‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 28 sur 191 · MODIFICATIONS DE LA TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE LA TEMPÉRATURE

forme qu'il faut les employer lorsqu'il s'agit de lutter contre une hypotension vasculaire post-homorragiquo. Faire passer sous la peau ."iUO, (500, 800, 1000 giainmes de solution chloiiirée sodique, cela prend du temps si l'on veut employer une seringue, du type actuel de celle de Itoux. Le bock ou l'irrigateur qu'on élùve assez haut pour que leur débit se fasse sous forte pression, sont plus maniables : il faut choisir pour l'injection les régions riches en tissu celluhiire làcho^ la fossette rétrotrochantérienne, les flancs, la masse sacro-lombaire, et prendre soin d'étaler par frictions la masse injectée pour qu'elle ne fasse pas « boule d'œdème ».

Ces transfusions massives ne sont pas toujours nécessaires : il est possible — dans tous les cas où l'hyposthénisation par épuisement nerveux l'emporte sur la spoliation sanguine — d'obtenir les mêmes eff'ets utiles avec des doses relativement faibles, mais en recourant à un sérum concentré. Wiercinsky estime môme que des injections sous-cutanées de 100 il 200 grammes plusieurs fois réitérées, sont préférables aux injections copieuses d'un litre et plus. Chéron croit avoir prouvé que ce que l'on obtient avec 100 à 200 grammes de chlorure de sodium à 6 p. 1000 peut être obtenu avec une quantité bien moindre, iO à fiO grammes, de sérum complet et concentré : eau, 100 grammes ; sulfate de soude, 8 grammes; phosphate de soude, i grammes ; chlorure de sodium, 2 grammes; acide phénique neigeux, 1 gramme. Ce sérum condensé peut être injecté à doses moyennes de 15 à 30 grammes, répétées 2, 4 à G fois dans la même journée, et continuées pendant quelques jours. Dans les anémies aiguës d'ordre chirurgical, nous préférons les grandes transfusions de sérum artificiel ; dans les étals de choc nerveux, d'amoindrissement de l'action régulatrice et trophique des centres, de nutrition ralentie, la méthode de Chéron peut rendre des services.

B. — Modiflcations de la température.

1" Hypothermie. — La température est, pour le chirurgien, une source des renseignements. Après les grands traumatismes, l'hypothermie constitue une contre-indication opératoire formelle : Demarquay (1) et Redard (2) ont établi que tout blessé qui présente une température inférieure à 35", .5 est condamné à mort et ne doit point être opéré; que tout blessé chez lequel une réaction thermique salutaire ne se produit pas au bout de quatre heures ou chez lequel la réaction n'est pas en raison directe de l'abaissement, doit être considérée comme gravement atteint. Plusieurs éléments entrent en jeu pour produire cet abaissement thermique : la commotion nerveuse, l'hémorragie ; en chirurgie de guerre, les fatigues et les privations, l'usure de l'énergie, l'alcoolisme ; en chirurgie abdominale, l'exposition des viscères, les incitations réflexes

(1) Demarquay, Académie des sciences, 15 septembre 1871.

(2) Redard, De rabaissement de la température dans les grands traumatismes. Archives générales de médecine, t. XIX p. 2'J, 1872.

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