‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 144 sur 191 · LUXATIONS DE LA HANCHE AVEC IRACTURES · texte numérisé non relu

LUXATIONS DE LA HANCHE AVEC IRACTURES

la violence des t(!iilalives de réduction soit plus justement en cause. <Juunt au féinur décapité, on pourrait essayer de le refouler vers le cotylc : en tous cas, il est indiqué de le placer en bonne direction, et rien n'y réussira mieux (|ue Textension continue. Alors, de deux choses l'une : ou bien il pourra se souder au IVagmimt céphati(iue voisin, et, grâce à cette sorte d'ostéoclasie accidentelle et correctrice, le membre, que la luxation avait mis en position vicieuse, sera, de par la fracture, placé en position rectiliée. — Lossen (1) a été le seul à observer ce résultat ; — ou bien il s'établira soit une pseudarthrose entre la tête et le fémur, soit ■une néarthrose entre le fémur décapité et rilium,et, grâce à l'influence assouplissante des mouvements, le membre pourra récupérer un fonctionnement utile. La malade observée par llervez de Cbégoin (2j cinq ans après son accident « allait si bien qu'elle pouvait monter et descendre les escaliers » . Le malade dont Ilaillard a communiqué l'observation eut son col rompu pendant la réduction d'une luxation vieille de dix mois : on se contenta de mettre un plâtré ; avec un appareil analogue à celui que Mathieu a construit pour la coxalgie, la marche était bonne et sûre. Celui ■de Gaertner (.'3) marchait dès la treizième semaine avec une canne, et a pu reprendre son métier de maçon. Albert (4) rompit le col fémoral à une femme atteinte de luxation irréductible ; la patiente fut maintenue en position corrigée, mais il ne se fit pas de consolidation ; néanmoins l'amélioration fonctionnelle fut notable : auparavant, la malade ne pouvait marcher qu'avec des béquilles ; il lui suffisait maintenant de s'aider d'un bâton.

Pour réséquer la tète fémorale, surtout pour en faire la résection primitive, il faut avoir la main forcée par une indication formelle. Wippermann nous paraît trop délibérément conclure en disant : «Si l'on reconnaît que la fracture est absolument intracapsulaire, on peut, avec les précautions antiseptiques, faire la résection primaire de la tête luxée, et abréger ainsi le traitement ». D'abord cette distinction des fractures en intra et exlracapsulaires est un cliché classique à reviser. Ensuite, si la fracture est intracapsulaire, et partant vouée à la pseudarthrose, la chose n'est point défavorable au rétablissement fonctionnel du membre, par un procédé analogue à la « méthode de Riberi » suivie pour des cas similaires de l'épaule. Qu'on résèque la tète fémorale quand cette tète abandonnée en place cause de douloureuses compressions nerveuses, ou quand la suppuration intra-articulaire et la nécrose y obligent, comme cela est arrivé à Bryck et à Czerny, ces indications nettes et suffisantes sont les seules que nous acceptions.

(1) Lossen, Verletzungen der iinteren Extreuiitiiteu. Deidsche Chirurgie. Lief. 65, 1880, p. 55.

(2) IIervez de Ciikgoin, Bulletins de la Société de clnrurgie de Paris, 1868. [■]) Gaertner, Wiirtemberg. Correspondenzblalf, XLU, 36, 1872.

(4) Albert, Lehrbiich der Chirurgie, Bd. lY, p. 298.

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