A.NKVLOSKS ANGULAIRES DU GENOU
peu de mobilité pour qu'on puisse, sans dégâts aveugles, obtenir un redressement, il faut faire porter raclion correctrice sur le squelette luimôme. Le clioi.x est à faire alors entre ces deux partis: ou bien supprimer les extrémités articulaires et, avec elles, l'angle d'ankylose par larésection ; ou bien, sans toucber à lu jointure, opt-rer le redressement du membre, soit par la fi-aclure chii-urg-icale du fémur — ostéoclasie — soit par sa section à ciel ouvert — ostéotomie.
A l'avènement d(! l'antisepsie, l'ostéoclasie, grâce à la précision de ses instruments, a paru l'emporter. A l'iieure actuelle, lostéotomie aseptique devient le procédé de choix : elle est plus exacte, aussi bénigne, suivie d'une cicatrisation osseuse aussi rai)ide et n'exige point une instrumentation
!: ; ( il
Fig. 189., — Uedrcsscincnt par l'osléoclasie de laiilivlosc à ansle ai^u.
Fig. lUU. — Kedressemenl de l'ankylosc i angle aigu par réseclion trapi'zoïdale comprcuanl toute la masse condvlo-rotulienne.
spéciale. Elle peut se combiner avec la section à ciel ouvert des tendons fléchisseurs. Sa technique est d'une extrême simplicité : une incision courte, de 2 à 3 centimètres, est pratiquée à deux travers de doigt au-dessus de la tubérosité du condyle interne ; la section osseuse est faite avec le ciseau de Mac Ewen, suivant les règles applicables au genu valgum. 11 ne faut point porter trop bas cette section fémorale : on se rapprocherait ainsi des brides fibreuses résistantes qui sïnsèrent aux condyles ou des foyers intraépiphysaires mal éteints.
Dans le cas d'un genou ankylosé à angle aigu, sous un angle de 130 à 130°, l'ostéoclasie serait inapplicable : pour ramener le tibia dans l'axe du fémur, il faudrait remonter le genou au-dessus de la fracture, et l'élever d'autant plus que l'angle de l'ankylose a été plus aigu, ce qui ne peut
ANKYLOSES.
donnerqu'un membre difforme et énormément raccourci : Robin lui-même reconnaît qu' « une ostéoclasie unique ne peut suffire alors pour mettre le membre dans la rectitude, car, dans ces conditions, le fragment inférieur serait dans une situation telle par rapport au fragment supérieur que la consolidation se ferait très difficilement ».
D'ailleurs, l'ostéotomie linéaire ne saurait davantage convenir à ces ankyloses en forte flexion. C'est à l'ostéotomie cunéiforme du fémur qu'il faut, dans ces cas, avoir recours chez l'enfant : car il importe de respecter chez eux les cartilages de conjugaison, d'autant plus menacés
Fiff. 191.
Excision osseuse dans l'ankylose à an^le droit.
Fi". 192.
Excision osseuse dans l'ankylose à angle aigu.
dans une résection portant sur une jointure guérie après une vieille ostéoarthrite, que les lignes diaphyso-épiphysaires présentent des ondulations très irrégulières, suivant qu'un condyle atrophié se trouve, nous dit OUier, à côté d'un autre qui a pris un développement exubérant. On pratique une section transversale de la peau au-dessus de la rotule ; l'os est découvert et le périoste récliné en haut et en bas, en restant sur la diaphyse. Soit avec la scie circulaire ou cultellaire, soit avec le ciseau, on pratique sur le fémur deux sections osseuses, circonscrivant un coin dont la base tournée en avant mesure environ 2 centimètres de largeur. On peut, si elle n'est complète, achever à la main la fracture de la lame compacte postérieure. Le membre est mis dans une gouttière plâtrée.
Chez l'adolescent qui a presque achevé son développement et chez l'adulte, la résection constitue le traitement de choix des ankyloses à angle aigu. Quand la soudure osseuse est complète, il n'y a plus d'articulation et l'intervention est plutôt une excision cunéiforme ou trapézoïdale, suivant le degré de l'angle de flexion. Pour les flexions simples, nous dit OUier, quand les deux segments sont sur le même plan antéro-postérieur, on découpera aisément le coin: il suffit de faire les coupes du fémur et du tibia respectivement perpendiculaires à l'axe de ces os. Si l'on veut plus de précision, le coin à exciser doit être mesuré par l'angle supplémentaire de l'angle de flexion. Nous avons pu (l), en nous aidant de la radio-
(1) FoRGUE, Académie de médecine, Séance du 28 juillet 1890.