C. — SloniFlCATIONS CIMMIQUES DKS LlOflUE.S
L'étudi' des liquides de l'organisme est digne du plus haut
int(?r(>t, La chimie biologique, gnke surtout i progrès signali^s au di'but Je cet article, a pu su
derniers de pro-
che en proche les mutations des substances alimentaires depuis leur entrée dans le tube digestif jusqu'au momeiit oft elles vont être assimilées aux protoplasmes cellulaires: si le mécanisme intime de cette assimilation lui <^cliappc encore, elle retrouve à leur sortie des cellules les substances désassimilées et les poursuit jusqu'à leur expulsion d(îfinitive par les voies rfînale, biliaire, pulmonaire el cutanée. La multiplicité de ces voies d'excrétions rend difficile, impossible mfime. l'évaluation exacte de toutes les substances rejetées, mais en considérant spécialement l'urine, par où se font en réalité les éliminations les plus importantes, on est arrivé à des résultats singulière ment précis. Chez un adulte sain et soumis à une alimentation et ù un travail normaux, l'azote, le ' phosphore, le soufre et le chlore doivent être rejetés quotidiennement en quantités déterminées et sous certaines formes. L'urée, qui représente le degré de combustion ou de fermentation le plus parfait auquel peuvent être amenées les matières albuminuides, devra atteindre le poids de 31) grammes environ: et ce poids devra représenter un peu moins que le double du poids des chlorures, un peu plus que quinze fuis celui des phosphates et des sulfates. En raéme temps, l'acido urique et les autres produits de combustion incomplète ou de fermentation inachevée des albuminoïdes seront excrétés en proportion intime. Enfin le poids du corps doit se maintenir chez l'adulte et se développer régulièrement chez l'enfant: et la température centrale, indice de l'activité des combinaisons chimiques de nos tissus, doit osciller faiblemenl aux environs de 37".3.
LES MALADIES DE LA .MTRmON. il
Les nioditicatious Ji' la ronipiisilioii da l'uriDc sont exti'^mi'mcnl fréquenics ol variCa's. Les produits (^liminCs peuvent Mro en quanliti^ insuffisante : le liquide est alors pauvre en substances minif-rules. pauvre aussi en déchets organiques et ne ppi^sente plus dts lors cette toxicili' spéciale aux urines normales que M, Ch. Bouchard a si remarquablement étudiée. L'élimination peut au contmire ôtre exagiSrée et entraîne trop d'aKot« ou de phosphore (azoturie, phosphaturie). Plus fréquemment imcore elle est imparfaite et porte sur des éléments incomplètement élaborés : l'urée diminue, tandis que l'acide urique et ses dérivés augmentent; le cbilTre total de l'azote a peut-être peu varié, mais les substances incompl^tomont transformées tendent à remplacer les matériaux arrivés an terme parfait de leur oxydation ou de leur fermentation. Ce rapport entre l'azote total de l'urine et l'azote dp l'urée a été particulièrement étudié par M. Albert Robin, qui en a poursuivi les variations dims un grand nombre d'états morbides et a tiré de cette élude une série de conséquences théoriques et pialiques du plus vif inlérél. Si le nom de coefficient d'o.cijdation qu'il a proposé ne répond plus tout à fait aux notions chimiques récemment acquises, les faits demeurent et leur enseignement clinique n'a rien pei-dn de sa valeur. Enfin l'élimination peut porter sur des substances étrangères & la composition normale de l'urine : albumine et glycose, ou plus exactement albuminoïdes et glycoses, indican, éléments biliaires, etc.
Ces troubles urologiques correspondent it des désordres dans la nutrition; mais il s'en faut qu'ils indiquent nécessairement une véritable maladie de la nutrition. Avant de pouvoir conclure ainsi, il faut que l'analyse clinique ait écarté les diafçnustics d'une série d'autres états morbides, où ces troubles nrologiqnes peuvent se rencontrer. Il faut que le rein ne soit pas malade et qu'on ne puisse pas attribuer à une perversion de la sécrétion les modincations Ju liquide sécrété, il faut que l'organisme ne soit pas sous l'influence immédiate d'un agent toxique et infectieux qui bouleverse accidentellement les cou-
It TBAITË DE THËRAPEL'TIQCE APPLIQCÉE.
dilions de son cbimisme întïme et est ainsi respon^blr d«s détonlm ob<^«n'és. Il faut *■ otin qo» dftns l'alimeatatioD du *aj«t il n'yailpasdptr^sTicv^ habilut^Ude r^me. parfxr^on [Mr défaut. f\u\ fausseraient a priori toute apprécialion des excfvta. Mai», C4% conditions étant soignfusemrat étudiées cl écarti^ft. il r»l certain que de:^ modifications urinaires Jmportanlps et p<Tsi§laDtes doivent toujours faire soupçonner un véritable étal pathologique de la nutrition. C'est en effet dans le fonclionnenicnt intime de l'organisme qu'il faut cberrher l'origine de ees variations dang la nature ou la quantité des résidus éliminés. A la phnspbulurie correspond souvent une altération, une dénutrition trop rapide des deux systèmes les plus riches eu phosphates, le systf-me nerii'eux et le squelette. L'abaissement du coefficient d'oxydation se rencontrera fréquemment chez les obèses, gens qui éliminent une quantité suffisante d'azote, mais retiennent sous forme île graisse les autres matériaux composant les matières albuminoïdes. La glycosurie reconnaîtra pour cause prochaine l'excès du sucre dans le sang; et cet exc^s lui-même sera dû à une série de circonslBnces(lroublcs nerveux, fermentât ions anormales), qni ne permettront plus à la substance glycogène de s'accumuler dans le foie ou amènent la transformation trop rapide des produits quaternaires en glycoses. De toutes façons, on le voit. CCS études urolugiques jettent sur la pathologie de la nutrition la plus vive lumière.
Des moditications analogues à celles que nous venons d'esquisser se passentvraisemblablemenl du cùté de la sueur et des sécrétions sébacées. Les sueurs morbides ont été depuis longtemps étudiées, mais seulement au point de vue de leurs caractères cliniques : et les séborrhées sont des sécrétions maladives que tes m6dccins adonnés aux études générales ont trop facilement abandonnées aux derraalologistes. Malheureusement, les difficultés, non seulement d'é- | ludier, mais surtout de recueillir ces sécrétions, nous coo- , damneront longtemps encore il des notions bien insuflisantcs ft leur égard. Les recherches de M. Féré sur l'iiitoxiGalion .
pai" If borax ' ouvrent pcut-^tre la voie à une sôvic ilu" nuuvellcs iHudes.
ÏM jour où la composition normale du sang serait complètement connue, le jour oii l'on connaîtrait avec exactitude la nature des produits qu'y doivent déverser ou que doivent en retirer les divers organes, la question des maladies de la nutrition aurait fait un pas di^cisif. Mais la solution du problème est loin d'être seulement entrevue. Il existe cependant sur ce point des notions importantes qu'il faut signaler ici : l'exct's de sucre (glyc(3mie) qui préc^de la glycosurie, la pauvrcti? en hémoglobine et en fer dans la chlorose, la présence de graisse en quantité anormale chez certains obèses, se rattachent sûrement à des troubles nutritifs très sérieux, mais ils en sont plutôt la manifestation que la cause même; el leur constatation amène souvent à des résultats thérapeutiques. Plus utile encore serait l'analyse exacte des tissus ei des organes : saisir des différences chimiques dans la composition de la peau, de la graisse, des muscles, des os chez des sujets dont on a bien étudié pendant la vie les diverses maladies, ce serait là donner une base solide it l'étude des maladies de la nutrition. Mais, malgré les efforts bien nombreux tentés dans ce sens, on n'a obtenu encore que de pauvres résultats; et en dehors de quelques points de détails (pauvreté en chlorures des tissus néoplasiques, richesse exagérée en éléments liquides des os chez les scrofulcux), on peut dire, à ce point de vue, que tout est k faire.
Que conclure de ce long exposé? — Des troubles de la nutrition se manifestent h nous par certains symptômes, par la prédominance des lésions et des symptômes dans certains systèmes organiques, surtout par les modifications des liquides de l'organisme, par celles do l'urine, en particulier. Mais, limitée à ces points, la nosologie ne peut s'élever avec certitude jusqu'à la notion précise de maladies de la nutrition. En présence des symptômes, des lésions histologiqucs ou des
i. Pkré. — Semaine médicale, iSBl.
|( THAITÉ DE THÉRAPECTIQCE APPI-IQt-ÉE.
altérations d'ordre chimiqui' c|uVil« constat*', elle se beuricra Inujoars à une double explication : uu bien, c'est la nutrition qui a Hf primitivement malade et toute la &4^rie morbide dî-coule de C4> trouble primitif: ou bien, le mal h débuté dans un oi^ne, et c'est de là que sont partis, par un onchaincmenl successif, tous les désordres qui ont peu à pi^u compromis la nutrition pénérale. Le conflit entre ces deux explications n'est |iAS nouveau, et les querelles entre les partisans de l'une et de l'autre sont à peu près vieilles comme la médecine : humoristes et solidisles, vilalistes et organicicns. anatomopatholi^istcs et cbimiatrcs, ont r(>prés«nté les incamalions successives de ceux qui les ont S4>iitenues. A%'ec de grandes différences dans les noms et dans la forme, avec de très faibles différences dans les idées cl dans le fond même des choses, la querelle se poursuit encore aujourd'hui. Depuis des siècles qu'elle dnre, il est à croire que si une preuve décisive pour l'une ou l'autre théorie avait pu être rencontrée, les hommes de ^rand (aient, de ^nie même, qui les ont étudiées, ne l'auraienl point latsst'-e échapper. .\ moins de désespérer de la valeur même de la raison humaine, il vaut mieux croire que cette prouve n'existe pas. et c'est sur im autre terrain qu'il faut chercher à établir la notion exacte des maladies de la nutrition. Ce terrain, c'est celui de l'étiologie, de l'hérédité et de l'évolution : ici peut-être se rencontrera la solution tant cherchée.
- L CVOLCTIO
DES MALADIES ET LES UiATHÈSEti
La santé parfaite n'est peul-éiro pas un mvthe. mais elle est cerlainemenl une rareté. La plupart des hommes, au contraire, ont une histoire pathologique plus ou moins compliquée. A ne considérer que lesépisoiles de cette histoire, on les voit frappés de névralgies, de bronchites, d'asthme, de dermatoses, de dyspepsie, de gravelle. de cancers, en un mot. des diverses affections que décrit et qu'enseigne la pathcdof;ie; mais en étudiant leur succession, et en comparant chez différents sujets la façon iloul se déroule cettt- liisloiro patholo-
LKS MALADIES DE I.A NiTRITlON,
î succf-dcnt souvent s semblent pr(^sider à ms mnrbidos dans le
uiïre d'cr u ; sa If'
)T-ge-
gique, on voit que ces divers (l-pisodes dans un ordre déterminé et que dos loi l'i^volution et à la succession des affectioi cours de l'existence d'un m?me siijel.
Un enfant, df's ses premières ann^-es. s ments ganglionnaires dans la ri^gion du ( (épaisse, ses traits bouffis: il a des éruptions suintantes à la face ou au cuir chevelu ; plus tard, des lésions tuberculeuses peuvent se développer dans certaines épiphyses. U n'est pas toujours en état de ma! ; mais il semble, il est, en réalité, toujours prél à devenir malade: c'est un scrofuleux. Arrivé à l'ftge adulte, il verra sa destinée varier suivant certaines circonstances : il pourra guérir, devenir phtisique, succomber à des suppurations prolongées ou présenler une série nouvelle d'affections.
Un autre sujet a eu, dans son enfance et dans sa jeunesse, des névralgies, des éruptions prurigineuses; il a été un enfant nerveux et col&re, il est devenu adulte impressionnable, neurasthénique, sujet aux affections spasmodiques ; il a de l'asthme, puis de l'eniphysôrae. enfin, k mesure qu'il avance en Age, ses artères perdent leur souplesse et son cœur s'hypertrophie, il fait de l'artério-sclérose ; il est herpétique.
Ln autre enfin (car il faut se bornci' à quelques exemples) a eu de bonne heure de la dyspepsie ; de bonne heure, il a raal supporté le vin et la bonne chère ; dès son adolescence, il a eu des hémorrhoïdes : jeune encore, il est devenu chauve et a présenté un peu trop d'embonpoint. Adulte, le voilà condamné à la gravelle. à l'obésité ou au diabète : c'est un arthritique.
Quand on voit ce tableau ou d'autres analogues se reproduire avec une régularité coustante chez maints et maints sujets, on est bien induit à admettre qu'au-dessus de toutes ces affections successives existe chez chacun une cause indépendante et supérieure qui les domine et règle leur apparition et leur ordre d'apparition. Mais il y a mieux encore : dans une même famille, les divers membres sont sujets aux mômes
U TBAITÉ DE THÊRâ PETTICrE APPLIQr^E.
maladies oa tout an moins i certaia groupe de maladie : Wr diabèlf . l'obésité, la gnrelle. la çouUe ; U. le rfaomafisme rbroiùfoe avec ses maltiples manifestations : ailleor^, les dermalos<?$. les dyspepsies, les troubles nerreas. Ces faits ne sont point nooTcaux. mais ils étaient oubliés, mécoonos oa même niés; et c'est à M. Bouchard qne l'on doit de les avoir remis en lomière dans ses remarquables livres de palbologie ^nérale. Ces! bien lui qui nous a réappris que des parenlés mortûdes existaient entre diverses espèces palbolo^qaes et pouvaient les rattacher tes unes aux autres comme les membres d'une même hmîlle. Ainsi la loi de succession et d'évolution des états morbides rapplique non seulement à l'individu, mais même à la famille et peut-être à la race.
Le m<.^canisme intime de la nutrition et de la vie n'est donc pas absolument identique chez tous. Les uns. c'est le plus petit nombre, naissent, grandissent el vieillissent normalement, aboutissant au terme suprême de la mort par la simple usure des nr^nes : les autres évoluent au contraire d'une i^on constamment pathologique, en ^rofuleux. en arthritiques, en herpétiques. Comment expliquer c^te évolution asorniale?Chi ne trouve à son origioe ni infection, ui intoxication, ni action d'aucune cause qui soit étr«ng^re au sujet lui-même;. | La wule cause que nous puissions concevoir pour de pareils ■ états, c'est que chez ces sujets la nutrition a été déviée de son type normal : c'est que les échanges cellulaires s'y font avec insuffisance ou exagération, c'est que leur tempérament, c'esti-dire létaux de leur activité nutritive ou fonctionnelle, n'est plus normal; c'est qu'il existe alors « un trouble permanent des mutations nutritives, qui prépare, provoque et entretient des maladies dilTérentes. comme formes s^-mptomatiques, comme siège analomique, comme processus pathologique 'n ;et i ce tempérament morbide, nous donnons avec M. Bouchard le nom de tliat/ièse.
C'est ainsi que la clinique, considérée dans son expression la plus élevée, c'est-à-dire ne bornant pas son observation &
I, Cb. Booouks. — UaUitiM p*r raJealUMWVnt de li d'
uni? maladie isolée, mais l'i^-tondant à la vie entière ik' l'individu et de la famille, ambnc invinciblement à l'iJC-e *ie maladie primitive de la nutrition. La diath&se, le trouble nutritif permanent nous fait comprendre alors non seulement i'i^vnlulion pathologique de certains sujets malheureusement doutas, mais elle éclaire d'une lumière nouvelle ces points que la symptomatologîc, l'anatomie pathologique et la chimie biologique, livrées à leurs seules forces, avaient laissés obscurs. Ces localisations des phénomènes et des lésions dans un même système, ces troubles disséminés dus à la lésion d'une glande telle que le corps thyroïde ou les capsules surrénales, ces perturbations chimiques dues à des causes prochaines si variées, 8! complexes, tout cela vient se ranger de soi-même sous l'influence primordiale de la diathèse, qui apparaît comme le premier anneau de ces chaînes pathogéniques. où tous les troubles fonctionnels et les lésions se tiennent un par un dans une dépendance logique et réciproque.
.Malheureusement la clinique n'a pas achevé son oïuvre. Trop fière du résultat acquis, elle a voulu passer trop vite de t'étude des faits h leur interprétation, et les doctrines prématurément élaborées se sont trop vile mêlées h la simple exposition des faits observés. Aussi, chose surprenante, les diathèses sont-elles encore mal ou pou décrites, et leur nombre même n'est pas régulièrement établi. C'est l'honneur de l'Ecole de Montpellier d'avoir toujours conservé la tradition des diathéses; mais peut-être l'exagération qu'elle a mise à en multiplier le nombre et à en rencontrer partout a-t-elle desservi la cause qu'elle voulait défendre. Bazin fut le premier à les remettre en honneur à Paris sous le nom de maladies constitutionnelles (syphilis, scrofule, arthritis, herpétis). Aujourd'hui, sans parler des écoles étrangères, où elles realenl en discrédit, on peut dire qu'en France le»v cause est gagnée, grâce à ses éloquents défenseurs, MM, Grasset, Bouchard et ses élèves, Lancereaux. L'accord n'est pourtant pas parfait entre ces défenseurs, également attitrés, des diathèses. M. Grasset, sans accepter les vingt-deux diathèses de Baumes,
TBAITÉ DE TDÉBAPEnTIQL'E APPLIOCËE.
■ mcorp parmi elles la syphilis, rimpaiudîsme, le sala nïsnie, ete. S'il esl pariailemeal exact que ces états corres- 1 poDdeDi à lie véritables tempéraments morbides, on pourrait ' faire observer à M. Grasset que loas les tempéraments mor^ bides ae si:>dI pas des diathè'ses. et que ces tenipérameots. artificiellement créés par des agents toxiques ou infectieux, doivent être rangés â part, simple question do définition. M. Lancereaux et M. BoucbanI n'en admettent que denx, qai par malheur ne sont pas exactement les mi^moï^. En montrant que, dans la plupart des états arthriti^uef ou bradftrophi^ues, cm voit la quantité li'excreta diminuer pendant l'abstinence, les produits incomplètement élaborés abonder dans les sécrétions, les principes immédiats s'accumuler dans lo corps, la température tendre â s'abaisser au-dessous de la nomnale, qu'en un mot. dans ces conditions, il y a ralmtùteutenl de la nutrition, M. Bouchard a fait u-uvre d'observateur éminent : il nous a éclairés sur un caractère important du Inmble nutritif dans ces dialhèses. Mais si.>n observation s'applique à trop d'états dissemblables p4.>ur sen.-irile base à un classement, et, malgré ce puissant effort, la classification des diathéses reste encora | imparfaite.
Plus encore que leur nombre, la nature intime des di»"l thèses esl un sujet de discussion. Bouchard estime qu'elle] réside dans le ralentissement même de la nutrition et qu'ells I n'est qu'une prédisposition aux diverses maladies. Grasset j pense, au contraire, que les diathèses sont des maladies j constituées, où l'organisme ne se nourrit pas comme à l'état J normal, mais où il no faut pas faire de cet acte nutritif laj caractéristique essentielle et exclusive du tempérament. ' Nous ne pousserons pas plus loin l'élude de cette discussion qui sortirait du cadre d'un Traité de Thérapeutique appliquée.
En résumé, il existe des maladies générales de la nutrition, dont les caractères principaux sont d'évoluer parallèl» ment à la vie même des malades qui en sont atteints, de fn^i-l per l'ensemble de l'organisme el de faire prédominer leurftl effets sur certains sj-stèmes. de se manifesler par des altér»* 1
LES MALADIES DE LA KUTHITION. ifl
lions chimiques des liquides de l'organisme spi'cialos à chacune d'elles en particulier. Il est temps maintenant d'aborder !'<^tude des indications thérapeutiques qu'elles présentent.
Indications thérapeutiques générales.
Le véritable traitement d'une maladie est celui qui correspond & sa pathogénte. S'attaquer à la cause du mal, la prévenir si on le peut, ou tout au moins couper à ses premiers anneaux la longue chaîne des symptômes qui en découlent, c'est là l'idéal de la thérapeutique. Il va de soi qu'on ne peut instituer de pareils traitements que d'après la connaissance exacte des causes des maladies. Or, nous ne savons pas encore d'une fa<;on bien nette la cause vraie des diatlij>se8. L'hérédité joue, à coup sûr. un rôle important dans leur étiologic; et il serait sage d'y songer pour les enfants à venir avant de conclure certains mariages. Mais, au point de vue matrimonial, on consulte bien plus les convenances sociales que les convenances médicales, et nous inscrivons ici l'importance qu'il y aurait à ne pas unir entre eux des enfants d'arthritiques et d'obèses, de scrofuleux et de rachitiques, de goutteux el d'herpétiques, sans fonder sur ce pointde grandes espérances. Il serait bon cependant, le cas échéant, que l'attention du médecin fût fixée sur ce point.
Après l'hérédité, c'est aux vices d'hygiène qu'il faut faire Ta plus large part. Les maladies de la nutrition viennent insensiblement chez ceux qui ont transgressé longtemps et avec assiduité les lois d'une sage hygiène. Les uns, et c'est le cas pour bien des herpétiques, ont surmené leur système nerveux par des travaux intellectuels exagérés, surtout par des travaux faits avec passion , oii le désir de réussir, la crainte d'échouer ont tenu constamment l'esprità la torture ; d'autres (arthritiques, goutteux, obèses) ont abusé de la bonne chère; d'autres enfin (scrofuTeuxl ont ou, au contraire, une alimen-
» TRâlTÉ DE THËBAPEUTIQCB APPUQCÉB.
tation insuffisante en quantité et surtout eu qualité et ont vécu dans des logements pauvres d'air et de lumière. Chez tous, il importe donc d'instituer une hy^ène normale. non pas av^c l'espoir do guérir la dialhèso par cette simple prescription. Les dialbéses. en effel. sont <■ émancipv^'s de leur cause provocatrice ■<. et en rendant l'air et la lumière aux strumeux. la sobriété au\ guutteux. un ne va [tas ïpto facto leur rendre la santé. Néanmtnns. puisque la nnlrilioa 5ouf&«, c'est en restaurant le pluscomplèlement possible les conditions mtnnales de la nutrition qu'on a chance d'obtenir la guértson.
A. Hyyitnr tttu tiit-mr» /onftiwL<. — Rr/iot H fnirainemenî. — La sanlé se maintient par le fonctionnement régulier ditous nos or^ne*;; elle périclite par l'excès ou le défaut de ce fonctionnement. |vir la prédominance accordée à une fonction au détriment des autn";- Utrsque l'équilibre harmonique qui correspond à létal normal a été troublé, il faul. pour le rétablir, régler i m^vcau l'activité de chaque fonction. et, sui\«iil les rirr>.>ustances qui on! provoqué et enlrelesu la maladie, donner à chaque organe du repos ou, au roatnùre. lui demander un peu plus d'activité qu'à l'état normal par la mélhixie de l'entrainement. Repos ou nitrainmienl, tels s>nnl le» deux |>oints autour desquels pi\otr le Iraîleoienl hypénique de:% maladies de la nutrition, et dont nous allons n'tn>u>'«T les principales indications \**it chaque s%-^téme.
B. Syiirme Hrrmtr. — t7esl par le sarmenage rérébral t^plEssionnelouinlellectuel que oMnmencent souvent ces maladies. La jtremtére indicalîoa est dune souvent de prescrire le iv|to$. L'interruption «b'S tra^-aux et des préi>ccupations professionnels est quelquefois nécessaire: quelqnelois aussi, TisoiMwent complet pourra éviter la s«KTes«.ioo parfois si pénible de« ém^^itw^ qut^idiennes qu'entraîne chrt les gens afTaîblis la vie de famtlte, avec sos petits déboires ou ses exagt-ralions de »«kin« afleclueux. t> nr-pos cérébral, ainsi piHis»- à l'excès, convient |dutiM aH\ mala«Iies purv«ienl nervpus(>s: mais o^tnme c*-s dernières s'oKMsrvettt scxivent chet les arthritiques et le.^ jpMltlettX. il est permis d'en inppetcr ici l'indication.
En sons inveree, d'autres circonstances demanderont un certain entraînement intellectuel. Les obèses seront invités à ne pas se désintéresser de lout, comme ils y sont quelquefois disposés. Le travail, la lecture, les distractions, les arts seront pour eux des ressources pri^cieuses dont il faudra leur rappeler l'importance.
C. Fonction? locomotrices. — Considér(? comme prt^sidant aux fonctions locomotrices, le système nerveux spinal est justiciable d<>s mêmes considérations. La neurasthénie, complication si fréquente de l'arthritisme, réclame souvent, comme l'a si judicieusement établi W. Mitchell, le repos absolu, le repos au lit. Mais à part cet état, il est de règle de demander beaucoup plus à l'entraînement qu'au repos. L'exercice régulier, surtout la promenade à pied le matin, est excellent pour tous, en particulier pour tes obèses. La promenade, après les repas, est également recommandable. Grâce i elle, la circulation est régularisée dans les membres, les combustions musculaires entretiennent la chaleur organique îi un degré normal, le système cérébro-spinal est maintenu à un degré normal d'activité, favorable à la nutrition.
Les exercices physiques, qui exigent un plus grand développement de forces, ont aussi une grande utilité : équitation, escrime, bicyclette, jeux divers. Ce sont d'excellents moyens pour les jeunes gens de dépenser leur énergie et de consommer régulièrement les matériaux introduits dans leur organisme par la digestion. Mais il no faut pas que l'abus de ces distractions les amène à un véritable surmenage; et pour les sujets déjà malades, l'abus est bien près de l'usage. Il est difficile de donner une formule applicable à tous les cas : on peut dire cependant que la sensation de fatigue est un avertissement que l'on doit docilement écouter. Faire chaque jour un certain exercice, dans les mêmes conditions et aux mômes heures, et le prolonger jusqu'au moment où l'on se sent fatigué, c'est se mettre dans les meilleures conditions. Giàce ] à l'entraineraent, de jour en jour l'exercice pourra être plus long, plus actif, et le malade arrivera ainsi p<m à peu à déve-
22 TRAITE DE THÉHAPEliTIQLE APPLIQUÉE.
]«i[i|)t'r 1h ({iiuntitO do fon-cs iloiil la dr-pcnsf esl n(*cessaipa'§ au maintien do la nutrition.
I.a gj'mn astique avec ses mouvements mt5lhodiques > r<?gulieps. faisant entrer en action successive chaque group» de muscles, est un moyen dont rulilisalton esl trop excluû-J vemcnt réservée aux déviations articulaires ou aux lésionM musculaires et qui convient parfaitemeal aux altérationsl nutritives. A cftti^ de la gymnastique française, qui vise plu«l tiU le développement des forces à l'état de santé, on ne S8urail| trop recommander la gymnastique suédoise, combimîe ) massagfî, qui convient si mer\'eilleusement aux maladea» Dans les instituts de Stockholm, on voit traiter de cette fai^âl les maladies les plus diverses ^cardiopathies, dyspepsies, p Ij-sics), et il n'est |ias douteux que nombre de nutritifs idia^ béliques. obèses, herpétiques, goutteux) seraient exceUem mont traités par ces procédés. Placés dans des appareils q leur font faire automatiquement tous les mouvements voulus' avec une amplitude graduée, les malades sunt en même temps soumis à des frictions mécaniques qui réalisent chez eux ttuiles les formes et tous les degrés d'intensité du massaga. En attendant que nous ayons en France de semblables éti blissements, le massage n l« main rend chaque jour d'ïna] pr»^ci«bU's services,
D. Cirrit/tilion ri ckairur orymà^ttr. — Enlin le sy&tèn nerveux u un nMe de r^nilation tmphique dont nous avons parlé et qn'îl exerce s«»il directement, soil par l'intermédiaire de l'appan'îl >-asi»-moteur. L'hj-drothérapie, sous s différentes formes, est un des mowns les plus puissaul ^uo ni>us ayons de mettre enjeu l'activité lulélaîre de c«di («Mifliitn régulatrice. Il ne s'agit point ici. comme dans les grandes pvft'xies. de s«iuslraire du calorique à l'organisme sur^'haulTé: il ne s'agit |>as. ct^mme dans rertaînes névroses, dVxerrer nn rhiw- subît par la |MMTUSsioD VH>lenle de l'eau; il »'N{:il. par une réfrigération superficielle, de mettre en jeu rwrlion r^'«clionnolli< de l'appareil \'as).>-mot(^r. et d'obtenir ainsi une répartition normale du sang el de la chaleur
eux
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animale. La condition essentielle pour quo lliydrotlit^rapie ait une action heureuse, c'est donc que la rfaclion suive irami>dialenient l'action réfri givrante. Si, au contraire, la sensation du froid persiste, l'action sera lâcheuse. Douches froides, lotions, ablutions, affusions, enveloppements sont donc d'excellentes pratiques; et à ce sujet on ne saurait trop prCter d'attention aux récits des voyageurs qui vont suivre à Wœrishofen la euro d'eau de l'abbé Kneipp. Rappelons-nous d'ailleurs que l'hydrothérapie n'a pas eu avec Priessnitz des commencements plus scientiliques. et sachons trouver des enseignements, s'il y a lieu, même dans les plus humbles expériences. L'électricité, sous ses diverses formes (statique, faradique, galvanique), trouve encore ici de nombreuses indicalions.
E. Fonctions digeslivfs. — Béffime. — Après la régulation des fonctions nerveuses, un des points qu'il faut le plus surveiller, c'est la régulation des opérations digestives et la prescription doit viser à la fois l'état de l'estomac et de l'intestin d'une part, et, d'autre part, la nutrition générale. A l'état normal, en ell'et, la composition de nos tissus et de nos humeui-s reste jusqu'à un certain point indépendante du régime (voyez plus haut, p. .'»); mais il n'en est plus de même à l'état pathologique, où, chez l'obèse et le diabétique, par exemple, la quantité dégraisse et de sucre dans l'organisme est si directement inHuencée par l'alimentation. Il faudra donc surveiller avec la plus scrupuleuse attention la quantité et la nature des aliments. Le repos absolu, c'est-à-dire la diète, est ici hors de saison; elle ne peut être prescrite qu'accidentellement et pour des périodes aiguës do ces maladies à longue évolution. Mais il peut devenir utile de restreindre le régime à une quantité inférieure à la ration d'entretien, cure de réduction destinée à forcer le malade à vivre en partie aux dépens de ses réserves organiques et à maigrir (obésité). La suralimentation, l'excès du fonctionnement digestif, l'entraînement doivent au contraire être recherchés, avec prudence, chez les sujets qu'une longue misère sociale et pliysiologiquc a menés à un dépérissement profond (amaigiissement, scrofule).
à la condition que l'inlfgrilé de leurs or^nes digestifs pcr-'l mette de leur iulliger ce surcroit de nourriture. Comme pourT le système nerveux, l'indication est d'agir eo sens invei des causes qui ont produit la maladie.
Quant au choix des aliments, il sera dict*' par des conH ditioDs analogues. Les obèses seront privés d'aliments gras,l féculents et sucrés, de m^me que les diabétiques; les scro-l fuleux recevront une nourriture varii^e où les albuminoïdesfl tiendront une lai^ place; tous seront privés de ces aliments» à décomposition facile, à fermentation pour ainsi dire spon-T tanée. qui introduisent dans la circulation tant de toxines,^ f&cheuses surtout pour les herpétiques el les arthritiques (gibiers, crustacés, fromages forts, etc.i. Il est entendu d'ailleurs que, pour ces prescriptions de détail, on tiendra compte des capacités digestives de chaque malade.
F. Fonctions respiraloirrs. — L'hj-giène respiratoire n'est pas d'un moindre intérêt. A ce malade déjà traité par l'exercice, la gymnastique, soumis à un régime bien combiné, il , faut absolument un air pur pour assurer l'oxygénation du sang. Le climat, les inhalations d'oxygène. l'air comprimé ré|tondent à cette indication. 11 y a dans le climat bien autre rhose que l'air respirable: mais il est certain que les tions de chaleur, d'humidité, d'altitude ne sont pas ici pré dominantes. Capitales dans certaines maladies, telles que 1 neurasthénie, les cardiopathies, !a tuberculose, elles cèdent le I {las nu point de \'ue purement nutritif à la pureté absolue de [ l'air, Tni* atraosph^re. où aucun élément étranger ne vient | cncimibrer tes voies respiratoires, où une puissante végétation '4 ronouvcUc chaque jourdes quantités considérables d'oxygène, I voilA ce qu'il faut avant tout au srrofuleux comme l'obèse, au rhumatisant comme tt l'herpétique, jMiur mener 9 bien ses oxydations or^niques. Les climats marins convicn-l nenl mieux eu outre au scrofuleux : et les qualités d'excitatioav ou de sédation que présentent les régions exposées à de forts^ couranis d'air on les contrées montagneuses seront priseA4 eu considération d'après les qualités nerveuses du snjct.
G.Fonctiojts d'élimination. — Enfin la del•ni^^L• indicalion à remplir est celle qui est relative aux fonctions d'i^limination. Ici le repos est interdit, et ce que l'on doit chercher au contraire, c'est leur stimulation continue, de manière à éviter l'accumulation dans l'organisme des produits de la di^sassimilation. Indirectement les prescriptions déjà faites y ont en partie pourvu : l'hydrothérapie, le régime, l'aération sont les meilleurs excitants des sécrétions cutanées ou rénales; mais quelquefois elles sont insuffisantes. Si la quantité d'urine est insuffisante, si le sujet présente une de ces albuminuries phosphaturiques qui anibnent peu à peu les néphrites chroniques, il est nécessaire de veiller à l'intégrité du filtre rénal par un régime approprié où le lait tiendra une large place; dans d'autres cas, des boissons chaudes, légèrement sudorifiques et stimulantes, doivent accélérer les fonctions de la peau pour venir en aide h la sécrétion rénale défaillante. Les frictions sèches ou alcooliques, le massage seront à ce point de vue des adjuvants de haute valeur.
H. Mf'taslases. — Révulsifs. — La nécessité de la dépuration rénale ou cutanée est plus impérieuse encore chez l'homme malade que chez l'homme sain. Les produits incomplètement élaborés par la nutrition cellulaire sont plus toxiques encore que les produits normalement transformés : ils constituent sans doute <■ ces mal^^l'es peccantes » que les anciens avaient devinées sans les avoir jamais vues et auxquelles ils faisaient jouer un rAle si actif dans la plupart des maladies. Pour eux. ces matières peccantes ne s'éliminaient pas par les émonctoires naturels, mais elles s'échappaient soit avec le sang hémorrhoïdal, soit avec le pus d'une fistule ou d'un ulcère ou le suintement d'un eczéma. De là leur respect pour toutes ces manifestations pathologiques; de là les scrupules qu'ils avaient de chercher à les guérir, par crainte que l'humeur morhide ne se portât ailleurs, sur un organe plus important et n'y produisît une métastase dangereuse. L'oubli de la notion des diathèses, la contemplation trop exclusive des lésions anatomiques, avec lesquelles on voulait confondre les
» TRAITÉ DE TnÉRAPEUTIÛLE APPLIQUÉE.
maladifs, tout cela a fait pendant quelque cinquante ans I traiter l'histoire des métastases comme un conte de bonntf ] femme. Aujourd'hui on n'en dit plus ni bien ni mal: on n'ose 1 plus en rire, on n'ose peut-être pas encore reconinieocer à y croire. Il semble cependant que peu à peu on y soit raoïen»;. M. Legcndre écrit ceci : " Tout l'acide lactique fabriqué dans le tube digestif n'est pas éliminé; une partie est résorbée, l'acide apparaît dans les urines. Maisen traversant l'organisme, il y provoque des altérations des tissus, notamment du tissu j osseux, auquel il soustrait les sels calcaires, eomme nous \ê 1 verrons à propos de l'osti^omalacie. Peut-èlre provoque-t-il ^ aussi, en s'élirainanl par les glandes, des éruptions eczémateuses, OH fa%'orise-t-il. en troublant la nutrition des téguments,, des dermatoses microbiennes comme la furonculose et l'ecthynia'. •• Eh bien! mais n'est-ce pas là toute la théorie des mi^tastases? Cet acide lactique qui produit tant de ravages partout oft il passe, n'est-ce pas la matiJ^re peccantc? Et si on guérit ces dermatoses, si on l'empêche de s'éliminer par ta peau, ne va-t-il {>ag produire ailleurs plus de ravages eoeore? Nous revenons donc, sans nous en douter, aux meta- j stast^s. et avant longtemps nous serons invités à ménager chcx J nos malades certaines petites infirmilés.à titre d'émonctoires naturels: puis nous reverrons peut-être les cautères ou autres exutoires. qui seront cliai^s d'éliminer les toxines, ces humeurs peccautes de la médecine moderne.
1, Surs ortjtmiffttes et sérum arlificift. — (!e n'est pas 1 seulement ft ce retour plus ou moins hypothétique aux pra- j tiques de nos |>éres qu'ont abouti les derniers progrés réaiî- ,] ses dans l'étude de la nutrition. A la sécrétion interne desj glandes, mise en lumière |>ar Bron'n-Séquanl , rorresponi toute une série de moyens dont le but est de compenser I défertutvsités de cette stVrélîon ehox l'homme malade : inje< tions de sue tesliculaire, «le sur Ihyroïdien. de suc panera tique, de sue surnhial. tels s<tnt les premiers procédés in lés; puis sont venues les injeelions de substance nervei I. Lconma. - Ur. nf., p. .113.
{C. Paul); onfin les injoclions do si'-rum artificiel. Celles-ci ont même pris un développement consitlérabli;, et leur eflicacité à litre de toniques, et comme agent capable de roni'orcer la tension vasculaire, n'est guère plus mise en doute. Les injections de sucs organiques ont au contraire vu Lctisser la faveur dont elles ont été entourées, depuis que i'ing<!stion directe de certaines glandes, de la thyro'ide surtout, a paru produire des effets supérieurs à ceux de l'injection hypodermique de leurs propres sucs. Quoi qu'il en soit, la découverte de Brown-Séquard a mis sur la voie d'une série de découvertes propres ft restituer à l'organisme les principes que certaines glandes défaillantes cessent de lui fournir dans certaines maladies de la nutrition.
J. Agents médicamfnteux. — Méthode analytique de M. Albert Robin. — Les agents purement médicamenteux ne sont pas à dédaigner dans le traitement de ces diathéses. Los uns, excitants ou tuniques, ont pris depuis trop longtemps une place prééminente dans la thérapeutique pour que leur action puisse être mise en doute (strychnine, ergotine, quinquina, amers); les autres ont une action élective et presque spécifique qui est également bien établie et assure leur emploi régulier dans des cas bien déterminés (iode, buile de Ibîe de morue dans la scrofule, alcalins dans le diabète, etc.). 'Mais il en est une série d'autres dont les effets directs sur la nutrition ont été mis en relief d'une façon magistrale ces dernières années par M. Albert Robin. Ktudiant jourparjoup l'urine des malades qu'il soumettait à certains remf-des, M. Albert Hobin a pu se rendre un compte exact des effets que produisaient ces remèdes sur la nutrition. Orâce à ce procédé d'analyse, il a pu se rendre compte que l'acide phénique avait une action déniinéralisatrice des plus énergiques, que l'antipyrinc modérait les échanges nutritifs, que les bains chlorurés sodiques, suivant leur degré de concentration, produisaient des effets différents, mais qui tendaient d'une façon générale à exagérer la désassimilation et l'oxydation des albuminoïdes, que les boissons abondantes favorisaient l'ac-
croisBPnipnf du coeflicicnt d'oxydation. Sur quelques points, sur ce dernier entre autres, ses recherches ont pu être critiquées ; mais hi méthode a par eUe-m^me une valeur qu'on ne saurait contester; et d'ailleurs les succès thérapeutiques la justilîent. Les indications des médicaments dans les maladies nutritives trouvent ainsi une base sûre et tout à fait scientilique, d'une part dans leur action bien connue sur les modifications qu'ils apportent dans la nature et la quantité des substances excréti5es, d'autre part dans l'étude piécise de la désussimilation dans les états morbides.
Des recherches du même genre sur la constitution chimique des tissus ont amené M. Albert Robin à constater que le phosphore existe dans le tissu nerveux surtout à l'état de glyc6ro-phosphate. Delà l'emploi thérapeutique des glycéro-phosphates. destiné à introduire dans l'organisme celte substance luutepr^te pour l'assimilation. Les résultats obtenus jusqu*& pn^sent sont tout à Tait encourageants.
K. Antidépertiiteurs. — Il y a quelques années, on parlait | beaucoup de médicaments atttidiperditetirs . tels que ie caf^r l'alcool et plus récemment la coca. Ces remèdes ont une action importante et bien délinie, comme toniques, comme excitants du système nerveux ou comme analgésiques. Sont-ils réellement an tidéperdi leurs, c'est-à-dire permettent-ils à l'organisme de pHnliiire le même travail sans s'user, sans se consnmer? 1^ question ainsi posée psratt antiphip'siobi^îqiip. De [mrt'ils agents seraient, s'ils existaieni, d'une grande valeur dans la (hérapeutique des maladies de la nutrition, mais leur . exisleniH* est problématiq.ue.
L. F.auj minfralrs. — Ënlin ime dernière indication de la j plus haute im|kortance. c'est celle des eaux minérales, arme 1 t^ deux tranchants qu'il faut savoir manier avec science et prudence. Prescrites à prfljM>s. elles peuvent faire beaucoup de bien; prescrites à faux, elles peuvent #tre dangereuses, l'n \'olume entier ne suflîntit pas à exposer ce qu'il convient de dire À leur sujet. Nous ne pouvons en dire ici que quelques mots. v«)^es à foret* d'être sommaires. Au point d
Cl que quel- ^h point de vue ^H
do leur composition, elles sont alcalines (Vichy, Vais, Fougues); chlorurées sodiqucs (Salies-de-Béarn, Salins de Savoie et du Jura, Kreuznach); arsenicales (La Bourboule); sulfureuses (Eaux-Bonnes, Caulerels, Bartges, Aix-en-Savoic, etc.). Au point do vue de leur action, elles sont excitantes ou sédatives; toutes sont en général diurétiques et favorisent l'élimination des médicaments, de l'acide urique, des produits de désussimilation. Mais ce serait une gi-ave erreur de compter sur nos connaissances chimiques actuelles pour préjuger l'action d'une source. Les eaux minérales ont quelque chose d'organique, de vivant, qui échappe encore ù nos investigations de laboratoire; les plus faiblement minéralisées ont parfois des actions plus puissantes que d'autres riches en sels variés. L'expérience clinique est la seule qui permette â l'heure présente de se prononcer sur l'opportunité de telle ou telle station. D'ailleurs, à cùté des propriétés mêmes de chaque station thermale, surgissent des questions de climat, d'altitude, de température qui jouent un rOle capital dans le choix que fait le médecin de telle ou telle ville d'eaux. Si la composition et le mode d'action des eaux minérales présentent encore trop de points obscurs, il n'en reste pas moins que ces agents sont les plus puissants que nous ayons à manier pour lamodilication des maladies nutritives, et que. nulle part mieux que dans les stations thermales, obèses, arthritiques, rhumatisants, ^utleux et scrofuieux, ne trouvent d'aussi précieuses ressources pour leur guérison.
Comme on le voit par ces rapides indications, le traitement des maladies de la nutrition est fondé à la fois sur l'expérience clinique et sur le progrès scientifique. A l'empirisme séculaire, qui avait déjà compris l'utilité de certains remèdes (toniques, eaux minérales), et d'une bonne hygiène, les derniers progrès de la chimie et de la physiologie sont venus ajouter de nouvelles indications thérapeutiques (méthode analytique d'Albert Robin, sucs organiques). Nulle part peut-être plus qu'en ces questions le médecin n'a plus directement profité des recherches de laboratoire.