‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 131 sur 191 · ABCÈS OSSEUX · texte numérisé non relu

ABCÈS OSSEUX

En 182-4, Brodie se décida à couper la jambe d'un malade qui présentait un gondemcnt du tibia accompagné de douleurs intolérables. A l'examen du membre, il reconnut un abcès creusé dans l'extrémité inférieure du canal médullaire : on aurait pu conserver le membre en évacuant le pus au moyen de la trépanation. « Cette leçon, dit Broca, ne fut pas perdue pour lui. » A quatre années de là, ayant à traiter un cas analogue, il trépana l'extrémité tibiale et évacua du premier coup un petit abcès contenant « deux drachmes » de pus. Dès 1840, Brodie avait trépané et guéri six abcès, et Liston deux. Dès lors, « l'opération de Brodie », ou mieux de David, puisque, dès 1764, notre chirurgien français avait signalé les abcès osseux et conseillé leur trépanation, fut érigée en méthode de traitement des abcès chroniques des os ; ce fut Broca (1) qui, dans V Encyclopédie de Costella, décrivit l'aflection et vulgarisa le procédé opératoire.

Un gonflement osseux circonscrit ; une douleur vive, intermittente ou continue avec exacerbations ; une sensibilité aiguë à la pression locale ; la désespérante ténacité du mal ; la présence fréquente d'accidents ostéomyélitiques au dossier du malade, voilà des raisons suffisantes pour prendre le trépan. C'est la seule façon de mettre fin à ces souffrances « excruciantes », cause d'insomnies rebelles, et qui ont parfois poussé le malade au suicide. Gosselin, il est vrai, conseille dans l'ostéite névralgique le chloral, la morphine, le sulfate de quinine, le bromure de potassium ; il relate les bons effets de la compression ouatée, que Naud a prônée et qui aurait donné un succès à Nélaton. Ollier et Ponce t (2) disent bien que l'ostéopériostite douloureuse cède parfois à de larges vésicatoires, à des émollients, à l'application répétée de sangsues. D'autre part, il est manifeste que, si l'on soupçonne chez le malade l'arthritisme ou la névropathie, il sera peut-être efficace de s'attaquer à l'état général. Mais, en vérité, il ne faut point ni trop ni trop longtemps compter sur de temporaires accalmies : la fatigue, la marche, les impressions

(1) Broca, Tfie Cyclopediu of praclical Surgery, vol. Ilf, art. Osteitis.

(2) Ollieh et PoNCET, Gaz. des hôpitaux, 1874, p. 90'J.

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