ERE CONTEMPORAINE
Fig. 86.
vieux fracturés ne fassent des pneumonies, que de copieuses hémorragies ou un « choc » violent ne brisent irrémédiablement la vie, qu'il n'y ait des alcooliques qui délirent et succombent, des tares diathésiques aggravantes, des foyers de fracture irrémédiablement souillés. Et, quand on expurge les tableaux précédents de ces décès dont la chirurgie antiseptique est irresponsable, on voit les moyennes de lélhalité s'abaisser considérablement. Prenons pour exemple la statistique de Jeanneret : parmi les 10 fracturés décédés, 3 sont morts de pneumonie, 2 d'embolie graisseuse : restent 5 décès par accidents septiques (2 septicémies, 2 pyohémies^
(1) Moritz, Petersb. rned. Woch., n" 51, 1877.
(2) ScHi-MAX, Thèse de Berlin, 1887.
(3j Wagnbr, Jahresberichl der gesamten Medicin, 1882, p. 301. '4) Davies Colley, Gut/s Hosp. Report, XXIX.
RÉSULTATS DU TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. o41
1 hémorragie secondaire) : cela réduit la moyenne à 6,6 p. 100. Sur les 7 morts de Bartz, il en est une dont on ne peut charger la responsabilité chirurgicale : le malade ne fut traité qu'un mois après la blessure et déjà
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moribond : soit, une réduction de moyenne à 7,3 p. 100. Sur les 2 décès de Moritz, 1 est attribuable à la gravité de la blessure : soit 1 mort sur 20 =5 p. 100. Si l'on corrige ainsi l'importante statistique de Bruns, il faut soustraire de ces 23 décès 7 delirium tremens, 2 tétanos, 1 rupture
hépatique, 1 collapsus : restent, sur 254 fracturés, 4 pyohémies et 7 septicémies : soit -4,5 p. 100.
Le tableau de la page 540 mesure le progrès thérapeutique réalisé par la chirurgie contemporaine dans le traitement des fractures ouvertes : l'opposition est nette avec les sombres listes mortuaires de l'ère préantiseptique.
Le traitement antiseptique n'a point seulement fait reculer la mort en de consolantes proportions : il pousse jusqu'à l'extrême les limites de la conservation. Le graphique ci-contre montre ces fluctuations inverses de la léthalité et du traitement conservateur : la chirurgie contemporaine conserve et sauve ; la chirurgie préantiseptique amputait souvent et perdait beaucoup.