‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 15 sur 191 · DE QUELQUES CONDITIONS SPÉCIALES DE L ASEPSIE ET DE L ANTISEPSIE · texte numérisé non relu

DE QUELQUES CONDITIONS SPÉCIALES DE L ASEPSIE ET DE L ANTISEPSIE

vider Tarticle d'un épanchement sanguin énorme, d'enlever les blocs osseux détachés, de toucher la synoviale, si elle a subi des infections graves, avec le chlorure de zinc, de l'irriguer à l'eau bouillie, sublimée à un faible titre, de débrider pour placer des drains et assurer les voies de décharge, surtout de faire une épaisse occlusion avec la gaze iodoformée et Touate.

f) Hémostase. — Des blessés arriveront à l'ambulance qui auront reçu au poste de secours une hémostase insuffisante, dont le membre aura été d'urgence étreint dans un tourniquet à baguettes, dont la plaie aura été tamponnée à trop faible pression, et dont le pansement sera traversé de sang : il conviendra, en pareil cas, d'appliquer le tube constricteur d'Esmarch et lier les vaisseaux qui donnent.

g) Autres interventions urgentes. — De même — et ce sont encore des moyens d'antisepsie — il peut être urgent de placer une sonde à demeure pour éviter l'infiltration d'urine dans un cas de blessure urétrale; de suturer une plaie vésicale ; de clore une éventration et de coudre une anse herniée ; de régulariser une plaie du crâne ; de relever un fragment défoncé, ou d'arrêter une hémorragie de la méningée moyenne qui fait une compression cérébrale, mortelle à bref délai. Mais ce n'est point à l'ambulance que doivent se discuter les cas embarrassants de la chirurgie crânienne ou abdominale : outre qu'il s'agit là de points de doctrine encore contestables, de pareilles interventions auraient le grand tort de nuire, pour une minorité de cas incertains, à la majorité des autres blessés qu'une antisepsie prompte peut sauver. Un médecin manquerait à son devoir s'il employait une heure et plus à traiter une plaie pénétrante d'abdomen pendant que l'ambulance s'encombre de fracturés non immobilisés ou de blessés perdant leur sang. Tous ceux qui sont transportables doivent être évacués ; ceux qui sont moribonds, meurent.

§ 4. A l'hôpital de campagne. — I. Organisation de l'antisepsie. — L'organisation de l'antisepsie, dans l'hôpital de campagne, comporte le même dispositif général qu'à l'ambulance : inutile donc d'en rééditer les détails. La différence entre les deux formations n'est pas dans les moyens matériels, qui sont de type similaire, mais dans les conditions de fixité dans l'installation et d'éloignement des zones vulnérables. Ce qui changera, ce n'est pas le plan général d'exécution qui demeure constant, mais l'étendue de l'action opératoire.

Ce que nous avons dit de l'aménagement de l'ambulance, installée en maisons d'habitation, s'applique d'autant plus à l'hôpital de campagne que ce dernier est exposé à la relever dansles mêmes locaux. Organisation des feux; approvisionnement d'eau; tables improvisées; constitution des groupes et répartition du matériel : tout cela peut s'exécuter suivant les mêmes règles.

On trouvera dans le panier n° 0 trois cuvettes en tôle émaillée, réservées, l'une aux tampons, l'autre aux compresses, la troisième à une solution antiseptique. La caisse n" 6 et le panier n° 0 renferment huit bassins rectangu-

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laires en tAlc éniaill(''e, dont deux ou quatre peuvent être attribuées aux fçroupes chargés des pansements, et les autres au groupe d'opération.

L'asepsie du chii'urgien et de ses aides ne comporte pas de régie spéciale : le panier n° A contient les sarraux et tabliers n(icessaires à une tenue aseptique ; dans le panier n" 0 se trouvent trois cuvettes en fer battu qui serviront à la toilette des mains. L'aseptisation du matériel peut se cabjiicr exactement sur le programnu3 applii able ii l'ambulance.

II. Fonctionnement chirurgical de l'hôpital de campagne. — Un convoi de blessés arrive. Il est fait immédiatement un triage des blessés, suivant l'urgence et le mode de secours qu'ils réclament.

Les équipes affectées aux pansements renouvellent les appareils que le sang a traversés, ceux ([ui i)rovoquent de la souffrance, ceux qui paraissent avoir été trop étroitement serrés, ceux qui se sont dérangés et ne font plus une occlusion parfaite.

Et si, en pareille occurrence, il y a de grandes probabilités d'infection déjà réalisée, on nettoiera à fond la blessure par un copieux lavage antiseptique : les surfaces suspectes, malodorantes, seront touchées au chlorure de zinc au huitième ; les lambeaux de tissus gravement meurtris et voués au sphacèle seront ébarbés : les clapiers et les décollements, propices à la septicémie gangreneuse, seront largement débridés, et, s'il y a lieu, cautérisés au fer rouge ; un gros drain aux points déclives assurera la vidange du foyer. Dans le cas d'infection sévère, on pourra installer l'irrigation continue, très recommandable pour les blessures souillées du membre inférieur. Le bain chaud antiseptique prolongé fait merveille dans les traumatismes infectés du membre supérieur; les douleurs s'apaisent, l'inflammation se limite, le foyer se déterge sans hémorragies secondaires, la zone stupéfiée reprend sa vitalité première. Le sjjray continu excelle à désinfecter les foyers anfractueux, mais superliciels; c'est le moyen de choix pour les plaies du périnée, du cou et de la tête.

Les appareils d'immobilisation placés à l'ambulance seront revisés, et, s'il y a eu dérangement pendant le transport, remplacés. Nous doutons fort que les appareils plâtrés soient praticables à l'ambulance. Ici, on a plus de temps, et, si la plaie paraît nette, sèche et saine, si les fragments sont contenus, si la tuméfaction du membre est médiocre, on pourra placer une gouttière plâtrée, qui assure une immobilité précieuse pour les longues évacuations. Les médecins des hôpitaux de campagne auront à pratiquer des csquillotomies secondaires et à insister sur les opérations économiques, sur les résections partielles, sur la désinfection des fractures diaphysaires et articulaires. Avec l'antisepsie qui relarde, atténue et supprime souvent les complications infectieuses, nous pouvons, plus longtemps que jadis, maintenir blessé et blessure dans cette période d'expectation.

Ce que pourra être, à l'hôpital de campagne, la chiiurgie crânienne et viscérale, on ne peut le tîxer : cela dépendra des circonstances et des hommes.

Plusieurs éventualités se présentent : 1° il s'agit d'une plaie opératoire ou accidentelle, qui n'a eu ni le temps, ni l'occasion de se souiller ; 2° on a affaire à une plaie suspecte d'infection; 3° la plaie est infectée.

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