût et l'amène pas lu diminution de l'appétit.

Les hydrates de carbone seront donnés sous forme de pu- 'ées ou de farines, et. de préférence, déjà cuites et saturées t'eau. Les substances sucrées seront aussi utiles, mais avec lUes, il faut craindre la dyspepsie.

En instituant le gavage, M. Debove a fait voir que si l'appétit des malades était insuffisant, on pouvait passer outre \i inlrodnire directement les poudres alimentaires dans l'eslomac. L'appétit ne mesure nullement le pouvoir digestif.

Mt TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE.

De là l'indicafinn du gavagp dans Ips cas (l'inanition par anorexie persistante.

L'usage des médicaments apéritifs peut avoir ses avantages, mais il ne faut plus s'y attarder outre mesure; dans les cas gravps, on n'hésitera pas à avoir d'emblée recours au gavage par le tube o-sophagien.

Il sera tout naturel de faire appel, dans ces conditions, aux aliments et aux médicaments d'épargne. On donnera donc l'alcool par petites doses à ceux que l'on voudra engraisser : la bière, qui renferme à la fois de l'alcool et des j hydrates de carbone, leur convient admirablement.

L'arsenic peut aussi aider à l'engraissemeut ; on veillera I avec soin à ce qu'il ne siiscite pas de tmuble digestif, pas- \ trique ou intestinal.

Diminution des dépenses.

Il ne suflit pas d'introduire dans la machine animale combustible en abondance, il faut encore en régler et en limiter la dépense.

On diminuera le travail musculaire; au besoin les malades seront complfitement confinés au lit. On sait que les animaux soumis à l'engraissement sont en général presque complètement immobilisés : on les condamne à une vie végétative dans laquelle le tube digestif prend le rôle le plus important. On les vêtira chaudement pour empêcher, autant que possible, la déperdition du calorique. Cependant le grand air est nécessaire pour stimuler l'appétit. Dans les sanatoria spéciaux, on expose les malades au grand air, mais on les couvre chaudement. On les abrite du soleil qui excite la lièvre. On multiplie leurs repas, ce qui a le double avantage de faire qu'ils digèrent mieux, qu'ils oe surchargent pas leur tube digestif, et que leurs dépenses organiques se font, non aux dépens de leurs éléments figu-

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ri?s. mais uiix dépens des substances ulinieiitciircs on circiiiation.

On (^vileia anssi, iinliinl qiip possible, li's préoccuputidns, les inquii5tiid(>9. L'esprit sera tenu dans une disposition ^aic!, sans fatigue. 11 faut, chez les malades soumis à ce régime, veiller avec soin au bon fonclirmnement du tube digestif. Il convient d'éviter également la constipation et la diarrhée, et de chercher à ce que l'abondance de l'alimentation n'amène pas la dyspepsie.

11 sera indiqué, accessoirement, défaire de l'hydrothécapie calmante : douches tiftdes et bains tièdes. On sait qnc les femmes orientales, pour lesquelles un notable degré d'obésité est une condition obligatoire de la beauté, font un grand usage des bains chauds. Au contraire, les bains très chauds, en élevant la température au-dessus de la normale, provoqueraient une désassimilation exagérée. (P. Regnard, P. Bert.)

Telles sont les indications générales que nous pouvons donner ici; c'est, en quelque sorte, le Iraitement de l'amaigrisseraent simple, dégagé do tout autre élément étiologiquc ou concomitant. Nous ne pouvons, dans l'espace qui nous est attribué, étudier en particulier les conditions nombreuses dans lesquelles l'amaigrissement peut se montrer et dire le traitement circonstancié qu'il réclame : un volume entier ne fiiifliruit pas à épuiser la question. Qu'on jette un coup d'œil sur te tableau suivant, et l'on verra combien est complexe la séiuéiologie de l'amaigrissement et combien complexe aussi la question de son traitement,

1, Maigreitr phyxioloyique. — Maigreur constilntionnelle, héréditaire. Maigreur de l'adolescence et de la vieillesse.

\\. Amaigrissement par inanition relative. — a) Insuffisance des recettes; b) excïo des dépenses.

Alimentation insuffisante, travail excessif.

Grossesse. — Allaitement.

Anorexie nerveuse (nervosisme, hystérie, neurasthénie, aliénation mentale).

->ie> TIIAITK DK THÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE.

Kxci's M'iiëricns, surnicna^o inlonoctuci, voillps prolun-

fîél'S.

Dyspepsie (surloul l'hypi-rclilurlivilrip), diarrhéo chroiiiquo.

III. Maladies par vicr de la nutrition. — AHsimilutiun însuTlisaiilp (priiuilive ot secondai ir). — Myt'^lopalhies, c(^r)*brop«- Ihit's.

DiabMos (siicrf''. azoturique, pliusphatiirique).

IV. Maladies organiques. — Tuberculose. — Cain'er, aniaigrissemctit prémonitoire de laHuberciiiose el du cnncer.

Art(*rin-.scl(^r'ose, scléroses viscérales.

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