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DE QUELQUES CONDITIONS SPÉCIALES DE L ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE

d'usage et de superposition ; compresses de gaze ; paquets d'étoupe ; nappes de coton et d'ouate de tourbe ; bandes roulées. Tout cela débité par des mains aseptiques,, prêt à l'application, et destiné à passer, sans intermédiaire malpropre, des mains de l'aide préposé à ce soin, aux mains du chirurgien.

III. Asepsie du chirurgien et de ses aides. — La voiture régimentaire ne contient qu'un tablier de médecin : il sera bon de compléter la tenue par une serviette nouée autour du cou. Les manches doivent être retroussées jusqu'à moitié d'avant-bras; avec nos uniformes actuels, c'est tout ce

qu'on peut relever, et encore On peut se demander, à cet égard, s'il

ne serait pas avantageux que le médecin eût des manches ouvertes, analogues à celles des officiers de l'armée d'Afrique, ou tout au moins des manches boutonnées sur la hauteur du parement. Dans le panier n" 2 on trouvera, à droite de la boîte, deux savonnettes antiseptiques et deux brosses à ongles. Il faut, au moins, deux cuvettes pour l'asepsie des mains; or tout le matériel est pris par d'autres usages : deux grandes gamelles de campement feront l'affaire.

IV. Asepsie du matériel. — Ici, il faut faire bien avec peu et faire vite. Un moyen de stérilisation semble ne point dépasser les conditions de fonctionnement du poste de secours : c'est la désinfection par le bouillissage. Faire bouillir de l'eau, voilà une cuisine qui prend peu de temps et est possible en tous lieux et en toutes circonstances ; nous avons, dans l'esquisse de l'aménagement du poste, prévu cette organisation. Sur notre foyer improvisé peuvent bouillir : 1° quelques litres d'eau salée ; 2° un lot de grandes et de petites compresses ; 3° des tampons d'ouate qui serviront à éponger les plaies; 4° les crins de Florence et les bobines de soie tressée ; 5° les instruments métalliques. Soit en tout quatre à cinq récipients, empruntés à la batterie de cuisine du soldat : une marmite de campement pour l'eau salée ; une ou deux pour les compresses ; une grande gamelle pour les tampons réunis en une compresse nouée, pour les fils et les drains; enfin un couvercle de grande marmite pÔur les instruments, le tout cuisant dès la mise en formation du poste, si bien que, lorsque commencera l'œuvre chirurgicale, les objets auront déjà eu le temps de s'ébouillanter. — Or notre matériel, soigneusement préparé et bien empaqueté, n'a point besoin de longue stérilisation; ce sera une garantie de plus, mais si le temps presse on s'en passera.

Campresses et tampons, — Il faut, à ce point de vue, établir des distinctions : les compresses de gaze bichlorurées, les paquets d'ouate sublimée gardent, sinon leur antisepsie primitive, du moins un état voisin de l'asepsie parfaite ; on pourra s'en servir sans stérilisation. Au contraire, les compresses de toile, l'ouate ordinaire, n'offrent aucune garantie; leur aseptisation est obligatoire si elles doivent venir au contact de parties cruentes.

Instruments. — Dans les circonstances urgentes, on pourra désinfecter les instruments métalliiiues par flambage à l'alcool : versez dans le plat en tôle émaillce, une couche d'alcool, répartissez-y les instruments, et

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faites flamber quelques minutes. Quand on u le lenii)S, il est plus si^rdo soumettre au bouillissairi', en pren.mt soin dajoutei- à l'eau du carbonate de soude dans la proportion de 1 pour 100; il serait Ijoii que le panier n° 2 fût muni d'une boîte de fer-blanc contenant le sel alcalin et d'une cuiller-nifsiiic eontenarit Ifs 10 i^^rammes nécessaires à 1 litre.

V. Fonctionnement chirurgical du poste. — La répartition du travail est la condition de sa régularité. C'est l'œuvre du médecin le plus élevé en grade que de faire le triage des cas et la distribution des tâches. 11 y aura tout avantage à constituer des équipes, spécialisées, autant que {)Ossible, dans leur besogne, moyen de ne point embrouiller le matériel et d'éviter aux blessures l'aggravation d'un secours incompétent.

a) Blessures légères. — Dans le cas où le personnel régimentaire est entier, l'unique poste de secours peut arriver à fonctionner comme une petite ambulance volante; si deux postes se forment, cela pourra encore régulièrement marcher; s'il y en a trois, il faudra compter sur la bonne volonté et l'initiative de nos infirmiers et musiciens. Une ou plusieurs équipes, suivant l'afflux des blessés, pourront être préposées aux pansements simples : coups de feu des parties molles, plaies superficielles sans fractures des membres, sans atteintes viscérales. Elles seraientcomposées d'infirmiers ou de musiciens.

b) Fractures sans complications. — Un autre groupe s'occuperait des fractures à plaies étroites, sans complication d'hémorragie, ne réclamant (qu'une occlusion antiseptique et l'immobilisation : types simples parmi les fractures compliquées. Cette mission serait confiée à des équipes réunies sous le contrôle d'un médecin auxiliaire ou aide-major. Dans ces deux groupes, on devra être sobre de lavages, d'abord pour économiser l'eau, dont l'approvisionnement est restreint, ensuite parce que la balle n'apporte point avec elle des germes septiques, excepté quand elle entraîne des lambeaux de vêtements; suivant l'observation de Schimmelbusch, aucune irrigation ne saurait mieux nettoyer la plaie que le sang qui sort des parties profondes; il serait à craindre, au contraire, qu'une irrigation mal réglée ramenât vers la blessure des souillures balayées des téguments voisins. Au cas où le salissement par la boue et les détritus crasseux nécessiteraient un nettoyage, il faut recommander aux panseurs de maintenir la plaie couverte d'une compresse ou d'un gros tampon pendant que l'on savonne la zone cutanée avoisinante. Le pansement sec est le pansement de choix pour ces équipes : on saupoudrera la plaie d'iodoforme; on la couvrira d'une compresse sublimée et d'un manchon d'étoupe, de coton ou d'ouate de tourbe.

c) Cas opératoires urgents. — Les cas graves, nécessitant une intervention chirurgicale urgente, relèveront d'un groupe composé d'un médecin et de l'élite des infirmiers. Comptez sur un aide coopérant qu'il serait avantageux de choisir parmi les médecins auxiliaires, sur un préposé aux tampons et compresses, sur un autre ayant charge de faire passer les instruments, et, â la fin de l'opération, les drains et les fils : soit un minimum de trois aides, auxquels il faut joindre un brancardier occupé

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à présenter, pour les ablutions manuelles, la cuvette emplie de solution antiseptique tiède, à charger Tirrigateur, à recevoir les parties enlevées.

Mais, comme le définit le règlement, cette chirurgie de première ligne se limite aux soins urgents ; elle ne doit viser que la mise en état des blessés pour un transport rapide vers l'ambulance. Ce principe ne comporte, d'infractions que dans le cas où la faible densité des atteintes et l'allure ralentie de la bataille laisseront du temps et du calme. Le groupe opérant aura à s'occuper des fractures comminutives compliquées de larges plaies ou d'hémorragie ; ces foyers sont exposés à de sévères infections, si on ne les traite point avec une asepsie sans reproches, et, par conséquent, nécessitent une main médicale. Rares seront les cas, exceptionnelles les conditions de combat où le médecin pourra faire autre chose qu'un • nettoyage rapide de la plaie ; si une pièce osseuse libre se montre, si l'on aperçoit un lambeau vestimentaire on l'extraira ; mais le temps et les moyens manqueront pour une esquillotomie en règle. L'important sera une bonne immobilisation, après un pansement aussi aseptique que possible.

L'hémostase réclamera des secours urgents. Le nombre sera grand de ceux que couchera sur le terrain l'hémorragie d'une artère maîtresse. Mais d'autres pourront arriver jusqu'au poste de secours, soit que la tunique externe ait réalisé l'hémostase spontanée — hémostase fragile — soit qu'une compression opportune ait arrêté la perte sanguine. Or, ce garrot aura été souvent appliqué à la racine du membre, sur les vêtements ; et, par mesure d'antisepsie, il n'est pas prudent de laisser jusqu'au pansement d'ambulance une hémostasie aussi irrégulière. D'autant qu'il faut s'occuper de la fracture concomitante ; d'autant aussi que cette ischémie totale doit être au plus tôt supprimée. Donc, le chirurgien desserrera le lien constricteur, et, faisant écarter les bords de la blessure libérés au besoin par un débridement, guettera les jets vasculaires, qu'il forcipressera. S'il est possible, il liera les deux bouts; si la tentative est malaisée, si l'on perd du temps et du sang, mieux vaudra laisser à demeure les pinces hémostatiques qu'on enfermera, sans déplacement possible, dans les pièces de pansement. Aseptiques, elles sont tolérées jusqu'aux délais de l'hémostase stable : vingt-quatre heures pour les artères moyennes, quarante-huit heures pour les vaisseaux principaux. Nous avons employé, avec profit, ce mode d'hémostase.

Pas de débridement préventif, mais simplement les libérations nécessaires à l'hémostase et à l'antisepsie; pas de stylet fouillant les plaies de poitrine, de l'abdomen et du crâne qui peuvent ainsi s'inoculer; en tout cas, une exploration toujours aseptique, rapide et réduite à la constatation des dégâts réparables sur l'heure. Pas d'amputations primitives, car on ne peut appeler de ce nom la régularisation d'un membre irrémédiablement mutilé, comme le feront les éclats des gros projectiles : il suffira d'un trait de scie pour achever ce divorce et de quelques incisions « ramassant » les chairs de ce moignon atypique ; mais cela sera lestement conduit.

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