‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 55 sur 191 · SYPHILIS : DIRECTION DU TRAITEMENT · texte numérisé non relu

SYPHILIS : DIRECTION DU TRAITEMENT

point enfreindre, car elles sont appuyiies sur une longue expérience clinique.

Dans la nnjdication mercuritîlii;, traiter une syphilide tant qu'elle est en activité, mais s'abstenir dès que l'éruption se Hétrit; l'attaquer avec vigueur jusqu'ci effet curatif manifeste, quitte à s'arrêter pour revenir à des ([uanlités médiocres si quelque accident d'intoliTance l'exige; ne point procéder par doses accumulées, car l'élimination est lente et la saturation risque de se produire, mais couper chaque période de traitement de vingt à vingt-cinq jours, comme durée moyenne par un repos d'autant plus long que la v(''role paraît plus bénigne, à poussées plus tardives et plus espacées, et qu'on s'éloigne davantage du début de la maladie. L'emploi du mercure doit donc être prolongé pour obtenir « une action d'ensemble et d'avenir sur la diathèse », et interrompu pour qu'il soit actif et toléré. Nous ne croyons plus aux brefs traitements de Dupuytren, de Vidal, de Ricord. C'est un traitement chronique, nous dit Fournier, que celui de la syphilis. La moyenne en sera de deux ans ; les suspensions d'abord de quelques semaines, seront, plus tard, de quelques mois. Mais répétons que cette formule sera modifiée suivant la gravité de la maladie et la tolérance du malade.

La médication iodurée échappe plus encore à une réglementation systématique, suivant la gravité des accidents secondaires, l'intensité, le nombre et la localisation des accidents tertiaires, l'époque de leur apparition ou de leur récidive; la lésion est-elle commençante, ou s'agitil d'une sclérose confirmée? On sait que quelques grammes d'iodure dissipent une douleur ostéocope, une périostose du tibia, tandis que des doses énormes sont nécessaires contre un rupia ulcéré, une gomme qui va perforer le voile du palais, une ostéite du squelette nasal, et que ces mêmes doses, ou d'autres plus fortes encore, seront impuissantes contre les glossitesscléreuses et le syphilome ano-rectal. Dans les afTections des voies respiratoires, ulcérations et sténose du larynx, syphilis de la trachée et des bronches, l'iodure provoque parfois des accidents dyspnéiques qui forcent à en suspendre l'emploi ; dans la syphilis oculaire, il peut entraîner des accidents congestifs; chez les femmes prédisposées aux ménorrhagies il est mal supporté. Dans les cas moyens, comptez sur quatre ou cinq cures iodées, d'un mois chacune, durant la première année qui suit l'apparition des accidents secondaires, sur trois ou quatre durant la seconde, sur deux ou trois dans la troisième. Et il est prudent, nous dit Fournier, de tenir toujours la vérole en bride par une série de cures annuelles.

La vérole mal traitée peut avoir le temps d'aboutir à des lésions médicalement incurables, des brides inodulaires, des pertes de substance, des rétrécissements, tous dégâts qui nécessitent une thérapeutique spéciale dont l'étude sera faite à propos de chacun des tissus ou des organes atteints.

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