‹ Traite de therapeutique appliquee v. 13, 1904 (volume 2)Chapitre 8 sur 46 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

TRAITEMENT DE LHERPÉTISME

HHLMATISME CHKO.MQUE. — MALADIES fiOUTTEUSES

E. LANCEREAUX

Da l'Auddinis ds MAdoctoa.

De l'herpétisme. — Manifestations et évolution.

Si l'analyse dos adci.- lions qui se lUVliainiMil sur l'osp6ce humaine est rclativemenl facile, il n'en est pas ilc même de i leur synthèse; aussi, la connaissance d'un grand nomhi-o de ] maladies laisse-t-eiic beaucoup à désirer. Ce qui a i-l6 fait au- ! trefois pour ta fièvre typhoïde dans le domaine des maladies j aigufs. il importe de le réaliser aujunrd'hui dans celui des 1 maladies chroniques, et ceta h l'cncontre d'une certaine École I qui, s'attachunt à pou près iiniquement à l'étude despht^no*! mènes, considère îi tort, comme autant de maladies, des symp- 1 t6mcs ou des syntiromcs auxquels elle s'applique à donner '] des noms propres. Celte manière d'agir n'est pus la nôtre; car, depuis longtemps, nous avons cherché à grouper, soui j un même chef, toute une série d'affections caractérisées, d'abord par des tiviuhles vaso-moteurs, plus tard par des scié- 1 roses dos tissus libreux, et qui, commençant dès le début deJ la vie, poursuivent l'individu jusqu'à sa mort et forment'*

TilAITKMIîNT IlE i/IIE Ili'KTISMK. 31

.-comnic> uiilaiit d'anneaux d'uno chuine doni un seul sufiit à retrouver tous les autres.

A ces alTcctîons qu'unit un lien commun, le syst^me nerveux, il nous a Fallu donner un nom, et nous avons choisi celui d'herpélisme qui existait diîjà dans la science, rt^servant le nom A' arthritisme à une autre maladie générale, d'origine infectieuse, le rhumatisme articulaire aigu avec ses localisations multiples sur les synoviales, les plèvres, le péricarde. , l'endocarde et toutes leurs graves conséquences : symphyse cardiaque, i-étrécissement des orilices du ca?ur, embolies, hydropisies, etc., etc.

Les parties du système nerveux dont dépendent les affections liées à l'herpétisnie sont celles qui président à la sensibilité et aux fonctions vaso-trophiques, comme si elles avaient relations de siège et de fonctions. C'est pourquoi nous définissons l'herpétisme : une névrose vanû-trophique, constitutionnelle et héréditaire, caractérisée par deux ordres de manifestations successives, les unes vaso-motrices appartenant k la première moitié de la vie, les autres trophiques faisant partie surtout de lu dernière.

Les premières de ces manifestations se montrent dès l'enfance, sous forme d'éruptions cutanées diverses, vésiculeuses, érythémâteuses ou papuleuses, ayant pour caractère constant d'être prurigineuses, ou encore sous forme d'énanthèmes généralement accompagnés de spasmes, (laryngite striduleuse, crises d'éternuements, accès d'asthme, etc.). Dans quelques cas, ces éruptions ou poussées congestives vont jusqu'à l'hémorragie ; de là, des purpuras symétriques , localisés aux membres inférieurs et qui parfois inquiètent à tort les familles.

A l'approche de la puberté apparaissent ordinairement d'autres manifestations, toutes commandées parune excitabilité réllexe exagérée, telles que spasmes vésicaux, pertes séminales involontaires; un peu plus lard, surviennent des épistaxis, des hémorrhoïdes. des hémoptysies, rarement des hématuries, et dans quelques cas. des œdèmes sous-cutanés plus ou moins

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circuuiici-ilâ, (les fluxions urliculaircs trop souvent couTondues avec les artlirltes du rliunialismc aigu. Vers la même époque se montrent encore l'acné, la blépharite ciliairo.des migraines I et dos névralgies, puis la dyspepsie et l'hypocondrie.

L'accroissement est à ppine terminé ((lie commencent les] désordres tropliiqucs. sans que cessent pour cela les troubles 1 vaso-moteurs. Ceux-ci se traduisent fréquemment pur une cal- 1 vitie qui d'habitude envahit toute la portion du cuir chevelu i innervée par les nerfs frontaux, des modilîcations trophiques des ongles des pieds qui s'épaississent et deviennent écaiUeux, la rétraction de eertaines aponévroses, la destruction des cartilages diarthrodiaux et la formation d'ostéopliytes. à leurs J dépens ou aux dépens du périoste ; c'est vers le mCme moment 1 que débute l'eniphystme, qui est une lésion trophique du pou-' mon, la trachéobronchile et la toux qui lui fait ordinaircmcnlil corttge. puis enfin Y artério-scléruse , dont j'ai le premier indï->1 que les rapports avec les arthrites rhumatismales chroniques,! et les désordres importants qu'elle détermine du c<jlé de plu-4 sir'urs organes: les reins, le cœur et l'encéphale. Ces désordres^l qui ordinairement terminent l'existence de l'herpétique, s nomment néphrites ou dystrophie rénale, myocardite ou dégénérescence du cu.'ur, ramollissement ou hémorragie cérébrale; ils constituent les effets éloignés de l'herpétisme, dei accidenis de second ordre.

Des troubles de la nutrition générale coexistent quelquefotq avec ces nombreux accidents: ils se traduisent Uintùt par ud embonpoint excessif auquel s'ajoute, vers l'âge de Irenle-cind ans, une glycosurie généralement peu considérable, tantfl par de l'uricémie et de la gravelle. tantôt eotin par des dépOtl d'urato de soude au sein des tissus articulaires. Ces dernièn lésions, considérées à tort comme caractéristiques de la goutU a p|>ar tiennent encore à l'herpétisme. puisqu'elles sont loujouHI associées aux autres manifestations de cette importante maltf die ffénéralv: pur conséquent la goutte se confond Iherpétisnie. U'aîlleurs la théorie de l'uricémie comme cauM de la gvuitte a fait son temps, car un certain nombre de méde-

TRAITEMENT DE I/HERPÊTISME. 33

eiiis, bien que considérant encore la goutte comme une ntala- <lie spéciale, ne la font pu» moins naitre d'un dérangement du système nerveux. C'est depuis longtemps notre avis; mais nous allons plus loin; nous croyons avoir démontré que la goutte n'est pas une maladie différente de l'herpétisme, puisque ses lisions caractéristiques coexistent toujours avec les manifestations de cette dernière maladie, et qu'elle se lie, comme elle, à un désordre du systtnie nerveux, (Voir nos Leçons de clinique médicale, Paris, 1891.)

Telles sont, brièvement indiquées, les nombreuses manifestations et l'évolution de l'herpétisme, maladie â laquelle noua rattachons un grand nombre de désordres pathologiques, y compris les arthrites du rhumatisme chronique, de la goutte et de leur évolution successive chez un même individu. Ce résumé nous a paru nécessaire avant de commencer l'étude du traitement qui lui convient le mieux; c'est qu'en réalité, pour bien traiter une maladie, il faut en connaître les rouages, à savoir : l'anatomie, ta physiologie pathologique, etl^ pathogénie, qui sont les principales bases de toute indication thérapeutique. Or, sachant maintenant que l'herpétisme est une névrose et que, semblable à un grand nombre de maladies, syphilis, paludisme, etc., il se manifeste dans une première phase par des désonlres lluxionnaîres passagers, dans une seconde par des lésions scléreuses persistantes des tissus les moins vasculaires, eomme les cartilages, l'endartère, les tendons et les -aponévroses, il est aise de comprendre que le traitement de cette maladie doit varier avec chacune de ces phases et que les m4ïmes agents thérapeutiques ne peuvent convenir à l'une et à l'autre. Ici donc, de même que dans le paludisme, la syphilis et bien d'autres maladies, la médication change forcément avec les périodes du processus morbide; une même médication convient forcément à toutes les manifestations ou alTections qui composent chacune de ces périodes, de telle sorte que la synthèse pathologique que nous faisons en ce moment est en même temps une synthèse thérapeutique.

Ayant remarqué que la quinine est un moyen des plus

:U TRAITK DE TtlÉHAPEliTlQUE APPLIQUÉE.

efficaces pour combatlrc les migraines et les névralgies des 1 herpétiques, j'ai été conduit depuis longtemps à opposer coJ mi^dicament aux quintes de toux précédées de clialouillenient I et picotemeuts laryngés, si communs chez ces mêmes indivî- I dus. el l'expérience n'a pas tardé à me faire connaître les bons j effets de ce médicament ; car ces quintes, qui ont parfois un© 1 durée de plusieurs mois, d'une année et plus, cessent avecuae j grande rapidité sous l'inlluence d'une dose suffisante do qui-l nine; c'est de la même façon que l'antipyrine employée aveo'1 grand succès contre tes iluxinns articulaires aiguës du rhum^ 1 tisme ctironique el de la goutte, réussit nierveilleuscmenl | dans les poussées veineuses ou phlébites rhumatismales ddl même nature, et que l'hydrothérapie, si utile contre la ^^yspep-^ sic et l'hypocondrie liées à l'herpétisme, est encore l'un deftij meilleurs moyens de prévenir et m^me de combattre les dés- I ordres articulaires et cutanés [si communs chez ces mêmes i individus.

Traitement médicamenteux de l'herpétisme. J

La thérapeutique d'une maladie quelconque comprend la-l médication, le régime el la prophylaxie. La médication s'a dresse-non pas tant à l'état morbide général qu'aux maoH fostalions locales qui sont les effets de cet état; c'est là uno' donnée générale applicable même aux maladies répuUSesl spécifiques, telles que la syphilis et le paludisme. Cela dût-il| froisser certaines opinions, il faut reconnaître que le mercure et l'iodure de potassium ne touchent point à la syphilis, ni neutralisent ou ne détruisent en aucune façon son vin comme semblent le croire certains spécialistes ; ces agents s dressent uniquement aux désordres matériels dont ils aidenti la transformation et la résorption. De m^me le sulfate dftfl quinine, contrairementà ce qu'on a pu penser dans ces demien temps, n'est pas un microhicidc et ne combat pas la maladîfl^

THAITEMENT riE l.'Il EBPETISME, 3H

géïK.'-riile (If'-signée sous le nom de paltidismo; son iiction dans h fièvre intermittente s'exerce spécialement sur la modification imprimée au système nerveux par l'agent dit miasmutique (hémalo/oairc). Les preuves on faveur de cette thèse sont de deux ordres; d'une part aucune des médications en question ne parvient h guérir définitivement les maladies auxfiuellcs elles s'adi-essent, attendu que l'organisme s'en débarrasse uniquement avec le temps, à l'aide d'une hygiène convenable, et de l'hydrothérapie ; d'autre part les médications considérées comme spécifiques de la syphilis et du paludisme ont une action non moins efficace vis-à-vis de désordres d'une tout autre tirigine , pourvu qu'ils soient anatomiquement semblables à ceux de ces dernières maladies; c'est ainsi que le sulfate de quinine combat merveilleusement les manifestations vaso-motrices de la première période de l'herpétisme. assez semblables à celles de la première phase du paludisme, et que l'iodure de potassium, si utile dans la dernière période de la syphilis, dont les manifestations ne manquent pas d'analogie avec celles de la phase avancée do l'herpétisme, est encore le meilleur moyen à opposer à ces dernières.

La quinine, l'antipyrine, le bromure de potassium, l'opium, la belladone et. en un mot, la plupart des substances qui s'adressent au système nerveux vaso-moteur, sont autant de moyens propres à combattre avanlageusement les manifestations purement dynamiques de la première période de l'herpétisme; c'est donc à eux qu'il nous faut recourir.

A. — Laqninine, le plus puissant de tous les agents, n'est pas moins efficace vis-à-vis de celles de ces manifestations qui se révèlent sous forme d'accès que contre les fièvres intermittentes paludéennes, c'est Ifi une preuve évidente que l'agent médicamenteux, dans les maladies générales, ne s'adresse pas k la maladie, mais bien îl la détermination locale, ou mieux enc'ire à l'élément histologique troublé dans sa fonction ou matériellement lésé, et qu'il exerce une action purement physiologique faisant opposition au désordre pathologique. Aussi ce médicament fail-il merveille dans le traitement des

36 TnAlT!5 riE TU l^rilAPElîTlQUK APPLIQrÉB.

acc^5 de migraine, di' n^'vralgie, dY'lei-nuements, de toai quiitteu^e ou coqiieluchoïde, accidents si communs au coull do la première pi^nodo de l'herp^tisme; moins efficace, il en vrai, dans les crises d'astlimo et les poussées articulaires de cette ra(^me phase, il est encore d'une utilité incontestable, de telle sorte qu'à la rigueur il pourrait ^tre regardé comme ïagent spécifique des désordres vaso-moteurs de PherpéUsme. Pour obtenir ce résultat, il faut que la quinine soit prise chaque jour pendant une huitaine de jours, à une dose suflïsante et massive, c'est-à-dire dans l'espace d'une heure environ, La dose suffisante se reconnaît à certains elTets, tels que bruissements d'oreilles, vertiges, céphalées, etc.; celle que nous prescrivons habituellement est de 0*',30 à ©"".iO d'un sel de quinine, de préférence le sulfate neutre, pour un jeune entant; de 0'',i-0 h 0*^,60 pour un adolescent; de 0^,75 à 1«',25 pour un adulte, el nous n'hésitons pas dans quelques circonstances à porter cette dose à 1^,50, et même à 2 et 3 grammes, d^s le moment où nos malades n'accusent aucun dos effets physiologiques de la quinine, qu'ils soient ou non habitués &l'action de ce médicament, M

Deux malades soignés par nous dans le même moment. poa^| des névralgies intenses et rebelles, un homme de quarantecinq anset une femmede quarante ans, offraient l'un et l'autre tons les attributs de l'herpétisme : migraines, poussées cutanées et articulaires, hémorroïdes, etc. Cependant la quinine, administrée pendant trois semaines pour combattre ces névralgies, n'était pas parvenue à les faire cesser définitivement, car la souffrance, atténuée sous l'influence du médicament, ne tardait pas à reparaître avec une intensité parfois considérable. Nettement fixé sur la nature de ces névralgies, j'interrogeai mes malades sur les effets produits parla quinine dont l'homme prenait 2 grammes et la femme ^'^50 par jour, et ayant appris que ni l'un ni l'autre, malgré la bonne qualité du médicament, n'éprouvaient d'effets physiologiques appréciables, je pris le parti d'en élever la dose jusqu'à production de ces effets et j'arrivai ainsi à donner à l'homme D grammes de

TRAITEHEM DE I;HERP>'TISHE.

sulfate neutre di; quinine dans l'espace de deux heures, el à la femme, 2 grammes. Alors seulement, les accidents névralgiques cessèrent définitive ment, el, chose curieuse, ils n'ont jamais reparu depuis ce moment, c'est-à-dire depuis plus de dix ans. Ces deux faits méritent de n'f'lre pas ouliliés; ils montrent de la façon la plus évidente que le choix du médicament n'est pas tout et qu'il faut encore le porter à une dose suffisante et savoir l'administrer. Bien des fois, encfFet, j'ai été mandé en consultation par dos confrères pour des Femmes atteintes de névralgies considérées comme rebelles ou môme incurables. La malade une fois examinée, j'émettais l'avis que la quinine était le médicament approprié, le confrère me répondait que cette substance administrée depuis huit jours n'avait pas eu la moindre efficacité; qu'au contraire la douleur avait plutâl paru s'exagérer; puis, m'informant de la façon dont était prescrit ce médicament, il m'était généralement répondu qu'il en était donné matin elsoir 0'",oOouO'''.BO. Dans ces conditions, j'engageais toujours à continuer ce même agent, avec celle différence toutefois que la dose entière serait prise à une demi-heure de distance, et, deux ou trois jours plus lard, la névralgie ne manquait jamais de cesser définitivement.

Un cas non moins curieux et qui montre encore mieux l'importance de la dose en thérapeutique est celui d'une dame d'une trentaine d'années, herpétique, qui vint me consulter pour une névralgie frontale récente dont elle souffrait, disait-elle, atrocement. Je la consolai en lui disant que la quinine enlèverait sa douleur avant 18 heures, si elle la preoait à la dose de 1 gramme dans l'espace d'une heure. Quatre jours plus lard, celte môme dame venait m'annoncer que sa névralgie, loin d'avoir cessé, s'était accrue. En présence de cette exagération de la douleur, et en l'absence de bruissements d'oreilles, ma conclusion fut que la dose de quinine avait été insuffisante, et, comme j'avais constaté les succès de cette même dose dans des circonstances analogues, je conseillai à ma cliente de s'adresser à un autre pharmacien. Elle

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n'on lit rien, se rendit chez celui qui l'avait fournie tout d'a^ bord, et, faisant valoir l'inlérfit qu'il avait à la bien servir, ello^ lui demanda de la quinine de bonne quulit<^, ce qui fut fattJ car deux jours plus tard la même dose de quinine avaiH emporté la nilvralgîe. Des exemples de ce genre doivent loa-i jours être présents à l'esprit du nu^decin qui. à la suite dum déterminisme précis d'une alTection. ne doit pas oublier qilAi la médecine est une science exacte, que les mêmes elTets peuvent toujours être, combattus par les mêmes agents et qu'u médicament ne réussit pas vingt, quarante fuis ou mëmH quatre-vingt fois sur eent et qu'ainsi la statistique n'a rien I faire avec la thérapeutique, mais bien dans tous les caSj| pourvu que les conditions dans lesquelles il est appliqué si identiques, de telle sorte qu'en présence d'un insuccf-s. il faQM en arriver à rechercher sa cause, et, celle-ci une fois trouvée)^ agir en toute assurance.

B, — Ce qui est vrai pour la quinine l'est également pool Vantipyrine, qui est le meilleur médicament vis-à-vis dof poussées aiguës des articulations, de la peau, des mcmbranai| muqueuses, des parois veineuses(phlébile). etc., du moins, i nous nous en rapportons à nos observations. Apri-s avoir remal que que les poussées articulaires du rhumatisme chroniques presque toujours confondues, malgré nos recherches, avec lai arthrites du rhumatisme franchement aigu, ou fièvre rhum lismale, se trouvaient à peine influencées par le salicylatc d soude, tandis que l'antipyrine, administrée k une dose sufflJ sanle, faisait tomber, dans l'espace de quelques joui-s, la itvai leur parfois trfes vive, et aussi la fluxion; j'en arrivai ù prt férer ce dernier médicament, qui, à cet égard, m'a rendu h plus grands services. Puis, partant de ce fait, que les poussé*^ de la peau, généralement désignées sous les nomsd'érylh&mtri simples, d'érjihèmes noueux, d'urticaires, d'eczémasaigus.etc avaient, de même que les (luxions articulaires, une origine nerveuse, je fus conduit h leur opposer le même moyen, et ne lardai pas à les voir disparaître comme ces dernières. Qu'il j ail des médicaments plus efficaces, je n'en doutp pas.

TRAITEMENT IlE l/HERPÉTISME. 39

jiisqu'aii jiiur où ils seront connus, l'antipyrine me paraît devoir èire utilisée dans cps conditioDs. Toujours poussé par le même raisonnement, j'en arrivai à traiter de la m^me far,on certaines phlébites aigués, à début brusque et spontané, sinon occasionnées par une fatigue. Ces phlébites, qui en effet apparaissaient sans cause connue, chez des herpétiques, étaient précédées et accompagnées de souifrances tellement vives que l'on était conduit à leur attribuer une origine névropathique et à les rapprocher des poussées articulaires et cutanées obsei'vées chez les mêmes malades. Or, l'observation ne tarda pas à m'apprendre que j'avais raison, car sous l'inlluence de l'anlipjTine, les douleurs intenscè accusées par nos malades cessèrent rapidement, le travail inllammatoire des parois veineuses s'améliora manifestement, le caillot sanguin seul persista pendant un certain temps avant d'être entièrement résorbé.

Dans toutes ces conditions, l'antipyrine, comme la quinine, doit être prescrite à dose massive et suffisante; j'ai reconnu depuis longtemps déjà qu'elle ne pouvait être moindre de

3 grammes chez un adulte, lorsqu'il s'agissait de combattre Jes poussées articulaires accompagnées de douleurs un peu intenses; souvent même il m'a fallu aller jusqu'à 3b',S0 et

4 grammes, sans avoir k déplorer le plus léger accident. Certes, il n'est pas toujours nécessaire d'atteindre cette dose, cependant il ne faut pas abandonner le médicament, s'il est bien supporté, avant d'y être arrivé. En résumé, la quinine et l'antipyrine sont les agents qui, d'après notre expérience personnelle, combattent le mieux les affections de la première période de l'herpétisme. qu'elles aient pour localisations les cordons nerveux, les téguments, les articulations, les veines, etc., pourvu qu'il n'existe pas de désordres matériels des éléments ou des tissus alTectés.

C. — Ce n'est donc pas au salicylate de soude que nous avons recours, lorsqu'il s'agit de combattre les poussées articulaires de l'herpétisme : et cela se con(;oit, puisque ces poussées Be sont pas de même nature que celles du rlmmalisme arlicu-

TRAITÉ DE THÉRAPKtJTIQCE APPLIQUÉE.

lairc franc, aigu, aux manifestations duquel cet agent convient I parfaitement. Son efficacité, dans le rhumatisme chrnnique, n'étant jamais à la hauteur de celle de l'antipyrinp. maigri'' des doses de o à 6 grammes, pour ce motif, nous en faisons un agent d'attente, de second ordre, pour ainsi dire. Aussi, lorsque l'antipyrine a manqué son effet, ou mieux lorsque les poussives articulaires se renouvellent pou de jours après avoir cessé, nous conseillons la quinine d'abord et, s'il y a Heu, nous recourons ensuite à l'emploi du salicylatc de soude. Une jeune femme (le vingt-deux ans qui, depuis deux mois, était reprise de douleurs, malgré l'antipyrine, fut tout récemment soumise par nous à une forte dose de quinine qui la remit tout h fait bien au bout d'une huitaine de jours; mais, si ce médicament n'eût réussi, nous n'aurions pas manqué de prescrire le salïcylate de soude.

D, — La teinture de semences de colchique, la rolrhicine, substances si vantées contre les attaques dites de goutte aiguë qui ne sont que des poussées circonscrites, de même nature que celles du rhumatisme chronique, ont, en réalité, leur utilité, dans quelques circonstances, lorsque l'excitation nerveuse est gninde, la douleur vive, le pouls accéléré; maïs leur action eu général est inférieure à celle de l'antipyrÎDet dont l'emploi est d'ailleurs moins dangereux. C'est encore •! sans aucun doute par l'intermédiaire du système nerveux quai ces substances parviennent à modifier les accidents en question, en sorte qu'elles se rapprochent de l'antipyrine par leur mode I d'action. Les drastiques, par contre, qui s'adressent unique- 1 ment au tube digestif, ne nous ont pas paru avoir une efficacilA réelle dans ces conditions, si ce n'est lorsqu'il s'agissait d'éruptions cutanées aigués.

E. — Le bromure de polassium ciV opium, en diminuant l'intensité de la douleur, modèrent les migraines, les névralgies, les douleurs articulaires des herpétiques, etc.; mais ces moyens n'ont pas, comme ta quinine et l'antipyrine, la propriétâ d'annihiler la soufTrance et de s'opposer à son retour. Ce sont de simples adjuvants, mais qu'il faut se garder de négliger

TRAITEMENT DE I/HERPftTISME. 4i

lorsqu'il s'agit de modifier l'excitabililé nerveuse el de procurer du sommeil. Leur uliiiU^ est manifeste, comme du reste celle de l'antipyrine dans l'asthme el la glycosurie des herpétiques ou diabète gras, qui sont un simple dérangement de la nutrilion gi^nérale dépendant d'un trouble du système nerveux, bii-n qu'ils n'arrivent pas à les combattre définitivement.

Tous ces agents du reste et quelques autres, parmi lesquels il faut citer le chloral, la belladone, la jusqitiame et leurs alcaloïdes, trouvent leur emploi dans la première période de rherpi^lisme. tant qu'il no s'agit que de manifestations douloureuses, convulsives ou vaso-motrices, provenant d'un désordre purement dj-naraique du système nerveux. Plus tard, lorsque surviennent les troubles trophiques du cuir chevelu, des ongles, des articulations, des aponévroses, des veines et des artères {calvitie, arthrites sèches, ostéophytes, rétractions tendineuses ou aponévrotiqucs, varices veineuses, artériosclérose, etc.), ilest nécessaire de recourir à d'autres moyens, de même quedans le paludisme, lorsque les lésions scléreuses des organes, foie, poumons, etc., succèdent aux poussées congestivps de la période fébrile. La quinine et l'antipyrine, dont l'action est si évidente dans la première phase de l'herpétisme, restent, en effet, sans efficacité dans la seconde, tandis que l'iode, l'iodure de potassium et peut-être aussi le mercure, en raison de leur action sur les tissus jeunes de substance conjonctive, se trouvent tout indiqués.

F. — L'iode et les iodttres administrés d'une façon suivie, à une dose convenable, tant que les éléments embryonnaires de formation osseuse ou conjonctive ne sont pas définitivement organisés, produisent en réalité des effets remarquables, qui prouvent bien que ces médicaments n'agissent pas uniquement, comme on le croit encore trop aujourd'hui, sur les désordres syphilitiques, mais sur la plupart des lésions scléreuses à leur début; car, s'ils font cesser plus rapidement les manifestations spécifiques, c'est simplement à cause de leur tendance naturelle à se résorber spontanément. Toujours, en effet.j'ai vu l'iodure de potassium, à la dosede 2 à 4grammes,

amener la résolution quelquefois rapide J'osWophj'tes réconts, ' de corps étrangers articulaires et même de scléroses tendî- | neuses ou aponévrotiques en voie de formation. C'est pour-l quoi nous considérons l'iodure de potassium comme l'agent J propre à faire disparaître les reliquats des poussées articu- i laires dans le rhumatisme chronique, excepté toutefois dans I la forme déformante progressive. Parlant de ce fait, il nous a i paru que ce même médicament pouvait être utile dans l'ar- I tério-sclérose, constituée par la multiplication des éléments de J l'endartère, et c'est ce que nous avons pu constaler, quand j nous l'avons prescrit assez tôt, c'est-a-dire au cours de titl période embryonnaire de cette lésion. Si l'on attend qne leJ tissu de nouvelle formation soit définitivement organisé, qn'ïl j ait allongé, élargi ou dilaté les vaisseaux, après avoir atrophié J les tissus élastiques, le médicament reste forcément sans efficacité. Ce fait, malheureusement, n'est pas toujours bien com- 1 pris; aussi, m'arrive-t-il parfois de sourire en entendant des I médecins éminents annoncer qu'ils ont réduit ou guér! un I anévrj-sme par l'emploi de l'iodure de potassium, et conclure! de I& que cet anévrysme avait une origine syphilitique. Une 1 pareille conclusion est sans aucune valeur, attendu qu'il est I impossible de guérir un anévrysme par une médication interne, I pas plus que d'amener à leur calibre normal des artères oui des veines dépourvues de leur membrane élastique. J'accepte 1 encore assez volontiers une thérapeutique empirique, quand I je ne puis faire mieux; mais au moins, qu'elle ne soit pafll en contradiction avec les données de l'anatomie et de la phy-' siologie pathologiques.

L'action de l'iodure de potassium, daus la première j phase des pmcessus trophiques, qu'il s'agisse de lésioas] articulaires, aponévroliqucs, veineuses ou artérielles, estV indiscutable, mais son emploi est surtout utile dans rartéri«>-l sclérose, qui, par ses effets funestes sur d'importants viscôres, est l'accident le plus redoutable de l'herpétisme. Ce médicament J est généralement prescrit, lorsqu'il existe de l'hypertrophisJ cardiaque, de ralbnmiuurie, des désordres encéphaliques ;J

TIIAITEMKNT DE I/nERPÈTISHE. M

mais, sans nier qu'il ne puisse encore être utile, à ce oiomeni, il est bien évident que cette intervention est tardive et qu'il eût mieux valu agir plus tût. 11 convîeut do traiter l'artériosclérose avant qu'elle ait modifié les organes, mais pour cela il faut mettre de côté l'idée fausse que ce désordre est une affection séni le et savoir qu'il débute à un âge peu avancé de la vie, le plus souvent entre quarante et cinquante ans, quelquefois aussi entre trente et quarante ans. Je n'ignore pas, qu'à cette époque, l'artério-sclérose offre fort peu de signes et que, pour arriver à la dépister, il est nécessaire d'avoir une connaissance approfondie et exacte des nombreuses manifestations de la maladie qui lui donne naissance. A l'aide de cette connaissance, il devient facile de prévenir cette affection; car, sachant qu'elle menace spécialement les personnes atteintes des phénomènes de l'herpétisme, il suffit d'examiner avec soin ces personnes pour la reconnaître assez tôt, La mesure de la tension artérielle est sans doute, à cet égard, un signe d'une grande valeur, mais sa constatation exacte est diflicile à l'aide des instruments connus; heureusement, la résistance du pouls, un commencement d'hypertrophie cardiaque, et surtout la polyurie nocturne, sont des signes qui laissent peu de doute sur l'existence de ce tiésordre artériel. Un autre élément de diagnostic n'est pas à négliger, c'est la recherche des antécédents de famille, puisque l'artério-sclérose est une allection essentiellement héréditaire, et enfin celle des affections concomitantes et antérieures.

L'existence ou simplement la possibilité de l'artério-sclérose une fois reconnue, quel que soit l'âge de l'individu, it ne faut pas hésiter à prescrire l'iodure de potassium, non pas pendant un ou plusieurs mois, mais pendant une année et plus, avec des intervalles de repos de huit à dix jours, chaque mois, pendant lesquels on administre un ou deux purgatifs. De cette façon, il est quelquefois possible d'arrôter la marche de l'endarlérite et d'éviter ses conséquences lâcheuses. Toutefois, en présence d'un jirocessus aussi redoutable, les plus

U TRAITlî DE TH15RAPEUT1QUE APPLIQUÉE.

grandes pri^Ciiutions sont nécessaires, et, la plupart du temps, je conseille, avec l'emploi de l'iodure de potassium, un traitement hydroth^rapique. L'iode n'est sans doute pas moins efficace, et Lasfsgue, s'était bien trouvé de l'emploi contre le rhumatisme chronique de sa teinture à la dose de 8 à 10 gouttes jusqu'à celle d'un gramme et plus dans de l'eau isucrée ou un peu de vin d'Espagne au moment des repas; il y aurait certainement lieu d'y avoir recours dans rarl(''rio-sclérose, si l'iodure de potassium était mal support)^ ou ne donnait pas les eiïets attendus.

G. — ^L'flrsff/Kc est, après l'iode et l'iodure de potassium, lemédic-ament le plu.s souvent employt^ dans le traitement des manifestations de l'herpétisme. II a été préconisé contre l'arthrite déformante du rhumatisme chronique par Bardsiey, Begbie, Fuller et Otirrod en Angleterre, par Guéneau de Mussy et Beau en France, Bardsiey s'en servait pour combattre les lésions des grosses articulations, tandis que les autres auteurs en usèrent de préférence dans le traitement du rhumatisme noueux. Charcot pense que cette médication reste sans effet, si elle n'est nuisible, dans les cas très invétérés de r huma- < tisme noueux et lorsque cette afîection survient à un âge avancé. Nos recherches nous ont appris que les préparations arsenicales, inefficaces contre les ostéophytes des extrémités osseuses et les corps étrangers articulaires, ont au contraire une certaine action lorsque la synoviale et les ligaments sont particulièrement affectés, de sorte que ces préparations auraient leurs indications comme l'iodure de potassium, et qu'il serait avantageux de les prescrire simultanément dans certains cas.

La lîqueurde Fowlcr, à la dose de 4 à (» gouttes deux fois par jour, h la tin des repas, est, avec la solution d'arséniate de soude, la préparation qui mérite la préférence. Ce médicament ne présente aucun danger à une faible dose; néanmoins il faut savoir que certains malades le supportent mal, et ne peuvent prendre plus de a à 6 gouttes de cette liquear ' sans avoir une diarrhée abondante et douloureuse. Il m'a

TRAITEMENT DE LHERPKTISME. 45

fallu, i pliisipurs reprises, en cesser l'emploi dans ces condiliona, où d'ailleurs il était inefficace.

L'un des premiers etrctsdcs préparations arsenicales, lorsqu'elles sont supportées, est de rtWeiller, comme l'iodure de potassium, les douleurs, de les exasp(^rer mPnie dans quelques jointures, et de produire parfois du gonflement là o(i il n'en existait pas auparavant, à teJ point qu'il devient nécessaire de suspendre momenliinémenl leur emploi. Mais en général, la tolérance s'établit au bout de quelques jours, et l'on peut élever progressivement les doses.

Les lésions articulaires ne sont pas les seuls désordres auxquels s'adresse l'arsenic. Cette substance trouve plus spécialement son indication dans les affections herpétiques de la peau et des membranes muqueuses; aussi esl-ellc utilement employée contre la plupart des éruptions prurigineuses chroniques ; érythémateuses, vésiculeuses ou squameuses. Son action, qu'il n'est pas possible de mettre en doute, s'établit vraisemblablement par l'intermédiaire du système nerveux, rar il n'est pas rare de voir le prurit céder tout d'abord à son înilucnce, après quoi la lésion cutanée s'efface et disparaît peu à peu. L'angine granuleuse, la laryngo-trachéite et les bronchites chroniques, quoique moins sensibles & l'aclion de ce médicament, finissent néanmoins par s'améliorer à la suite d'un traitement prolongé.

L'iode et l'arsenic sont en tout cas des substances à l'aide desquelles on parvient à modérer, sinon à faire disparaître, un certain nombre de désordres matériels liés à l'herpétismcMais à côté de ces substances, il en est d'autres qui, sans avoir une action aussi directe, ne sont pas moins utiles en tant que médicaments adjuvants. De ce nombre sont l'huile de foie de morue, très avantageuse lorsqu'il existe une complication pulmonaire, et, d'une façon générale, la plupart des médicaments Ioniques, dont l'emploi se trouve indiqué toutes les fois que l'organisme est anémié ou débilité. Le fer réduit par VhydTùgéne. le citrate df fur ammoniacal, sont à cet égard de bonnes préparutions; mais il importe de faire remarquer que

40 TUAITK DK THKRAPEUTIQUE APPl.IQL'I^E.

ces niédicaniL'nts sont contre-indiquiîs toutes les fois que l'e: tomac fonclionrip difticilcmeiil et qun le système nerveux t trouve sur(>xcît(5. Dans maintes circonstances, en elFet, nous avons constaté que leurs elVets étaient plus nuisibles qu'utiles.

II. — Les alcalituf, d'aborddii'i^és contre les manifestations de lu goutte, sont plus lard tombas dans le domaine de la thérapeutique du rhumatisme chronique et du rhumatisme aigu, maladie identilii^e il tort avec la podagre. L'ne idée purement théorique a présidé il l'atlministratinn de ces agents et a fait leur succès : convaincus qm- l'acide nrique est te résultat (l'une combustion insuffisante, les médecins ont recommandé le bicarbonate de soude afin d'activer la nutrition et les combustions, pensant s'adresser à une cause tandis qu'ils ne combattaient qu'un eiïet. Le passage de l'acide urique dans l'urine dos goutteux et des herpétiques est bien, en réalité, la conséquence d'un désordre nutritif; mais ce d(*sordre est subordonné à l'action du système nerveux, en sorte que c'est à ce système tjue logiquement doit s'adresser la médication. A cet effet, l'hydrothérapie, le régime et l'cxereice musculaire sont les meilleurs moyens d'action, comme nous avons pu nous en rendre compte dans maintes circonstances. Est-ce & dire cependant que la médication alcaline soil sans utilité? Tel n'est pas notre avis, car nous la conseillons toutes les fois qu'il existe du sable, el à plus forte raison de la gravellc dans les urines. Nous prescrivons alors le bicarbonate de soude & la dose de 1 gramme à l^.SO, associé à riO centigrammes de carbonate de lîthitiei^ chacun des deux repas, en même temps que nous faisons prendre chaque matin un verre d'eau de i Vichy (Célestins), Plus loin, nous parlerons de l'utilité du 1 bicarbonate de soude, à propos du régime et de la dyspepsie.

I. — Les préparations hahamiz/ues, fréquemment employées h l'intérieur pour comballre les alTections dartreuses intomes ou externes, et plus spécialement ilirigées contre la trachéobroncbito, la laryngite et lu bronchite chroniques, ont passé pour exercer une action favorable non douteuse, par leur élïmiaution à travers les voies respîraloires; mais il me faut

TRAITEMENT DE L'HERPETISMI". M

avoULT qui' cet avantage ne m'a jamais paru certain, el je continue à nie demander si la nit^dication balsamique a réellement quelque utiliti^. Au reste, les bronches et la trachée n'éliminent pas les substances balsamiques; ce sent seuioraenl les vi^sicules pulmonaires, et pour ce motif sans doute ces substances sont avantageuses, surtout dans les cas de gangrène des extrémités bronchiques.

Les mêmes substances ont été. expérimentées dans quelques affections cutanées: Biett s'est servi de la créosote, Hardy du baume de copahu. D'autres médecins ont fait usage de la térébenthine cuite et de l'essence de térébenthine; mais presque tous, malgré des succès apparents, ont renoncé à ces médicaments qui, pris à l'intérieur, déterminent de la gastralgie et parfois des diarrhées rebelles, sans résultats appréciables ou sérieux. Ces substances pourtant, employées comme topiques, ne sont pas sans utilité, car Dazin s'est bien trouvé de l'huile de cade dans plusieurs aircctions cutanées rebelles et surtout le psoriasis.

L'hydrothérapie dans l'herpétisme.

L'hi/iiiol/iémpie, dont l'indication est fi.ii'mel!e dans la première période de l'herpétisme, trouve encore son application dans la dernière, ce qui se conçoit, puisqu'elle est un des grands modéra teui's du système nerveux, et que les manifestations de cette maladie sont intimement liées à l'état de ce système. La plupart de ses manifestations se trouvent bien, Pn effet, de l'emploi de l'hydrothérapie, particulièrement celles qui intéressent les racullés mentales, etqui soûl {généralement désignées sous le nom de phobies ; celles, non moins importantes, qui leur font ordinairement cortège, et qui ont pour siège le système nerveux abdominal : dyspepsies llatulente ou acide, états gastriques saburraux, etc. Pour combattre ces manifestations, il m'arrivait de conseiller, autrefois, l'usage des

48 THAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE APPLIOUÉE.

douches écussaiscs ; mais, depuis lors, il m'a paru démontré quo I les douches froides Irèa courtes, lorsqu'elles sont bien données et n'empêchent pas le sommeil, constituent le meilleur I traitement qu'il soit possible d'opposer à ces affections. Les | faits extrêmement nombreux que je possède sont des plus pro- ] bants sur ce point, et, comme la plupart des dyspepsies flatu- J lentes et acides, indépendantes de tout écart de régime, se lient'l à l'herpétisme. il faut reconnaître que l'hydrothérapie est frô- J quemment indiquée dans cette maladie. Ce moyen toutefois i n'est réellement utile qu'à la condition d'être continué pendant plusieurs mois successifs ou même pendant des années, car il s'agit de modifier un système nerveux naturellement i mal équilibré, un tempérament, une constitution défectueuse.

L'hydrothérapie n'est pas moins utile pour éviter le retour I des poussées articulaires, qu'elles revêtent la forme de rhumatisme chronique ou de goutte, comme aussi pour prévenir, ' chez les personnes qui y sont prédisposées, les bronchites répé-J tées et l'emphysème du pou mon. La prosciiption de l'hydrothérapie chez les rhumatisants chroniques et les goutteux est 1 une erreur thérapeutiquedes plusfàcheuses, attendu que l'eau j froide, qui s'adresse au trouble nerveux dont dépendent les i lésions articulaires, est le meilleur moyen de prévenir cesJ lésions et, dans quelques cas, de les combattre. Depuis plu-l sieurs années, en effet, nous avons eu à nous féliciter desbonfll effets des douches écossaises, et surtout des douches froidefrd dans le traitement de ces afTectiuns, et, si parfois nous donnoni la préférence aux bains turcs, c'est uniquement lorsque les ar-l ticuiations sont déformées et douloureuses; aussi, fft)son»< I nous de l'hydrothérapie, si on veut bien nous permettre unfti expression démodée, Ip plits grand des anti-goutteux; c'est fl effet le meilleur moyen d'éloigner les poussées articulaires ai-1 guËs et d'en préserver l'organisme.

L'efticacité de ce moyen n'est pas plus contestable en cal qui concerne les bronchites liées à l'herpétisme. (Voir, pour les! caractères de ces bronchites, notre Traité de Cherpitisme^^ Paris, 1883, et la thèse d'un de nos élèves, le D' Goilaw, Paris, J

TRAITEMENT DE I.FrEIlPÊTISME. 4(1

ISSy.) Nos observations sur la matière sont des plus probantes, car dans tous les faits où nous avons eu l'occasion de l'employer, elle a étf^ suivie des meilleurs résultats, et cola, non seulement dans des bronchites datant de quelques mois, mais encore dans des broncliites rebelles d'une durée de plusieurs années, même accompagnées d'emphysème, et parfois d'un commencement de dilatation, de cyanose et d'un léger degré d'œdème des pieds.

(Joe dame, âgée de cinquante ans, obèse, se trouvant dans CCS conditions, me paraissait devoir succomber à bref délai ; sa crise de bronchite une fois terminée, il en survenait une autre, et elle était arrivée à un point d'essoufflement tel, qu'elle ne pouvait plus avancer et que ses lèvres et ses extrémités étaient fortement cyanosées. C'est dans cette situation grave, après avoir usé de la quinine, des vésicatoires et des expectorants, que je l'engageai à se soumettre à un traitement prolongé par l'eau froide, c'est-à-dire à prendre chaque jour une douche suivie d'une forte friction. Dans l'impossibilité de marcher, à cause de son embonpoint et de son essoufllement, elle dut prendre une voiture pour aller à l'établissement bydrothérapique et en revenir, puis peu à peu la toux et l'oppression diminuèrent, et, deux mois plus tanl, cette dame put se rendre à pied à la douche, qu'elle continua pendant six mois. Au bout de ce temps, elle avait perdu une dizaine de kilos, marchait facilement, montait son escalier sans grande difriculté.etallait passer deux mois à la campagne. A son retour, elle reprit l'usage de sa douche quotidienne, passa un meilleur hiver, toussa au plus quinze jours en deux foisdifTérenteset fut rapidement débarrassée par l'emploi de la quinine. Aujourd'hui elle a perdu une vingtaine de kilos, marche facilement et, après vingt mois de traitement, vient de passer l'hiver sans s'enrhumer une seule fois; elle a pu, au coui-s des grands froids, faire un voyage à Cologne, alors que les hivers précédents elle ne sortait jamais de chez elle.

Une autre dame d'une trentaine d'années, atteinte d'une bronchite datant de plus d'une année, vint me consulter, en

SO riUlTK DE THERAPEUTIQUE APPLIQUEE.

me disant qu'on l'envoyait à Nice pour une toux suspecte; 1 après l'avoir examinée avec soiu, sans avoir pu constatera l'existence certaine de tubercules pulmonaires, etavoir reconauf qu'il s'agissait simplement d'une bronchite herpétique, jeJ conseillai l'bydrothi^fapie. Mon confrère le D"" Keller, auqiiel'l je l'adreasiai, h^-sitait à la soumetti-o à ce traitement. Aprfes lai sixième douche, cette dame vint me demander si elle devait, continuer, et, comme elle ne se plaignait pas et dormait biCQ^j je lui assurai qu'elle avait tout intérêt à le faire. Très peu de! temps après, elle cessait de tousser, et, six mois plus tard, eWv jouissait d'une sanli5 parfaite, reprenait l'embonpoint (]u*e avait perdu avant le traitement, et depuis quatre ans, elle n s'est pas enrhumée une seule fois.

Le 15 janvier dernier, au plus fort des froids de l'hivorJ une de nos grandes chanteuses s'adressa à moi, dans le bul de savoir ce qu'elle devait faire pour se débarrasser d'um toux qui datait de doux ans et n'avait pu céder t aucun remède. Je lui prescrivis de la quinine, pendant quelques jours, et l'engageai à prendre des douches froides, ce qu'elle St, même lorsqu'il y avait 12" de froid. Elle cessa de tousser à la sixième douche; depuis lors elle va bien, et la voix. qtU laissait à désirer, lui est revenue.

Un grand nombre de faits du même genre, observés par mo] depuis plusieurs années, ont apporté dans mon esprit la coi viction que l'hydrothérapie est l'un des moyens les plus e(ï caces contre les bronchites herpétiques anciennes et rebelles quand surtout elles sont accompagnées A'empinjsème, car cetf complication, comme on le suit aujourd'hui, est l'elFcl d'o trouble trophique des poumons. Il ne m'a pas été donné d'en ployer ce moyen contre l'asthme, mais il y a dos raisons sé-^" rieuses do croire à son utilité dans cette alTection si tenace et si rebelle parfois, et d'ailleurs l'eau froide n'est-elle pas un des plus puissants agents k opposer aux troubles dynamiques du système nerveux, comme à tous les désordres qui en sonl la conséquence? C'est pourquoi nous croyons k son efficacité, dans la plupart des dermatoses herpétiques prurigineuses qui

THAITEME>'T DE t.'HEHPÉTISME. Bl

uni une origine névropathique. L'expérience a ddjà pari»? sur ce point, aussi je ne doute pas que l'hydrothérapie ne soit. un jour, eoiisidér(!'c comme l'un des meilleurs moyens de débarrasser l'oi^nisme de ces affections rebelles.

La douche n'est pas le seul mode de traitement par l'eau froide : des bains de rivière de trois ii cinq minutes ou même des bains froiils de moins d'une minute, si une réaction suffisante s'opère à leur suite, peuvent avoir des avantages stJrieux dans les aflectioiis qui nous occupent. Les lotions froides, au moment du lever, à l'aide d'une grosse éponge imbibée d'eau à lu lenipéralure de la chambre, additionnée d'eau de Cologne ou d'alcool, et passée sur tout le corps, après avoir été exprimée, est une pratique que je ne cesse de recommander dans de nombreuses circonstances, et surtout quand l'état du système artériel et du cœur vient contre-indiquer la douche fi-oide. Ce moyen, en apparence insigniTiant, mais renouvelé chaque jour, pendant des années, a toujours été suivi d'excellents résultats; et d'ailleurs il habitue nos compatriotes,' remplis de préjugés vis-à-vis de l'eau froide, à moins redouter son action et les rend moins aptes à contracter des bronchites. Les Romains, au point de vjie de l'eau froide, étaient de beaucoup nos supérieui-s, comme d'ailleurs les Grecs dans les exercices gymnastiques. Ces pratiques de nos anciens, par trop oubliées, mériteraient certainement une plus grande faveur parmi nous.

Traitement hydro-minéral et climatologigue de l'herpétiBme.

A. Ean3- niinémles. — Les eaux, que tes Romains savaient uliliser, ont été, plus tard, entièrement abandonnées; rentrées dans nos bonnes grùces, on peut dire, sans exagération, qu'il y a aujourd'hui un engouement excessif à leur égard. Certes, loin de moi l'idée de contester l'efficacité des

eaux minérales bien appliquées, mais l'on me permettra de ' faire observer qu'une trop grande importance esl donnée & leur composition chimique cl que leur action physique est par . Irop négligL^e. CeHe-ci est de beaucoup la plus utile; je suis d'avis que les effets de ces eaux rfeultent particulièrement de leur température, de leur mode d'administration et de leur situation géographique. A ce point de \*ue. les eaux minérales se classent naturellement sous deux chefs : les eaux froides et , les eaux chaudes. L'action des eaux froides ne difft^re pas sensiblement de celle de l'eau ordinaire thérapeutîquement employée; aussi ces eaux n'ont-cUes que fort peu d'indications chez les herpétiques, à moins de la nécessité d'une cure d'air. Il n'en esl pas de même toutefois des eaux chaudes, dont les avantages sont incontestables dans un certain nombre de cas. , Pourtant, il ne faut pas oublier que les eaux minérales sont de simples moyens adjuvants, utiles seulement dans les cas , où le médecin sait en faire un choix judicieux, et l'on doit | regretter que l'habitude et la routine soient les principaux guides en pareille matière, faute de connaissances précises sur j les manifestations et l'évolution des maladies, celles de l'herpétisme en particulier.

L'indication des eaux minérales, comme celle des agents \ thérapeutiques, varie nécessairement suivant que l'herpétisme , est dans la phase des désordres fonctionnels ou dans celle des ^ lésions matérielles. Si, dans la première de ces phases, il s'agit ] surtout de modérer l'action désordonnée du système nerveux, dans la seconde il y a 'de plus à combattre des allérations da tissus et d'organes. Dans la période des désordres simplement 1 dynamiques, le choix du médecin doit porter spécialement sur J des eaux peu minéralisées et dans lesquelles l'hydrothérapie ■{ joue le principal rrtie; telles sont les eaux de Plombières, j Ntris, Bains, Luxeuil, Bourbon-Lancy, etc. Ces eaux sont en i effet bien supportées, malgré la susceptibilité ner\'euse excès- I sive des personnes auxquelles elles s'adressent. Leur action^ associée aux avantages qui proviennent du changement d'air, • de l'absence de préoccupations et de l'éloignement des affaires,

TRAITEMENT DE LHERPÉTISME. ôi

produit en général d'excellents résultats. Les névralgÏL's, la dyspepsie, les palpitations, la diarrhée, la constipation même, et beaucoup d'autres désordres se trouvent également bien de cette médication, alors que tout autre traitement restait sans

Si, en même temps que ces désordres, il existe une^némie proDoncée, les eaux minérales renfermant une faible quantité de fer. telles que celles de Forges, Spa, Schwalbach, etc., pourront être préférées. Cependant, n'oublions pas que les herpétiques, en raison de l'état do leur système nerveux, supportent mal les préparations fernigineuses. Si, au contraire, un certain degré de lymphalisme venait s'ajouter à l'herpélisme, l'indication serait plutôt pour les eaux faiblement chlorurées, comme celles de la Boiirbonle, Saint-Neclaire. ffourbon-CArchambaiiif. etc.

Ces diverses stations conviennent encore dans la phase des lésions matérielles de l'herpétisme, lorsque ces lésions sont peu avancées; mais beaucoup d'autres sources ont été préconisées en vue de combattre ces désordres, au point qu'il n'est peut-être aucune eau minérale qui n'ait été conseillée. Dans ces conditions, on comprend qu'il n'existe pas d'indications précises de l'emploi des eaux thermales dans l'herpétisme avancé, et il n'y a pas lieu d'en être surpris, puisque le trait d'union des désordres multiples qui se rapportent à cette maladie a toujours fait défaut. Par conséquent, il est facile do concevoir que les médecins des établissements thermaux en arrivent à croire que l'eau de la station, à laquelle ils sont attachés, est propre à guérir toutes les maladies.

Pour apporter un peu de lumière dans une question aussi controversée, il est nécessaire de jeter un coup d'aûl sur les principales stations d'eaux minérales généralement conseillées dans la maladie qui nous occupe, quel que soit le nom qu'on lui donne, cl d'en discuter les indications et les contreindications.

Los eaux stiifarenses mi-r'ûent tout d'abord notre attention, car plusieurs auteurs leur ont attribué une action spécifique ;

;iV TRAITÉ DE THKRAI'EUTIQUE APPLIQUEE.

mais c't'st exagérer les effets de ces eaux, qui n'ont qu'un faible pouvoir sur l'état constitutionnel des herpétiques. Levir ' action topique, due tout à la fois aux propriétés excitantes du soufre et de la themialité, ost plus importante. Sous l'inlluence de ces eaux, qui trouvent de puissants auxiliaires dans les conditions climatériques du milieu ambiant, la nutrition et rassiraîlalion deviennent plus actives, les fonctions s'exécutent avec plus d'énergie, et le malade traduit en général ce qu'il éprouve en disant qu'il se sent plus de vie. Les fonctions do la peau sont stimulées, la transpiration est plus abondante et plus facile, les lésions cutanées s'cxaspfrent ou s'étendent; elles reparaissent, si elles étaient supprimées. Les malades ressentent des démangeaisons, et sont exposés il des lésions de diverse nature, telles qu'érytliémes, urticaires, lichens, furoncles, généralement désignées sous le nom de poussées (Guenoau de Mussy).

Celte stimulation se manifeste d'un-? manière plus marquée là où existent des foyers d'irritation qui lui font appel : ainsi, chez les sujets atteints d'angine granuleuse, la mcm- | Iirane pharyngo-laryngienne, écrit N. Gueneau de Mussy, de- '. vient plus rouge, les granulations sont plus saillantes, la sécrétion muqueuse est augmentée ; les malades accusent des j sensalions incommodes de chatouillement, de picotement, d'ardeur à la gorge ou au larynx, qui retentissent quelquefois i sur la trompe d'Eustache, et, d'autres fois, sont accompagnées de gène dans la déglutition.

Les tumeurs hémorroïdales se gonllenl, Huent parfois cl J donnent lieu à de vives sensations de prurit et de cuisson; ] les articulations se tuméfient, deviennent douloureuses et rou- 1 gissent. Ainsi l'eau sulfureuse, par la stimulation del'orga-l nisme, donne une sorte de coup de fouet aux manifestations! de l'herpétisrae, les rend plus aiguës et. de la sorte, les modi-l fie et favorise leur disparition. Mais cette exagération des phénomènes morbides n'est pas indispensable à la guérison; celle- I qi s'opère souvent sans a^ravalion des symptômes, par amélioration graduelle et cessation insensible.

THAITKMENT DK l."H EHPKTISHn. 55

Les eaux sulfureuses sont administrées en boisson, à doses progressives, en bains et en douches. La dose de la boisson varie depuis un demi-verre jusqu'à deux, trois et môme quatre verres, suivant les conditions d'excitabilitC' nerveuse du malade et Total des poumons. Les bains cl les douches peuvent être donnés tous les jours ou tous les deux jours. Les douches locales dans le pharynx et les fosses nasales, la pulvérisation de l'eau, l'inhalation de vapeurs sulfureuses, sont autant de procédés qui ont leur indication dans les alleclions des voies aériennes.

Les stations thermales des Pyrénées ; Eaux-Bonnes, Cauteretf. Luchon. etc., les deux prcmifres surtout, doivent obtenir la préférence, tant à cause des qualités propres de leurs eaux que de l'altitude el du milieu ambiant. C'est là que vont se faire soigner la plupart des herpétiques atteints d'alTeciions de la peau et de la membrane muqueuse des voies aériennes, qu'ils aient ou non des accès d'asthme. Quand, au contraire, ces malades présentent des lésions articulaires, ils sont dirigés sur Aix-en-Savoie, bien que ce choix ne soit légitimé par aucune considération sérieuse, si ce n'est peut-être la thermalité élevée de ces eaux ; Saint-Honoré sera, prétéré pour les personnes très nerveuses qu'il faut éviter de surexciter et pour celles dont le système artériel est déjà atteint. Uringe et Alievard ont une réputation faite au point de vue de quelques déterminations locales : la première de ces stations thermales a la spécialité des affections cutanées, la seconde celle des affections laryngo-trachéales et bronchiques. 11 ne faut pas oublier cependant que l'cflicacité des eaux sulfureuses est loin d'être assurée dans l'herpétisme, que souvent ces eaux rendent les malades plus excitables et plus nerveux, que parfois même elles sont dangereuses, principalement lorsqu'il existe des lésions du système artériel ou du ca-ur. Dans ce cas, elles peuvent provoquer des accidents sérieux et mi^nie contribuer à amener une mort rapide ou subite.

Certaines affections dépendantes de l'herpétisnie, uniquement à cause de leur siège particulier, sont traitées dans des

:ifj TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE.

Stations thvrtnales spéciales; ainsi la plupart des médecins ] recnnimandont Vichy pour fa dyspepsie, le Mont-Dore pour ] l'aslhme, BagnoIs-de-rOrne pour la phK'bite, Royat pour les ] bronchites. Aix-la-Chapelle pour les afîections articulaires, et Loëche pour celles de la peau. Cette manière de faire résulte de ce que, faute de connaître le lien qui réunit les alTcctinns, on en fuit autant d'unités pathologiques devant avoir chacune ' un traitement à part. Mais, si certaines localisations pri^domi- , nantes sont de nature à déterminer le choix d'une station de préférence à toute autre, il importe de ne pas oublier qu'ao fond tous les désordres engendrés par l'hcrpétismo ont une , même origine et peuvent s'amender sous l'intluencc d'une \ môme thérapeutique. En somme, l'indication de la préférence { à accorder à telle eau minérale plutôt qu'à telle autre rcpusc, dans l'espèce, sur la nature des troubles de l'innervation rt 1 des lésions matérielles qui en sont la conséquence. Régula--! riser le fonctionnement du système nerveux et favoriser ls.| résolution des lésions trophiques, tel est le double but ij atteindre. Un grand nombre d'eaux minérales peuvent contri- 1 buer h ce résultat, et. partant, on s'explique comment la plupart des médecins hydrologues ont pu vanter l'efficacité, dans J le traitement des manifestations de l'herpétisme, de la sta- \ tion à laquelle ils se trouvent attachés.

B. Bahis (le mer. — Le déplacement est un besoin ponrl'her- J pétique, et souvent un moyen d'amélioration cl de guérison 1 des souffrances qu'il endure; mais c'est à la condition quel l'on saura lui indiquer le milieu le plus approprié à cette lia. 1 L'état de la science sur ce point particulier est assez peu fixé, et, le plus souvent, les malades sont envoyés aux bains de mer, lorsqu'ils ne se rendent pas dans un établissement thermal. 1 Cependant, les stations maritimes, et particulièrement ccllesl de la Méditerranée, où soufflent tantôt le mistral, tantôt lfti| sirocco, constituent un milieu peu favorable aux lierpétiques^^ gens nerveux et fort irritables. Ils y sont mal à l'aise, agités, i donnent peu, et, loin d'y trouver le calme dont ils ont besoin, ils en partent souvent moins bien qu'ils n'y étaient arrivés;;

TItAITEMENT DE LHERPÊTISME. HT

c'est pourquoi le climat maritime el les bains de nier ne peuvent être cunsvillés à ces malades dans un ^rand numbre de cas el sont contre-indiqués chez la plupart, pour ce fait qu'ils excitent leur système nerveux et troublent les fonctions dige*tives, s'ils ne dtiferminent pas des accidents plus sérieux. Cependant, les herpétiques peu excitables ne se trouvent pas mal des bains de l'Océan, à la condition qu'ils soient très courts, 4 fi 5 minutes; car ces bains, malgré la composition de l'eau de mer, ont la propriété, par la température de l'eau et la percussion, d'agir un peu comme l'hydrothérapie froide.

C. Climat de motitatfnes. — Ce climat convient très bien aux herpétiques, dont il calme le système nerveux et favorise le repos el les digestions. Depuis longtemps nous envoyons ces malades passer la saison d'été dans les Alpes, les Pyrénées, ou dans les montagnes du Daupbiné. et toujours nous avons obtenu les meilleurs résultats d'un séjour d'un ou plusieurs mois dans ces milieux. Plusieurs de nos clients, atteints d'angine granuleuse, de trachéo-bronchite, et chez lesquels il y avait lieu de craindre une tuberculose commençante, ont éprouvt? un mieux notable après quelques mois de séjour dans les montagnes de la Suisse. L'amélioration qu'éprouvent les mêmes malades aux Eaux-Bonnes, à Caulerets et au Mont-Dore, paralti'ait donc leoii', en partie du moins, & l'altitude de ces stations thermales; aussi ne doit-on pas négliger cet élément, lorsqu'on fait choix dune station de ce ^en^e. Habituellement, je conseille une élévation de 800 à \ 200 mètres, et j'engage à faire de l'exercice sans fatigue et môme, s'il est possible, de l' hydrothérapie.

^laladie constitutionnelle et de longue durée, l'herpétisme est quelquefois traversé par des états fébriles aigus qui mettent en jeu une ou plusieurs de ses manifestations. Le praticien, en présence de ces états, se trouve ainsi dans la nécessité de rechercher les désordres propres à l'herpétisme avec autant de soin qu'il doit le faire, pour l'alcoolisme et le paludisme, lorsqu'un état aigu survient au cours de ces maladies. Le plus important parmi ces désordres est certainement

58 THAITli DE TUKR APEUTIQIJK APPLIQFEE.

rartt^i'io-sclérose, en raison des ]i.^sinns qu'elle détermine du I côt^ des viscùres, le cieur, l'encéphale et les reins: c'est! pourquoi il importe toujours de surveiller l'état du système J artériel dans toute maladie aiguf^, et, loi'squ'il existe une fai— blesse cardiaque, de FalLuminurie ou des phénomènes d'urfr*! mie, de se demander à quelle cause peuvent être rattachés ces i accidents, à la maladie aignP ou au désordre organique ant»?- 1 rieur, de fa^'on à leur appliquer le traitement le plus en rap- 1 port avec leur origine. 11 y a mieux encore, lorsque l'hcrp»*- I tisme est en jeu. c'est de chercher à préserver les malades de- J ces accidents par des diurétiques, do la môme façon qu'avec 1 du chinral nous arrivons à prévenir un délire alcoolique suraigU I et trop souvent mortel, au cours d'une pneumonie ou d'unol fièvre typhoïde, et des acc^s pernicieux à l'aide de la quininOr.1 s'il s'agissait de paludisme'.

Régime et hygiène des herpétiques.

A. — Lf réijimr, si imporlaiil dans le Irailemenl des mala-*! dies chroniques, a surtout sa raison d'être dans l'herpétisme; car, à l'influence qu'il peut exercer sur le sysfèmo nerveux, s'ajoute celle qu'il ne manque pas d'avoir sur l'estomac, dont la fonction est généralement troublée. Les herpétiques snp portent mal certaines substances stimulantes, notamment l café noir, le Ihé. les liqueurs fortes, te vin pur, etc. ; ces subj stances les agitent, les surexcitent, leur causent des palpita tions et de l'insomnie, si elles n'éveillent d'autres accidcntl encore plus sérieux. Aussi les alcooliques sont-ils rares pan eux. O fait, qui m'a frappé depuis longtemps, digne de i marque en tout cas. montre bien qu'il existe une prédispoaî tion & l'alcoolisme comme à toute antre maladie; ce serait I cas de dire : N'est pas ivrogne qui veut.

Le tabac esi nn agent qui, par son action sur le sysiènnfl ;ur les voies aériennes et digestives. convient f

TRAITEMEM DK LHERPKTISMR. 51)

aux personnes prédisposées à l'kerpi^tisme- Lu phiparl du temps, il provoque chez elles des nausées, des palpitations, des vertiges ou mémo de l'oppression el des phénomènes d'angine de poitrine; de plus, il est un irritant local pour les membranes muqueuses de la bouche, du pharynx et des voies aériennes, qui sont si fréquemment altérées dans ces -conditions. Il résulte de là que celte substance est rarement bien supportée et qu'elle doit être le plus souvent proscrite; disons que l'usage de la pipe est préférable à celui du cigare ou de la cigarette.

Le choix des aliments a une grande importance lorsqu'il »'agit d'un désordre inné, comme l'herpélisme. Le régime lacté est le seul qui convienne au jeune enfant, jusqu'à l'âge ■de deux ans; plus lard, l'alimentatiou sera composée de substances azotées, grasses et féculentes, et tout ce qui peut stimuler le système nerveux sera évité. Le lait, l'eau et la bière seront les boissons ordinaires, car le vin ne convient pas à l'enfant, dont la sensibilité est excessive et qui se trouve, par cela même, naturellement prédisposé aux désordres réflexes. Cette boisson, en effet, exagère la prédisposition morbide, si elle ne contribue h amener des lésions matérielles des centres nerveux, ce qui n'a rieu d'extraordinaire, lorsque l'on est, comme nous, pénétré de l'iniluence du régime des premières années sur la santé générale de toute la vie.

Il est facile de comprendre que, pour modifier une prédisposition héréditaire comme l'herpélisme, il est nécessaire d'agir très tôt ; car, plus on tarde, plus ta tâche devient difficile. De grandes précautions conviennent à l'époque de la puberté et pendant toute la période d'accroissement ; un régime Bzoté, un exercice approprié aux forces, une aération convenable sont des conditions nécessaires à la bonne santé. L'accroissement surtout a besoin d'être surveillé; il faut savoir qu'un régime défectueux peut avoir, à cette époque de la vie, des conséquences fâcheuses ou même fatales, une phtisie ipulmonaire, par exemple.

L'estomac est l'un des organes qui exigent le plus de mé-

eo TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE APPLIQUEE.

nagetnents; il est ce qu'on pourrait appeler délicat. Sa fono tioD lente et capricieuse, du moins chez la plupart des he^ pétiques, mérite d'étro surveillée, si on tient à éviter dans] l'avenir tous les inconvénients que peut produire une dy* pep&ie flatulente. 11 est certaines substances que rherpétiquH supporte niai; de ce nombre sont les substances acides, c qui se conçoit, puisqu'elles ont, plus que toutes les autres, !■ propriété de développer la production de gaz dans l'estomac

Nos malades se sont toujours trouvés fort bien de la suppression de l'usage du vin, de celui des fruits, de la salade et des bouillons gras. Je tiens à signaler ce fait, et cependant, je crains que le lecteur n'en comprenne pas toute la vateurij cette manière d'agir, trts rationnelle, ayant été taxée d'uxaj ration. Ce régime, que l'expérience m'a appris devoir suivi rigoureusement, je le formule comme il suit : faire Irt repas réguliers, éviter do manger vite, ne prendre que peu i pain, rester sur l'appétit, vivre de viandes faites, grillées rôties, poisson, jambon, beurre, œufs frais, fromages sea lait, légumes verts ; boire du thé ou de la bi<>ro aux repas.

Il est rare qu'avec ce régime la flatulence persiste, c« <\ prouve bien que ce sont surtout les substances acides qui I développent; mais, s'il en était autrement, il y aurait lieu d faire usage du charbon de peuplier. D'ailleurs les goutld amOrcs de Baume, par leur action stimulante sur l'estoniBl sont utiles, et enfin, comme en général, dans ces conditionl il se produit dans l'estomac des acides butyrique, valériai que, etc., au cours de la digestion, nous faisons prendre j nos malades I^',a0 à 2 grammes de bicarbonate de soude,] la suite do leurs deux principaux repas.

Tous les malades ne doivent pas ^tre forcément traités de cette manière, mais seulement ceux qui sont dyspeptiques. Toutefois, dans certaines circonstances, lorsque la dyspepsie devient aigu^ et fétide, et qu'il y a inappétence absolue, avec dégoût de la viande et des œufs, je supprime tout aliment cl prescris un régime exclusivement lacté. De cette manière, le malade parvient à se nourrir autant que possible ; il évite de

TRAITEMENT DE L'JIEUPRTISME. Gt

vives souffrances, un amaigrissement excessif, el se prémunit contre la tuberculose qui, dans quelques cas, vient s'abattre sur les dyspeptiques mal nourris et les emporte.

B. Hygiène. — L'esprit actif de l'herpétique ne lui permet pas de supporter le di^sœuvTement. Tandis que certains individus s'arrangent de passer leur vie dans l'inaction, celui-ci devient inquiet, morose et hypocondriuque. quand il manque d'activité; aussi le plus grand malheur qui puisse lui arriver est de n'avoir aucune occupation suivie. J'ai connu des jeunes gens dans ces conditions qui se sont très bien portés pendant toute la durée de laguerre de 1870, uniquement parce qu'ils étaient occupés et s'adonnaient à un exercice corporel journalier. Le mariage est souvent nécessaire et doit être conseillé dans certaines circonstances, sans oublier toutefois que les herpétiques sont quelquefois des époux soupçonneux et jaloux.

Le médecin, en tout cas, ne doit passe désintéresser entièrement de ce grand acte, où il peut avoir d'excellents conseils à donner. On comprend sans peine que l'herpétisrae étant une maladie essentiellement héréditaire, celui qui en soulîre ait tout intérôt h ne pas s'unir à une personne dont la prédisposition serait semblable. Le mieux, en pareil cas, pour ie jeune homme est de faire choix d'une femme présentant Mme organisation différente, un tempérament sanguin ou lym- .phatique, s'il veut éviter de transmettre à ses enfants des désordres plus accusés que ceux dont il est atteint. Il importe alors de faire, autant que possible, de la sélection, de pratiquer ce que les vétérinaires appellent un croisement de race, ,p\ l'on veut chercher à éteindre la prédisposition morbide 'existante, et, eu particulier, la plus redoutable de toutes

tares, l'atrésie dti système artériel dans le jeune âge, l'aririo-sclérosc généralisée à un Age plus avancé.

TRAITK DK THKH APEUTlQrE APPl-lQllfiE.

Traitement local û& rherpétlsme.

l'.v tiaitemont s'adresse à tous li»s dtisordrps tboctioniK^j ou maWriela de l'enveloppe exWrîeure el dos membrani muqueuses voisines des orifices naturels, aux lésions arl rtilHires, etc. ; il varie suivant le siègej et la nature de df'sonires.

l,es éruptions cutanées sont soignées à l'aide de èainsf frictiims et onctions diverses. Aux bains d'eaux minérales j- & lieu d'ajouter les liains simples et les bains artificiels qi l'on compose avec des sels alcalins, du sulfure de potassium, de l'arsenic, etc. Oes bains simples doivent être pris chaque semaine, afin d'entreteuir la propreté du tégument externe et d'éviter les éruptions furonculeuses et autres; mais d'aïllpura,^ les bains tit^des ont leur indication toutes les fois qu'il prvMluil une poussée un peu aigiié du c6lé de la peau. bains arliltcîels trouvent leur application dans les cas où manifestai ions cutaniVs n'olTrenl aucune réaction locale, ils peuvent leur donner un coup de fouet el en activer ri< httion. N. (luenoau t)e .Mussy prétend avoir obtenu des av Ufres sérieux de l'usa^ie des bains arsenicaux dans le trail ment des arthrites déformantes.

1.0$ friction» oui une grande utilité contre les éruption: s^hes. stfuameusesi. c\tnime le psoriasis, l'n bain liède avec frictions au savon noir enl^ve 1rs squami^, excite la sarfi culamV el la r«>nd plu$ apte à pn^liler ^tes applications tcK:ali IHtmmade» tm ^lycérvd*^ de diflferentes sorte*. Cesl i l'aîde'' de c« mojT» et tfes onrtwos a\-*c une )H)mmatle à l'acide pyni<g«lli(|Ue ,3 it i jErvntturs |HHtr lUH grammes qu'il m'est arrivi' |klusiours f\ùs de faire distMiniUn' des psoriasis rebelles, Iri^i ^t<>nibts, l'n de mes malades. «IteinI chaque anm^ au printemps d'un pst\riasts de cf ^orv. ne mettait pas plus de six, semaines jk >o débarrasse-r de cette affectioa.

lYCC

DM, v-e qui est n^^H

TRAITEMENT DE 1,'BKKPÉTISHE. 63

temps R'Iulivement court. I^s frictions à iliuile de cade pure ou mélangtk' d'huile d'amande douce sont rarement employées aujourd'hui, à cause de la teinte qu'elles donnent â la peau el de leur odeur pënétraule.

Les éruptions vi^siculeuses, ou dartres humides, sontavantageusement combattues par l'emploi des substances émoU lientes, et principalement celui des poudres d'amidon, de talc, d'alun, etc. Non seulement c<?s poudres exercent une action émolliente ou astringente, mais, en se mêlant aux produits s6cn5tt^s, elles forment des croûtes qui garantissent la peau de l'air extérieur. Lorsqu'elles ne sont ni trop aiguës, ni trop étendues, ces éruptions se trouvent tr^s bien de l'enveloppement à l'aide d'un manchon de toile de caoutchouc qu'on a soin de nettoyer chaque jour.

Dans toutes ces affections, il est un symptôme prédominant qui ne doit pas être négligé, c'est le prurit. Bazin faisait usage, pour le combattre. des préparations mercurielles sous la forme de solutés, de poudres, de liniraents et de pommades, pour lesquels il se servait des excipients suivants : glycérine, miel, axonge, blanc de baleine, mucilage, lait, eau distillée, etc. A son exemple, j'ai souvent employé avec succès une solution composée, [mur SOO grammes d'eau distillée, de 10 centigrammes de sublimé; le plussouvent, par ce moyen, onparvientàcalmer.dumoins momentanément, les souffrances du prurit. D'autres fois le glycérolé d'amidon simple, ou mêlé ' à des substances médicamenteuses, parvient à faire cesser ce désordre; j'en dirai autant des préparations phéniquées, des solutions de phénate, de borate de soude, etc., et aussi des pommades au calomel, à l'oxyde de zinc et à la morphine. 11 importe de savoir que l'emploi de ces agents topiques est chose délicate, et que l'indication du choix à faire n'est pas toujours indiirérente. Rien n'a plus de tendance à se congestionner el à s'enflammer que la peau de certains herpétiques ; c'est au point que la plupart des substances étrangères l'irritent et y déterminent une éruption, ou du moins de la démangeaison. Un de mes malades, homme des plus robustes, so

trouvait dans ces coudilions; sa peau no pouvait supporter I l'action d'aucun agent extérieur, & tel point que t'applicatîoa j d'un cataplasme de farine de lin suffisait à dc'veiopper chez ] lui un(! éruption de toute la surface cutanée. Une dame à ta- ] quelle je donne des soins offre une disposition à peu près seinlilable : elle ne peut se laver qu'avec de l'eau chaude; si elle J vient à y ajouter un liquide quelconque, elle éprouve presque ] invariablement de la rougeur et de la cuisson; aussi ne peut- ] elle supporter l'usage d'aucun savon.

Les lopigues qui s'adressent aux herpétides du nez, de la 1 bouche, du pharynx et même du larynx, diffèrent peu de ceui I dont on fait usage pour combattre les manifesïtations cuta- 1 nées; ils sont pulvérulents ou liquides. Les topiques puivé- j ruients le plus fréquemment employés sont les poudres d'alaaJ porphyriséet de calomel, que beaucoup d'auteurs mélangent, I ou encore celles de sous-nitrate de bismuth, de sulfate de -J zinc, etc. Ces poudres, insufQées sur la partie malade ii l'aide J d'un tube de caoutchouc, déterminent des elfets manifestes I sur les affections érythémateuses; mais sont peu sensibles surj celles qui sont accompagnées d'hypertrophie des glandulos.

Les substances liquides le plus généralement usitées ea j pareil cas sont des solutions de nitrate d'argent cristallisé, de -J sulfate de cuivre, que l'on porte à l'aide dun pinceau de charpie 1 Ou de blaireau sur la partie lési!<e ; la teinture d'iode mélangée 1 avec partie égale de teinture thébaïque. ou encore d'iodura J de potassium dissous dans la glycérine et additionné d'une! faible quantité d'extrait d'opium, est un moyen souvent efficace 1 pour modifier le désordre sensitif fort inquiétant pour un I gi-and nombre de malades.

Loi'squ'il s'agit de la membrane muqueuse du pharynx ou n de celle de I "arriére-cavité des fosses nasales, il est préférable I de se servir, comme porte-caustique, d'une tige de baleine 1er- 1 minée par une petite éponge solidement attachée à son extré-ij mité. Les cautérisations ne seront pas pratiquées après les*! repas dans la crainte de provoquer des vomissements, et leal malades seront astreints à garder le silence, si la cautérisalîoa J

TRAITEMENT TlK L'HEnPÉTISHE. fi".

porte en môme temps sur le larynx. Elles sei-ont répiMées chaque jour, el mieux Ions les deux ou trois jours, lorsque, la lésion sera le siège d'une modirication di'-jà notable. Les topiques gazeux sont rarement employés dans ces circonstances.

Les fnmigalionv cmol/ientes n'olTronl d'avantages réels que dans les cas d'inllammation aigui^. et les vapeurs de goudron n'ont pas une grande utiliti^. Xéiinratiins, les malades se trouvent bien de mettre cette substance en évaporation dans la chambre qu'ils habitent.

L'usage des cigarettes fabriquées avec du papier non coUi?. pri^alablement trempé dans une solution d'acide arsénieux, déjà préconisé par Trousseau dans certaines alTections chroniques du larynx, trouve (juelquefois une application utile chez des personnes qui ont des affections herpétiques de la gorge et des voies aériennes. Les vapeurs do poudre do belladone et de jusquiame constituent un moyen recommandable contre les accès d'asthme nerveux; les cigarettes de feuilles de belladone, de jusquiame et de slramonium sont employées dans les mêmes circonstances avec un réel succès.

La pulvérisation dp femi a eu, il y a une dizaine d'années, un grand retentissement dans la thérapeutique des désordres herpétiques de la gorge et du larynx. Beaucoup de malades sont enchantés de ce moyen qui diminue la sécheresse et la cuisson de la membrane muqueuse de ces parties et soulage momentanément. Cependant, il ne faut pas s'illusionner sur cette thérapeutique locale etcroire qu'elle suffise à la guérison définitive d'affections aussi rebelles que celles de l'herpétisme, qui exige toujours un traitement général longtemps continué.

Les révulsifs sont indiqués lorsqu'il existe des arthrites un peu aiguës avec épancliement séreux. Nous faisons couvrir alors l'articulation d'un emplâtre vésicatoire, qui est levé au bout de peu do temps et que l'on panse ensuite avec un cataplasme de farino de lin ou de fécule de pomme de terre, ou encore avec de l'huile, si le cataplasme ne peut être supporté. Le vésicatoire rend, d'un autre côté, de réels services dans les Cas de poussées aiguës du cOté des bronches, et même, dans

m THAITK DE THERAPELTIQLE APPE.IQUIiE-

les bfonchiles chroniques. & la condition qu'il ail une ccrtainq étendue; autrement il n'a que peu d'avantages; les Frictioni d'huile de croton sont également utiles et pourront être sub^ stituées au vésicatoire, si le malade le désire.

Les cautérisations super fie telles, et principalement cellei qui sont faites à l'aide du cautf're potentiel, comme les pointe de feu. ont été quelquefois employées localement pour confl battre les arthrites de l'herpétisme, mais le plus souvent sai succès certain.

\Jéleclricité a servi dans le traitement des mêmes atreo«| lions. Remali. Krb et Niemeyer, en Allemagne, ont fait passi des courants continus au niveau des articulations; mais tel mieux, sans doute, serait de faire usage de ces courants siic| le trajet de la colonne vertébrale, d'agir sur la moelle épl^ nière, afin de chercher à eu modiiîer le fonctionnement i gulier au point de vue de la nutrition des membres. Daos II première période de l'herpétisme, l'électricité peut servir j combattre les douleurs et même les spasmes.

Les surfaces articulaires douloureuses seront maintenue! immobiles autant que possible pour ce fait que l'ankylose eaf peu ft redouter, et même il peut y avoir avantage dans quel ques cas à placer les membres dans une gouttière ou i appareil contentif. Kn effet, les mouvements communiqué! aux articulations ou les simples essais de lutte contre les a tudes vicieuses des membres éveillent parfois de vives doi leurs, suivies de chaleur, de tuméfaction dans les jointures, « de poussées inflammatoires qu'il devient nécessaire de traiU

Résumé général du traitement.

En somme, le traitemeut de l'herpétisme, comme celui d« toute maladie chronique générale, doit remplir un doubla but : combattre les manifestations morbides, modifier la pi'6»9 disposition héréditaire ou acquise.

ÏIIAITEMENT DE l/IIEUPETISME. >;i

Les grands niodificaleurs du système nprvoux : siilt'ali' «li- I quinine, bruniurc tit iodnrc de potassium, arsenic, etc. sont } les agcuts th(^i'apeuliques k's plus utiles pour s'opposi'i' aux progi"(?s des désordres fonctionnels et matériels qui caract»5ri- I sent i'Iierpétisnie et pour les faire cesser; car ces di^sordres I ont, comme nous l'avons dit. leur source dans un dérèglement P du systtmc nerveux. Les agents hy^ji^niques : diète, hydro- I thérapie, gymnastitjue, sont les mnyfins à l'aide desquels on I parvient à atteindre le second but.

Maladie tr^s ri?paudue, I'Iierpétisnie se rencontre chez tous l-les peuples d'Europe, mais il est particulièrcracnt fréquent l'dans la race juive: aussi les auteurs qui ont voulu l'attribuer

■ 4UX excès de régime avaient-ils tort. Le régime, à noire avis,

■ De joue qu'un rùle Irès secondaire dans la geiit'se de cette I maladie, comme d'ailleurs dans celle de l'hystérie, bien qu'il I puisse influencer quelques-unes de ses manifestations, l'uricémie, par exemple. Il est évident qu'un herpétique qui mange de la viande avec excès aura de grandes chances de devenir

turicémique, surtout s'il ne se livre pas à un exercice suflisanl; mais il serait erroné de conclure que ce i-égime a pi-oduit sa maladie, alors qu'il a simplement déterminé une de ses manifestations. La goutte, que des considérations sérieuses nous ont conduit & rapprocher du rhumatisme chronique, (voyez nos Leçons cliniques, Paris, 1891). n'est pas plus que ce dernier le fait de l'alimentation; la preuve en est qu'un grand nombre de goutteux sont sobres et que de nombreux intem-

Ipérants n'ont pas la goutte, de telle sorte que, pour devenir goutteux comme pour devenir uricémique par le régime, il faut une prédisposition, et celle-ci, essentiellement héréditaire, a pour siège le système nerveux.

Ainsi l'herpétisme est une maladie essentiellement constitutionnelle, qui a la ténacité des qualités de race, en sorte que, "■ lorsqu'elle se rencontre dans une famille, c'est uniquement par des croisements successifs et par une hygiène appropriée 1 que l'on parviendra à l'en débarrasser.

L'hygiène devra donc être appliquée dès le jeune âge et

GH TKAITK DE THIMIAPErTIOL^E APPLIQUEE.

consister à (ivilcr tout et; qui peut exciter ou troubler le lî-mc nerveux, et particulièrement le vin et les boissons alcooliques. La bière et le cidre seront les boissons préfér(5ps, et, si elles i5taient mal supportées, il resterait l'eau, qui, n'en déplaise à bien des gens, est toujours la première des boissoDS. Le régime alimentaire sera mixte et moyennement abondant, car, si un régime par trop anîmalisiî peut contribuer à produire certains désordres, par contre, un régime végétarien n'est pas sans inconvénients dans notre climat, et chez un peuple qui Ira vaille,

La gymnastique, le bicycUsme, des exercices musculaires nu grand air, avec l'hydrothérapie, sont les meilleurs moyens de l'égler les fonctions nerveuses en général cl celle de la nutrition en particulier, et doivent être conseillés, à partir de la puberté, h toute personne prédisposée à l'herpétisme ; car nous avons de sérieuses raisons de croire que ces moyens, associés k Teau fiiûde, à un régime approprié, continués pendant plusieurs générations, peuvent arriver à rendre au système nerveux des herpétiques ses qualités normales, et, par conséquent, ft vaincre cette maladie.

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