‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 48 sur 191 · CAUSES D ÉCHKC DANS LA TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

CAUSES D ÉCHKC DANS LA TUBERCULOSE

résurrn', vingt-huit cas de un à vingt ans et treize de vingt k cinquante. L'âge interviendrait encore pour hâter l'apparition des accidents postopératoires, et, d'a[irès les t;ihleaux de Schurcr, sur (|uarante-un réséqués au-dessous de quinze ans et morts de tuberculose, trente-sept ont été emportés avant la guérison de la plaie chirurgicale.

§ 2. CoNitnioNS KTioLOGiQUES. — 11 serait d'un intérêt primordial pour le clinicien de connaître les conditions étiologiques ([ui président à ces complications redoutables ; mais sur ce point notre ignorance est absolue. L'état général du mabide paraît indiflerent : un opéré vigoureux, sans tare viscérale appréciable, sera la proie de la granulie ; un autre, déjà cachectique, bénéficiera de l'intervention. L'inÛuence des fautes opératoires et l'importancf^ du traumatisme sont aussi problématiques : la simple ponction d"un abcès épididymaire n'a pas moins de dangers que la plus laborieuse des résections. Prengriieber (1) traite deux coxalgies : l'une est facilement redressée et sans violence ; l'autre nécessite une double ténotomie, et les os ne sont qu'à grand'peine replacés en situation correcte : or la première entraîne la mort, et la seconde guérit sans encombre. Qu'on consulte le tableau des cinquante-cinq méningites post-opératoires dressé par Verchère et Métaxas : les grosses interventions ne peuvent être incriminées que dans dix-huit cas.

§ 3. Responsabilité de l'acte chirurgical, — Nous nions volontiers ce que nous ne pouvons expliquer, et plusieurs ont émis des doutes sur la réalité des infections post-opératoires : il s'agirait alors, non d'une généralisation tuberculeuse, mais d'une intoxication par l'iodoforme, à laquelle la méningite ressemble fort. Que l'erreur ait pu être commise, nous le voulons bien ; mais qu'elle soit fréquente, nous ne le croyons pas. Un diagnostic exact est possible, et de nombreuses autopsies ont dépisté l'existence de granulations grises dans les viscères et sur la séreuse. On objecte un argument plus troublant : il n'y aurait qu'une simple coïncidence, la pleurésie, la pneumonie, la péritonite, la méningite ou la granulie éclatant après une intervention, mais non à cause de l'intervention. Une tuberculose locale laissée à sa marche spontanée présente parfois de ces poussées aiguës, de ces exacerbations subites, de ces invasions viscérales que rien ne justifie. « Il n'est pas de chirurgien, écrit Ollier, qui n'ait vu la granulie se développer tout à coup sur des malades qu'il se proposait d'opérer, mais qu'il n'avait pas encore touchés. »

Pour notre part, nous croyons à cette influence du traumatisme opératoire : dans tel ou tel cas, d'une détermination impossible en l'état actuel de la science, l'intervention exerce une action incontestable sur la marche du mal, sur sa généralisation soudaine ou rapide. Et cela se rapproche, en tous points, des faits si clairement étudiés, dans ces derniers temps, par les médecins : Weigert, Kelsch ont vu des granulies succéder à l'ouverture dans un vaisseau d'un vieux

(1) Prengrueber, Les Éludes sur la tuberculose, p. 271.

foyer caséeux. Cela équivaut à une véritable injection intra-vasculaire d'une culture bacillaire chez le tuberculeux opéré. Une zone de défense cellulaire cernait le foyer bacillaire et isolait ses produits toxiques : le traumatisme est venu contrarier ce travail de préservation, libérer les bacilles dont la résistance est tenace, comme nous le montrait naguère Metschnikoff , ouvrir les vaisseaux et permettre l'infection sanguine.

Mais nous pensons aussi qu'on a trop incriminé l'acte opératoire, qui souvent est un insignifiant trauma et qui, dans la majorité des cas, est suivi d'une réparation locale de normale allure. Ces complications sont possibles ; mais elles demeurent rares: ce sont, comme le disait Trélat, « de douloureuses surprises de la clinique. » Il serait illogique et contraire à la pratique journalière de conclure à une restriction de l'intervention chez les tuberculeux. L'enseignement pratique qui en découle est qu'il faut s'abstenir des interventions inopportunes, ne pas toucher à ceux que des lésions viscérales trop avancées condamnent, aux malades qui font des poussées fébriles irrégulières inexpliquées par la rétention du pas, à ceux qui ont eu ou ont des localisations méningitiques, et qu'il convient enfin de ne point négliger le traitement pré et postopératoire des tuberculeux.

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