LUXATIONS DE LA HANCHE
A. — Luxatîous récentes de la hanche.
1" Luxations en arrière. — § l'='". Manœuvres de douceur. — Fléchir la cuisse sur le bassin, la porter dans l'abduction, et terminer en la ramenant en bas et en dedans sur le plan du lit, voilà la formule simple de réduction des luxations de la hanche en arrière. Il est facile de comprendre quelle route ces divers temps font parcourir à la tête luxée. La flexion, temps initial et condition essentielle, fait descendre la tète et l'amène à la partie postéro-inférieure du cotyle, tout en relâchant le ligament ilio-fémoral, dont la tension est, comme l'a montré Bigelow, le principal obstacle à la réduction : notre schéma montre ce cheminement de la têle de la position I à la position II.
Dans le mouvement d'abduction, le fémur se comporte comme un levier coudé : pendant que son grand bras, constitué par la diaphyse, se renverse en dehors, le col et la tête, qui forment le petit bras de levier, contournent d'arrière en avant le sourcil cotyloïdien, dont ils longent de près le versant externe; ils se rapprochent ainsi de l'échancrure et de la plaie capsulaire, que nous savons siéger toujours ou presque toujours à la partie inférieure, point faible de la capsule : la tête s'est donc portée de la position II vers la position III. C'est le faisceau externe du ligament en Y qui constitue le point d'appui dans ce mouvement en levier. — Enfin, le troisième temps fait rentrer la tête dans le cotyle ; et c'est encore, avec le même point d'appui un mouvement de levier coudé. Pendant
LUXATIONS [)K LA IIANCIIK. 677
que la diaphyso lémoralo s'ahaisso en bas et en dotlans, la U'ic, que les leinps pr(''cédenls ont anionOe en regard de la brèche capsulaire, remonle en glissant sur Ir talus externe du sourcil, chevauche sacrôte, la franchit (;t tombe dans le cotyle : de la position 111 la tête a gagné la position IV. C'est, en somme, le procédé de Després (1), et Higelow n'a point trouvé une foi-mulf inédite en écrivant: « Fléchir, mettre dans l'abduction, ren-
Fig. 141. — Kéducliou d'une luxalion de la hanche en arrière. — Scliérna : l" lemps.
verser en dehors ». Le mérite du chirurgien américain est d'avoir nettement établi le mécanisme de cette formule empirique. Notons cependant une nuance dans le procédé : Desprès fléchissait la cuisse « en dirigeant le genou vers l'épaule du côté opposé » ; c'était donc une flexion avec adduction; elle se produit d'ailleurs naturellement, à un degré plus ou moins accentué, en raison de la position en adduction des luxations dorsales.
Pour la plus grande commodité de la manœuvre, le chirurgien saisit d'une main le genou du membre luxé, et de l'autre le cou-de-pied : la jambe étant fléchie sur la cuisse, il a ainsi une véritable « manivelle
(1) Despkès, Bull, de la Soc. anat., 1835, p. i et 183G, p. i5 et 169.
LUXATIONS EN PARTICULIIÎR.
coudée », avec laquelle il est facile d'exercer sur le fémur les mouvements successifs de levier. La cuisse doit être fléchie fortement, surtout dans les luxations sur le dos de l'ilium, mais sans aller au contact de l'abdomen, comme quelques-uns le recommandent. Dans les luxations ischiatiques, la tête n'a pas à descendre autant, et la flexion peut être plus modérée et ne point excéder l'angle droit. Au moment de l'abduction, le genou
Fig. Ii2. — Uêdiiotioii d'une luxaliou de la hanche en
Schéma : 2» cl 3" temps.
seul sera porté en dehors : la main qui tient le pied doit restera peu près immobile. Au reste, on n'emploiera que des manœuvres de douceur. Quand la'^llexion rencontre une résistance sérieuse, il faut commencer l'abduction ; quand l'abduction est limitée par une résistance notable, c'est le moment d'abaisser progressivement le membre dans l'extension. La formule d'Ilamilton est bonne : « Le membre doit suivre constamment sa propre impulsion ».
Le troisième temps peut présenter des diflicultés. La flexion et l'abduction ont bien amené la tète au voisinage de la plaie de la capsule ; mais le dernier mouvement est impuissant à la (aire lentrer dans le cotyle,