‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 181 sur 191 · II. — Traitement «u'tliopédiqiie · texte numérisé non relu

II. — Traitement «u'tliopédiqiie

Une llu'rapiiiti(|ii(' rationnelle s'en di-duil. A la pii niicre période des douleurs et des contractures, une double indication s'impose : soutenir la voilte [)lantaire; supi)rimer le surmenage des muscles et fortifier leur action. Le repos est la prescription initiale et obligée : il suffit dans les cas légers et l'on voit le pied redevenir souple au ballottement. Puis, il s'agira d'entrainer les musles, clefs de voôte plantaire, par des exercices méthodi(iues. — Les meilleurs ont été réglés par Witliman (1) et par Ellis (:2) : le malade doit apprendre à « faire des pointes » sur l'extrémité des orteils, garder cette position quelque temps et descendre graduellement sur le talon ; ou bien il tourne une roue dont la manivelle est si élevée qu'on ne l'atteint qu'avec peine lorsqu'elle est au haut de sa course. Les frictions sèches, le massage, l'électricité seront employés à tonifier les muscles insuffisants, non pas seulement les péroniers — mais aussi les jambiers impotents.

11 est classique de conseiller le port de semelles portant, sous le bord interne du pied, une plaque de liège, haute d'environ un centimètre au niveau de la partie moyenne, et mourant de là en biseau vers la pointe, le talon et le bord externe. iMais tous les malades, fiappés de larsalgie, ne supportent point avec profit cette disposition : nous ne pouvons, nous dit Bloch, qui a eu l'occasion de faire sur lui-même une étude thérapeutique comparée, nous ne pouvons marcher sur une semelle de liège trop épaisse, parce qu'elle exagère notre voûte plantaire et écarte nos cunéiformes les uns des autres, en exerçant de bas en haut une pression analogue à celle que la saillie insolite du bord interne du godillot exerce sur la voûte plantaire du conscrit paysan habitué à marcher pieds nus. Rétablir, par rapprochement des deux bords interne et externe du pied l'arc scapho-cunéo-cuboïdien, dont la dislocation a permis l'afîaissement de la voûte ; diminuer le diamètre transversal de la plante élargie et plate : telle est le principe d'un appareil orthopédique , imaginé par Bloch (3), qui s'est ainsi guéri, en refoulant le cuboïde vers les cunéiformes. Un tuteur en acier ayant six centimètres de large sur quatre de haut, convenablement matelassé, occupe, en position variable, grâce à un pas de vis, le ])ord externe d'une semelle mobile qui s'enlève et se remet à volonté dans la chaussure; il se fixe à une liande d'acier transversale qui sous-tend, en un véritable ligament transverse, l'arc cuboïdo-cunéen de la plante.

Une période vient où le repos ne suffit plus à supprimer les contractures. 11 faut alors, dans le sommeil anesthésique, redresser le pied et l'immo-

(!) WiTii.AiAN. Boston med. and surg . Journ., ISSS, vol. CXVIII, p. ô9S.

(2) Ei.Lis, The lirilish med. Joiirn., 30 juin 1888, vol. 1. p. i:377.

(3) Mal lucE Bloch, Le pied plat douloureux : sa patbogéuie, son traitement. Paris, 189i.

biliser en bonne attitude dans un plâtré. « Au bout de huit à dix jours^ iious dit Broca (J), vous commencez à retirer la gouttière une fois par jour pour électriser et masser les muscles de la jambe; puis peu à peu vous rendrez au pied sa liberté et quand, sans appareil, il sera resté souple pendant quelques jours, le malade étant couché, vous permettrez la marche à doses progressivement croissantes et vous instituerez le traitement de la première période. » Ce traitement orthopédique « trop négligé chez nous », comme le dit Berger (2), est assez long: exigez des des délais de deux à quatre mois ; et ne rendez qu'avec lenteur le pied aux mouvements et à la fatigue, de même qu'il convient de graduer le traitement électrique, sous peine d'excéder la puissance des muscles et d'arriver à leur surmenage, cause de récidive.

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