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tance, en pareil cas, de faire précéder la chloroformisation d'une injection morphinée : sinon, à la période d'agitation, sous les efforts du blessé, les fragments accroîtront les dégâts, et leurs pointes pourront trouer la peau.
3- Immobilisation des fragments. — Immobiliser jusqu'à cicatrisation osseuse les fragments réduits, telle est la seconde indication, et, en dépit de la diversité apparente des moyens, l'art chirurgical n'a qu'un procédé pour la réaliser. Le squelette intérieur fait défaut, on y supplée par un squelette extérieur provisoire. Mais, de cette multiplicité d'appareils qui encombrent les manuels ou les monographies, quelques types seulement sont usités. Une pratique courante s'est établie, et le même appareil ou ses dérivés sont d'ordinaire proposés par les divers praticiens pour la même variété de fractures.
§ !•='■. Ses procédés. — I. Appareils à attelles. — Soient deux fragments à maintenir. Un premier procédé consiste à les « étayer » par des tuteurs, des attelles placées le long du membre fracturé, aux points où elles ne peuvent causer aucune compression vasculaire ou nerveuse : ce sont des planchettes de bois, minces et solides, qu'il est aisé de se procurer partout. Les attelles en treillis métallique ont l'avantage d'être légères, malléables, et de prendre les courbures que nécessite la forme du membre fracturé. Au surplus, toutes les substances ont été proposées et peuvent à l'occasion trouver leur emploi : on en a fait en zinc, en paille, en gutta-percha, en feutre, en celluloïd, en verre, en caoutchouc; à Smolensk, Larrey a immobilisé ses fracturés avec les vieux cartons des archives.
Le raisonnement indique et la pratique chirurgicale enseigne que ces « pièces de support » doivent être « solidarisées » par un morceau d'étoffe où elles se roulent et se fixent : c'est généralement une pièce de linge qu'on emploie ; elle porte le nom de drap-fanon ; sa longueur se mesure àcelle du membre fracturé ; sa largeur correspond à peu près, au double tour dumembre. Quelques chirurgiens emploientet vantent des attelles « accouplées » par des liens : Esmarch dispose parallèlement, entre deux pièces de coutil, des lamelles de bois mince, collées au silicate de potasse et séparées par des espaces intercalaires de 5 à 10 millimètres ; Snyder fixe, par des lignes de couture intermédiaires, des attelles de bois de placage glissées entre deux doubles de coutil ; Moïj a fait adopter par l'armée néerlandaise des appareils à attelles multiples, formés de séries de tiges de rotin juxtaposées et ficelées entre elles. En chirurgie de guerre, ces appareils « en gril » peuvent rendre des services. — Il est rationnel de les compléter par des « tampons amortisseurs », des coussinets gonflés de balle d'avoine qui se modèle sur les reliefs du membre ; à son défaut, la laine, le coton cardé, le crin végétal et animal, le foin, la mousse peuvent être utilisés ; une couche ouatée roub'C est un des meilleurs moyens de matelasser un membre fracturé. Comme lien on choisit soit des rul)ans de (il ])Ouclés, soit des bandes roulées ou des morceaux de bande noués de distance en distance.