KYSTES DES OS
mailles du tissu spongieux avoisinimt. « Cotto infiltration dos échinoooques dans lo tissu osseux, dilTi-endelLiihiirg(l), rappidl*; c(dle dos noyaux cancéreux dans l'ostéomalacie cancéreuse » :or, une seule vfJsicule intacte laissée sur un point (piolconquo de l'os va faire de la récidive. Dans l'Iiypothèse d'un foyer liydaticpic circonscrit, après curage total et ablation des séquestres, du liquide purulent, des poches vésiculairos, on établira un drainage iniHliodlipie de la région. Dos ouvertures pratif|uées aux points di'cii vos doniioront passage à de gros drains, pcrmoltantchaquo jour de grands lavages antiseptiques. Comme le dit Gangolphe (2), « on pourra sans doute varier la nature dos liquides, maison devra compter davantage sur leur action désinfectante que sur leurs i)ropriétés parasiticides ».
Les considérations da siège font d'ailleurs varier la thérapeutique. Les kystes du crâne, développés dans le sinus frontal, sont accessibles au chirurgien. « Sur les dunes qui servent de digues à l'Océan, écrit Escarraguel, nous avons appris des bergers que, lorsque leurs moutons présentaient des cas d'hydatides des os du crâne, et que ces derniers, vides, amincis, bombaient en tumeur, ils brisaient tranquillement cette portion de la boîte épicrânienne, vidaient les hydatides, et, par cette opération, guérissaient les animaux. Pourquoi ne les imiterions-nous pas? » C'est, en effet, à la résection de la paroi antérieure du sinus, à l'évacuation large de la cavité, à son drainage rigoureux, qu'il faudrait recourir en pareil cas. Mais il semble que la guérison soit lente à obtenir : chez la malade de Keate (3), la tumeur se reproduisit cinq ou six fois en moins d'une année, et ne guérit qu'après la mise â découvert du fond du sinus, où se trouvaient encore une demi-douzaine d'hydatides. En dépit de la trépanation large du sinus, la malade de Langenbeck (i) conservait sa tumeur un an après l'opération : la guérison ne se produisit qu'après drainage par un double séton.
A propos d'une observation de kyste hydatique du rachis développé entre les méninges et les lames vertébrales, et s'étant accompagné d'une myélite suppurée,Pelletan déclare : « Je regrette de n'avoirrien fait pour la malade ; je suis convaincu qu'à l'époque de l'entrée de la malade à l'hôpital, alors que le tissu propre de la moelle n'était pas altéré dans son organisation , si le diagnostic avait été bien établi, il aurait été possible de la guérir en ouvrant le kyste. » C'est rationnel, et, à notre période antiseptique, ce serait efficace. D'autant qu'on peut être mené à cette intervention par une erreur de diagnostic : nous avons vu, en 1885, à la Société anatomique, deux kystes hydatiques qui, à la façon de deux abcès par congestion, avaient migré vers le psoas iliaque. Dans le squelette du l)assin, les hydatides pullulent si activement que l'envahissement est diffus et l'intervention précaire : dix fois sur onze la mort a été la con-
(1) TREXt>ELENRiRG, Verliatidl. der Deufsch. Gesellsch. fur Chirurgie, 1881, Bd. X,
(2) Ganoui.phe, Thèse d'agrér/alion, 1880, p. lOG.
(3) Keate, Mcd. Chir. Transactions, t. X.
(4) Langenbeck, l7i Davaine, Traité des enlozoaires, 1877, p. .jSL
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séquence de cette lésion. Bardeleben (1) réussit toutefois à sauver sa malade : il enleva avec le ciseau un segment osseux triangulaire de six centimètres de base, ouvrit largement la cavité, et la cura d'un grand nombre d'échinocoques de grosseur variant entre celle d'un pois et d'un œuf de pigeon ; un gros drain fut placé en arrière. La malade est sortie guérie, et en état de reprendre son métier de blanchisseuse. Celui de T'-endelenburg subit la résection de la hanche et parut guéri quelques mois ; mais la récidive survint, il fallut désarticuler la cuisse, et l'opéré succomba au choc opératoire.
Aux membres, dans l'hypothèse d'un foyer hydatique limité, de bonne heure reconnu tel par la ponction exploratrice, l'incision large, avec curage, évidement osseux et drainage, peut amener la guérison. Cùulson (2) réussit ainsi dans un cas de kyste de l'extrémité supérieure du tibia ; Demarquay (3) obtint un bon résultat par l'évidement du canal médullaire élargi et plein d'une matière pulpeuse grisâtre qui fut d'abord qualifiée de « pus concret » et, au microscope, reconnue composée de masses hydatiques : l'opération fut conduite comme une véritable séquestrotomie; de fait, l'affection avait toute l'allure d'une ostéite nécrosique.
Il faut s'attendre à toutes les surprises en matière de kystes hydatiques osseux. Un os s'est fracturé ; une pseudarthrose persiste : on intervient par la résection des bouts fragmentaires, et l'on est étonné, comme le fut Dupuytren, de « trouver surl'extrémité du fragment une cavité d'un volume double et même triple de la cavité médullaire ordinaire, cavité qui contenait une incroyable quantité d'hydatides vésiculaires blanches, de volumes différents, les unes très petites, d'autres grosses comme une noisette». En pareille occurence, il faudra imiter la conduite de Wickham, Dupuytren, Labbé,Kuester: mettre largement à découvert le foyer de fracture, extraire toutes les hydatides, aviver les bouts osseux et suturer. Mais il n'y a que Labbé (i) qui ait réussi àguérir ainsi sa malade et à consolider sa fracture ; et encore son opérée traversa des accidents graves, souffrit pendant plus d'an an d'abcès multiples et répétés, et, trois ans après, vit sortir une vésicule par une fistule persistante.
Kuester (ojduten venir à la désarticulation de l'épaule pour une ostéoarthrite consécutive à une tentative contre la pseudarthrose humérale ; le membre, d'ailleurs, était inconservable : de petites vésicules, variant du volume d'une tête d'épingle à celui d'un pois, au nombre de vingt environ, se répandaient dans les muscles voisins et eussent fait de la récidive. Kanzow et Duplay durent désarticuler la hanche pour pseudarthrose fémorale. Et l'on comprend que l'on soit trop souvent amené au sacrifice du membre, tant l'os est aminci et compromis en son rôle de soutien, tant sont diffuses les lésions. Il n'y a qu'à considérer, pour s'en
(1) Bardelebrn, Herim. klin. Wochenschr., 1883, p. 825.
(2) CciuLSON, Med. TinifS ami Gaz., juin 18.'>8.
(:i) Demarquay. Bull, de la Soc. de c/iir., 18G9, p. 11.
(4) Labbé, In Thèse rf^ Viilal, 1877, p. ai.
(jj KuKSTEn, Berlm /clin. Wochenschr., 1870, p. 145.
OSTEOSARCOMES.
convaincre, le dessin qui accompagne l'observation do Ilalm 'Ij : sa malade subit l'amputation de la cuisse pour un foyer liydatique du genou. Tout le tissu spongieux de l'épiphyse fémorale était infiltré de vésicules : du côté du tibia, il y en avait jusqu'au milieu de ladiaphyse.
Tumeurs iiialiuriics.
1 " Indications générales de leur traitement. — Le seul mode de traitement des tumeurs malignes des os est leur ablation, et celle-ci, pour être efficace, sera précoce et complète. Toutes les fois donc qu'on ne peut enlever la totalité de la tumeur, l'abstention est la règle. C'est le cas, par exemple, de l'ostéosarcome de la hanche, quand il a envahi le squelette pelvien. Anger, Bœckel sont intervenus et n'ont pu dépasser le mal : ce dernier chirurgien, pour une tumeur récidivée, pratiqua la résection de la plus grande partie de l'ilium : il eut la satisfaction d'un succès opératoire, mais la déception d'une large récidive après trois mois. En pareil cas, l'immobilisation de la jointure, l'extension continue, l'évacuation des poches de dégénérescence kystique sont les seules ressources palliatives à proposer. L'ostéosarcome rachidien est dans la même catégorie des tumeurs osseuses inopérables. Nous avons assisté à une résection costale pratiquée par Delorme pour ostéosarcome des côtes mais, dès le premier mois, l'opéré succombait avec des noyaux sarcomateux dans les poumons. La nature de latumeurosseuse peut-elle contre-indiquer l'intervention? Assurément il est des sarcomes à myéloplaxes peu récidivants, n'envahissant qu'exceptionnellement les tissus ambiants après rupture de la coque osseuse ; par contre, les sarcomes fuso ou globocellulaires, les sarcomes ostéoïdes sont des formes àrepuUulation rapide, à généralisation fréquente, à infection ganglionnaire menaçante. Gross a même dressé l'échelle de malignité de ces différents types néoplasiques :