CUIRURGIE DK GUERRE : SUR LA LIG.NE DE FEU
rencombremcnt des blessés, la défectuosité et la mobilité des installations, la nécessité d'une exécution rapide.
Les médecins de régiment, les médecins chefs d'ambulances ou d'hôpitaux de campagne auront donc à improviser. Certes, il est impossible de prévoir toutes les éventualités de guerre : le tableau changera suivant l'intensité de l'action, la densité des blessés, les conditions du terrain et l'issue de la lutte. Néanmoins, il est utile d'envisager à l'avance les conditions générales de ce fonctionnement et de se tracer un programme préalable, susceptible, suivant l'événement, de compléments ou de variantes, sans se dissimuler que semblable programme peut rencontrer d'insurmontables difficultés : avec la portée du tir, nos formations de première ligne seront souvent troublées par les feux mal réglés de l'infanterie et par les coups longs de l'artillerie. Alors que tel poste de secours ou telle section d'ambulance se croiront défilés des vues, ils formeront une masse confuse, bientôt objectif des feux.
2'^ Service régimentaire. — § 1". De la ligne de bataille au poste de SECOURS. — 1. Le blessé doit être au plus tôt relevé et transporté : le transport prime le pansement. — « On ne saurait trop le répéter, disait Percy : le premier secours et la première consolation que doit recevoir un blessé, c'est d'être enlevé promptement et commodément. » — Enlever le blessé, voilà le devoir dominant des brancardiers ; panser le blessé, ce sera l'office du personnel du poste de secours. Un précepte capital est celui de Volkmann : le premier pansement tranche le sort du malade et décide de la marche de la plaie. Que d'infections commencées par un pansement de hasard !
Or, sur le terrain de la lutte, quelle antisepsie sera réalisable? Admettons que le matériel de la musette de pansement, bien close et imperméable, puisse, une fois déballé, conserver un état de propreté suffisante. .\cceptons encore qu'en raison de son excellente fabrication et de son enveloppement parfait, le paquet individuel reste, même après les souillures des bivouacs, garanti contre la pluie, la poussière, les imbibitions malpropres. Il manquera toujours à cette antisepsie une condition majeure : l'asepsie des mains. C'est une des notions les plus difficiles à faire pénétrer dans l'esprit des gens peu instruits, des ruraux surtout — parmi lesquels se recrute la majorité de nos brancardiers — que cette importance de la désinfection manuelle; et l'instruction de ce personnel doit viser avec insistance ce point particulier. Mais, même instruits à cet égard et dressés à l'observation rigoureuse de cette consigne, ils ne pourront pas l'impossible : porter un brancard aux hampes salies, relever le blessé, toucher ses vêtements, qu'il faut fendre ou écarter, le débarrasser de ses armes, de son équipement, de ses chaussures, et, malgré tout, garder des mains stériles. Quant à faire cette désinfection sur place, c'est irréalisable; tout leur manque : l'eau d'abord, le temps surtout.
Donc, dans les cas srraves — fractures comminutives avec lar£;e ouverture de sortie, blessures par éclats de gros projectiles, lésions de l'abdomen ou
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du thorax — mieux vaut garder la plaie contre la souillure initiale d'un pansement incorrect. En pareille occurrence, il faut demander aux brancardiers un service, de porteurs, non de panseurs. D'ailleurs, àleurs manipulations inhabiles et hâtives, le patient courrait d'autres risques. Une exploration mal réglée, un déplacement inopportun peuvent avoir, au point de vue de l'évolution antiseptique d'un foyer de fracture, de fâcheuses conséquences : inoculation portée jusque dans les points profonds; séparation d'esquilles attenantes par des ponts périostiques; production de chevauchements irréductibles; ruptures vasculaires ou détachement de caillots ayant réalisé l'hémostase.
Que nos brancardiers aient la force nécessaire pour assurer un transport à grande vitesse dps blessés vers le poste de secours, vers la place de pansements, comme les Allemands l'appellent avec raison: ce sera leur meilleure besogne au point de vue antiseptique. Qu'ils soient, en outre, par un dressage plus complet, habitués à manier, avec les plus soigneuses précautions, les grands blessés, les fracturés surtout. Les appareils de fortune, que prévoient nos instructions, sont des moyens ingénieux et simples d'assurer aux membres fracturés, principalement aux membres inférieurs, cette immobilisation qui est, en somme, un important facteur d'antisepsie. Mais, ils prennent du temps, ils comportent des manipulations par des mains insuffisamment expertes, ils auront besoin d'être revisés au poste de secours ; et ce temps et ces soins seraient mieux employés au transport des autres blessés. Une grande écharpe saisissant le membre Ihoracique ; des courroies du sac, des lacs à boucles, des bretelles élastiques, ligotant le membre inférieur, accolé à son congénère sain, sur le brancard lui-même : voilà des moyens de fixation rapides et suffisants pour permettre, jusqu'au poste de secours, un transport en bonnes conditions. Que sur les oinfices d'entrée et de sortie le brancardier place une compresse bichlorurée, qu'il la fixe par une écharpe vite nouée ou par quelques tours de bande : cet isolement sera préférable au contact avec les vêtements ; mais cela doit être prestement fait, sans secousse du membre, sans contact des doigts avec la plaie, en se servant de la pince contenue dans la musette pour tasser la compresse.
II. Conduite à tenir en cas d'hémorragie grave. — Un fait est établi : c'est la fréquence des hémorragies dans les blessures que font les balles modernes, de petit calibre et de grande vitesse. Donc, instruisons nos brancardiers des procédés de l'hémostase d'urgence. Or il faut craindre que ces premiers secours ne soient pour la plaie l'occasion de contaminations graves. La chose s'observe en chirurgie courante et s'explique ■ bien. L'arrêt d'une hémorragie de quelque abondance comporte, pour ■ un personnel inexpérimenté, une impression troublante : devant le sang, le brancardier va commettre des infractions aux règles du pansement. Il faut, pour acquérir la précision dans l'hémostase, une longue cxj)érience. Ne gardons point l'illusion d'enseigner à notre personnel régimentaire les trajels des vaisseaux et les préceptes de l'hémostase directe ; mais apprenons-lui à étreindre lestement un membre
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à sa racine, soit par un garrot improvisé, soit par la compression d'un lacs à boucle ou d'uue bretelle. Ne comptons pas qu'il puisse employer à une forcipressure artérielle l'unique pince à arrêt contenue dans la musette, pince qui peut être stérilisée sur l'heure par la flambée d'une allumette ou d'un torchon do papier enflammé. Instruisons-le à s'en servir pour tasser à petits plis dans la plaie une compresse de gaze bichlorurée, à appuyer ce tamponnement d'une solide pression par des tours de bande, et à réaliser ainsi une hémostase antiseptique, applicable surtout aux blessures de la tête, de l'aisselle, de l'aine, de la main et du pied. Familiarisés avec ces moyens pratiques, nos brancardiers pourront faire œuvre de salut. John Lidell a vu souvent de vieux soldats arrêter 1 hémorragie de leurs camarades. « Un de mes soldats-panseurs, dit Lustreman, le nommé Verdun, que j'ai fait nommer premier soldat, a pu arrêter deux fois, par une compression bien faite, une hémorragie foudroyante de l'artère fémorale et me donner ainsi le temps d'arriver et de lier le vaisseau. »
m. Blessures légères et petits pansements. — Panser les sétons des parties molles, les coups de sabre superficiels : telle paraît a priori la besogne par excellence du brancardier, celle qui est le mieux à la portée de ses notions et de ses ressources. Ici, en efïet, l'antisepsie initiale est moins importante, la contamination moins redoutable, le pansement plus i-apide, réduit à la simple occlusion des blessures. Saupoudrer la plaie d'iodoforme; la recouvrir d'une compresse chiffonnée et d'une couche d'ouate ou d'étoupe ; assujettir le tout par quelques tours de bande : cela peut être prestement exécuté et constituer une protection suffisante. Mais les secours les plus rapides reviennent de droit aux blessés les plus graves : l'humanité l'indique et la thérapeutique l'exige. Ce serait donc perdre un temps précieux que de s'attarder à de menus pansements, quand de grands blessés sont là que peut tuer un retard dans les soins et le transport.
IV. Cas où le transport immédiat est irréalisable. — Il ne saurait être question ici de formule absolue. Il peut se présenter telles conditions de combat où le rôle du brancardier doit prendre une plus grande importance. La bataille ne se déploiera pas suivant les formations rigides des grandes manœuvres ; et ce serait déception grave que de vouloir superposer à un combat schématique un schéma fixe des échelons sanitaires. A la phase de préparation, les troupes feront leurs marches d'approche en utilisant tous tes mouvements de terrain, les couloirs, les cheminements défilés. Dans ces conditions, la situation suivante est vraisemblable : un lot de quelques blessés recueillis et mis à couvert par une ou deux équil»es de brancardiers ; impossibilité pour ces derniers d'efTectuer le transport vers le poste de secours, car l'espace intermédiaire découvert est battu par les coups longs de l'ennemi. Dans d'autres cas, l'intensité des feux a condensé sur quelques points un grand nombre de blessés : leur transport prendra du temps et il importe d'aviser aux secours. Il faut alors improviser sur place un abri, et voici des brancardiers obligés à parer aux premiers soins antiseptiques.
FonC.LE ET Hf.cms. «*
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Cans l'hypothèse que nous avons envisagée, notre groupe sanitaire d'avant-garde s'est mis à couvert derrière un accident de terrain, et, cessant d'être un objectif pour les projectiles ennemis, peut s'organiser avec plus de calme. L'eau des bidons et une gamelle de pansement— qu'on peut flamber avec un torchon de paille, d'herbes sèches ou de papier — permettront à l'aide principal la désinfection de ses mains. Les vêtements sont fendus et découvrent la blessure. Le matériel de la musette offre de suffisantes ressources pour le pansement : saupoudrage discret à l'iodoforme; compresse bichlorurée tamponnant la plaie; par-dessus, quelques couches d'étoupe ou de coton bichloruré ; enfin, enveloppement dans un manchon de coton cardé que fixent quelques tours de bande. La blessure ainsi protégée, nos hommes pourront, dans le cas d'une fracture, immobiliser le membre par un des appareils que prévoit le règlement,
§ 5. Au POSTE DE SECOURS. — I. Dispositions générales. — Aux termes du règlement sur le service de santé en campagne (art. 50), les postes de secours sont établis un peu en arrière des réserves du régiment, c'est-à-dire à près de 1000 mètres de la ligne de feu, à 2200 mètres environ de l'artillerie de l'adversaire. Ces estimations n'ont rien d'absolu, mais elles fixent des moyennes et indiquent en quelles conditions sommaires et instables le service régimentaire est appelé à fonctionner.
Pour faire œuvre correcte, non pas de chirurgie, mais de pansement, le poste de secours, bien que mobilisable par essence, a besoin d'une certaine fixité. L'observation de l'antisepsie, même réduite à sa plus simple formule, ne se prête point à d'incessants déplacements. Quand on aura improvisé, en un bon endroit, un poste et qu'on l'aura mis en train, on renoncera à suivre la ligne de feu. D'ailleurs, les phases du combat ne se précipiteront pas à l'allure des manœuvres : avec la poudre sans fumée et la puissance des feux, la préparation de l'attaque sera lente; il y aura des pauses, des accalmies, qui permettront d'intervenir d'une façon moins agitée. De là, quelques dispositions générales qui, bien que paraissant viser seulement l'organisation de cet échelon sanitaire, sont d'une influence majeure sur la valeur de l'antisepsie qu'on y pourra réaliser.
Le médecin-chef de régiment ne devancera point le moment opportun pour l'installation du poste de secours; sinon, il immobilisera trop tôt et trop loin une partie de ses ressources. Ce sont des fausses alertes qui entraînent des déballages inutiles, des risques de souillure et de déchet du matériel, une perte de temps et le désordre si la véritable attaque s'engage. Il convient d'utiliser, dansles phases initiales, les ressources individuelles, paquets du soldat et musettes de brancardiers.
Un autre précepte est capital : le médecin-chef groupe le personnel et le matériel régimentaires (art. 50) ; il emploie tous les médecins et tous les infirmiers du régiment pour assurer le service du poste de secours. Cette unité de direction est la condition de la dicipline et de la méthode, sans lesquelles il ne saurait être d'antisepsie. « L'ordre dispersé », cher
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aux combattants, est pernicieux en tactique sanitaire. Au médecin-chef, il appartient de répartir les fonctions, de constituer les équipes de pansement, de prescrire le déchargement du matériel nécessaire, l'aménagement ni[)ide du poste. Au surplus, grâce à cette concentration des ressources, sous la main d'un seul, le personnel et le matériel régimentaircs forment une véritable colonne sanitaire, susceptible de fractionnement successif selon les phases du combat, capable de s'échelonner par trois postes, eu parfaite liaison, correspondant aux trois matériels de bataillon et d'accompagner ainsi le déplacement du front de bataille sans qu'il soit nécessaire de déménager les premierspostes installés ni de troubler leur fonctionnement. Cette fusion est d'autant plus logique qu'il faut considérer, comme hypothèse la plus fréquente, le régiment encadré, et que les bataillons vivront exceptionnellement d'une vie personnelle et isolée, dans une action où s'engagent de si fortes masses d'infanterie.
II. Aménagement du poste. — Un poste de secours s'installe. Son emplacement a été choisi conformément aux prescriptions du règlement (notice IV). L'abri est précaire, mais défilé des feux de mousqueterie : c'est à quelque distance d'un mur, de préférence derrière un escarpement à couvert d'un talus élevé.
Le personnel et les voitures sont groupés en ordre à cet emplacement, que signalent les deux fanions. Chaque escouade de brancardiers a pris ses brancards, ses musettes et ses bidons. Le médecin-chef donne l'ordre de décharger le panier n" 2 et le panier n° 3 de la première voiture, le bidon de 10 litres et le tonnelet de 30 litres, qui doivent être pleins. ( iomme la dépense d'eau est toujours considérable, il importe d'envoyer un homme reconnaître les moyens de ravitaillement possibles. Si les voitures n'ont pu être amenées jusqu'à l'emplacement du poste de secours, leur matériel y est transporté sur brancards.
a) Installation d'un fourneau de campagne ; son utilité pour Caseptisation du matériel. — Il faut avoir de l'eau chaude pour les lavages antiseptiques et pour la préparation des boissons stimulantes ; il faut disposer d'eau bouillante pour la stérilisation des instruments métalliques, des tampons, des compresses, des tubes à drains, des fils à sutures et à ligatures. Donc, sans retard, on prescrira à deux hommes de construire un petit fourneau de campagne, à trois ou quatre foyers. Chaque voiture de bataillon doit avoir une petite provision de bois sec, de branches mortes ; il ne faut point attendre le dernier moment pour songer à la corvée de bois.
Les feux sont allumés. Comme vaisselle, on aura recours au matériel de campement. En campagne, il ne manque pas de sacs sans propriétaires à qui l'on pourra faire cet emprunt : pour avoir des ustensiles propres, et n'êtrepoint forcé de recourir aune ferblanterie graisseuse, le médecin-chef se constituera une fois pour toutes cet outillage, qui ne chargera pas sensiblement la voiture régimentaire. Dans une ou deux grandes marmites, faites bouillir quelques litres d'eau; ils serviront : i" au nettoyage des mains et de la région avoisinant la blessure; 2° à la fabrication des lam-
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pons; 3° à la confection des liquides antiseptiques; 4° à l'irrigation des plaies souillées. Ajoutez à cette eau une poignée de sel par litre : d'après les recherches de Tavel, l'eau salée qui a bouilli un quart d'heure est stérile. Le médecin doit donc avoir la précaution de se pourvoir de sel : dans les conditions normales des distributions, il est facile d'en garder à lavance un approvisionnement.
Dans une autre mai-mite on fera bouillir une vingtaine de grandes compresses de toile : elles serviront de protection aux environs du champ opératoire qu'elles cerneront ; elles se glisseront sous le membre ou la région blessés ; elles seront employées enfin comme «• nappes » sur lesquelles se placera le matériel déballé de pansement et d'opérations pressantes. On soumettra aussi au bouillissage un lot de moyennes et petites compresses en toile et en gaze : ce sont les meilleures éponges pour essuyer les points saignants ; elles serviront à protéger les chairs, à maintenir les viscères, à ne laisser à découvert dans le foyer traumatique que le point où travaille le chirurgien, à faire du tamponnement hémostatique, et même à préparer extemporanément des compresses iodoformées par saupoudrage léger et rapide des nappes de gaze humides et stériles.
Une gamelle à campement recevra, pour le bouillissage, des tampons d'ouate, dont il faut prévoir une ample consommation. Qu'un médecin auxiliaire ou aide-major soit, sans retards, chargé de préparer les tampons d'ouate hydrophile en les trempant dans une solution antiseptique faite, si possible, à l'eau bouillie et versée dans un récipient flambé ; les blocs de coton, essorés, sont placés dans une compresse nouée en bourse et jetés dans l'eau bouillante. La même gamelle pourra servir à la stérilisation, par bouillissage, des fils et des tubes à drainage. Un couvercle de marmite de campement servira de récipient pour les instruments métalliques à stériliser dans la solution sodique.
b) Nécessité d'une exacte répartition des rôles. — Les conditions de mobilité et de rapide entrée en ligne du poste de secours se prêtent-elles à de pareilles installations? Nous répondrons par des expériences faites : avec des soldats « débrouillards », l'improvisation d'un foyer de campagne est l'affaire de quelques coups de pelle et de quelques minutes ; il suffît que deux hommes soient à l'avance désignés pour ce service et ne perdent pas un instant dans son exécution. Prévoir et distribuer les rôles, fixer des consignes claires, garder autant que possible les mêmes aides pour les mêmes fonctions; au surplus, imposer le silence et, par l'exemple, prêcher le calme : voilà le moyen d'agir vite et bien. Grâce à la division du travail, et par la coopération disciplinée des divers groupes, tous les préparatifs se poursuivront simultanément, sans confusion, sans perte de temps.
c) Improvisation d'une table à pansements ou à chirurgie urgente. — Il n'est point aisé de faire, en position accroupie, le pansement d'un blessé dont le brancard est à ras de terre : il en résulte un excès de fatigue et moins de correction dans la besogne. Au surplus, cette situation défavorable peut causer des fautes sérieuses au point de vue de l'antisepsie, si le
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sol est piétiné, si de la cavalerie ou de l'artillerie Tout fuulé et souillé : comment en semblables conditions, disposer proprement le matériel?
Mais on improvise, avec un brancard, une table à pansements. Divers dispositifspeuvent être proposés. D'abord s'ilse trouve un fusse, on pourra placer le brancard à cheval sur ses deux revers, ou le déposer sur l'un des bords; en descendant dans le creux, on se trouvera à meilleure hauteur. Supposons le poste à couvert d'un talus : à coups de pioche empruntée aux outils portatifs d'un homme, faites tailler sur le versant une sorte d'entablement, de gradin d'escalier, qui supportera les deux hampes de tètes d'un brancard, les deux pieds seront reçus dans deux branches fourchues, enfoncées dans le sol, et qu'il sera facile de couper sur l'heure ou de préparer et garder à l'avance. Il y aurait peut-être avantage à munir la voiture régimentaire d'un support pliant, léger, en tube creux d'acier, qui se développerait en un cadre de soutènement pour le brancard et que quelques coups fixeraient au sol. — Faites sortir du panier n" 2 le tissu imperméable pour alèze, qui se trouve à droite de la boîte, et servez-vous-en pour recouvrir la toile du brancard : après chaque pansement, on le nettoiera d'un coup de torchon.
d) Classement du matériel. — Il importe que le matériel à pansement et à opérations pressantes soit rangé par lots, disposé suivant les besoins, mis sous la main et sous l'œil en un méthodique étalage ; sinon, ce sont des recherches vaines, du temps perdu et de l'impatience ; c'est la confusion des objets, et, en dernier résultat, l'insécurité. Or, au poste de secours, on manquera de table pour ce lotissement de matériel. Il faut en improviser une, en plaçant à terre, ou, de préférence, en élevant sur deux paniers inutilisés, soit le panneau mobile qui ferme en arrière la voiture régimentaire, soit un brancard. Placez-y et classez les objets suivants qu'il faut prendre dans le panier n° 2 à droite de la boîte :
1° Le bassin carré en tôle émaillée, destiné à recevoir les instruments. Mais ce bassin ne suffira pas à une division ordonnée du matériel instrumental. Si l'on ne veut point emprunter à une autre voiture le même objet, on peut user de couvercles de marmites de campement, préalablement flambés à l'alcool ou à la flamme d'un torchon de paille ou de papier enflammé ; cela fournit des plats commodes munis de poignée. Réservez le bassin de tôle pour les pinces hémostatiques, un couvercle pour les autres instruments, un second pour les moyens de suture, fils et aiguilles. 2° Les deux cuvettes réniformes : déposez les petites compresses dans l'une et les tampons dans l'autre. Utilisez en outre une grande gamelle de campement flambée pour recevoir les grandes compresses et un troisième couvercle de marmite ou, à son défaut, une petite gamelle, pour y placer un supplément de tampons dont il sera fait un emploi considérable. 3° La cuvette à pansement : elle contiendra une solution phéniquée ou sublimée. Mais il conviendra de faire ici appel à du matériel improvisé et d'avoir, en une ou deux gamelles propres, un supplément de liqueur antiseptique et une provision d'eau bouillie chaude. 4° Sur de grandes compresses, ayant bouilli, disposez le matériel à pansement, dans l'ordre