ASEPSIE DES SONDES ET BOUGIES
compris entre IVi-il et le bout de lu sonde, cul-de-sac i)ropico aux rétentions microbiennes.
Dans un service hospitalier, où l'on a besoin d'un grand nombi-e d'instruments, l'emploi de la chaleur sèche est très avantageux : un séjour de trente minutes dans l'étuve à 140° assure, d'après Curtillet, l'asepsie parfaite, sans dégradations, des instruments de métal et de gomme. — Delagenière a décrit un autre procédé basé sur la stérilisation fractionnée par séances successives : les sondes et bougies sont distribuées par petits groupes, ou mieux séparément, pour éviter l'agglutination, dans de longs tubes fermés au moyen d'un tampon d'ouate. On place les dans l'étuve où l'on porte la température à 100"; après une demi-heure on les retire. On les laisse refroidir toujours bouchés et, le lendemain, on renouvelle l'opération, ainsi que le jour suivant. Ce procédé a l'inconvénient de comporter une lenteur peu compatible avec les besoins pressants desservicesspéciaux ou des consultations externes.
L'acide sulfureux constitue un excellent moyen d'aseptisation des sondes: il permet d'agir sur un grand nombre à la fois, rapidement, et sans détériorations. A l'hôpital Decker on emploie une cage rectangulaire au fond de laquelle existe un récipient contenant du bisulfite de soude ; audessus de ce récipient, les sondes et bougies sont étalées sur des claies de bois ; l'appareil est clos. Le récipient à bisulfite de soude communique avec le dehors à l'aide d'un long tube par où l'on verse l'acide chlorhydrique qui, réagissant sur le bisulfite de soude dégage des vapeurs abondantes d'acide sulfureux. Ce procédé a l'avantage d'exercer une désinfection complète en trois heures (Albarran). Nous avons présenté à la Société de chirurgie un stérilisateur de petit modèle avantageux pour les services de moyenne importance ou pour l'arsenal du praticien. En pratique courante, il serait facile d'établir un modèle improvisé : grand bocal de verre ; bouchon de liège ou de caoutchouc auquel se fixeraient par des chevilles les sondes ainsi suspendues dans le récipient; mèche soufrée qu'on jetterait allumée au fond du bocal.
La conservation de l'état aseptique des sondes présente quelques difficultés. A l'hôpital, il est indiqué de les laisser dans les tubes de verre où elles ont subi l'action de l'étuve, ou dans les boites où elles ont été traitées par les vapeurs sulfureuses. Les instruments nécessaires sont extraits chaque matin avec une pince flambée et noyés dans un bain de sublimé au millième. Pour le trempage continu des sondes, on ne doit se servir que d'antiseptiques dilués; nitrate d'argent au millième, biiodure au 25000". Pour les sondages en ville, on peut, ainsi que le conseille Vinay, avoir, dan> un étui en cuir, deux tubes de verre remplis de Yan Swieten et bouchés à l'émeri : dans l'un de ces tubes, on met les instruments aseptisés; dans l'autre, ceux qui ont servi. Nous préférons le transport à sec dans des tubes porte-sondes aseptiques. — Si le malade se sonde lui-même, on peut arriver, comme le recommande Guyon, à obtenir qu'il aseptise par ébullition dans une poissonnière l'instrument avant le cathétérisme, pendant le jour. Pour la nuit — et pour le jour chez les
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malades peu attentifs, — on prépare autant de sondes que le malade aura de cathétérismes à effectuer : elles sont plongées dans un bocal à fruits rempli de solution boriquée à 4 p. 100 ; il est facile de les y saisir.
IV. Seringues. — Une seringue aseptisable doit pouvoir êti-e démontée : son corps cylindrique, obturé par deux douilles dévissables sera en métal nickelé ou de préférence en verre, et capable de supporter l'ébullition dans les divers bains stérilisateurs; son piston ne doit pas être en cuir, mais en amiante, en moelle de sureau, en caoutchouc rouge, toutes substances pouvant être bouillies ou autoclavées. En chirurgie urinaire, la seringue de Guyon construite par CoUin constitue un modèle avantageux : elle se compose d'un corps en verre, avec deux capuchons métalliques et argentés pouvant résister aux solutions argentiques; le piston estdisposé de façon à ne pas descendre jusqu'au fond de la seringue, de sorte qu'il existe toujours entre lui et le fond, un espace plein de liquide antiseptique. Cette seringue n'a que le tort d'avoir un piston en cuir; il serait avantageux qu'il fût de caoutchouc. — La seringue de Debove a l'avantage d'être démontée d'un coup de pouce, déclanchant l'armature métallique extérieure : après avoir enlevé l'armature et fait glisser les douilles qui obturent le corps de pompe à ses deux extrémités, la seringue est placée dans un bain d'ébullition ; il suffit, pour la remonter, de relier l'armature à la douille supérieure et d'abaisser le levier. Félizet, Tuffier ont fait établir d'ingénieux modèles de seringue.
La fréquente utilisation, en chirurgie, des injections interstitielles a suscité la fabrication de nombreux modèles faciles à stériliser. Nous avons tous adopté la seringue de Straus pour les injections sous-cutanées et les aiguilles en platine iridié qui supportent le flambage. La seringue de Roux, construite par Simal, avec son piston de caoutchouc qu'on peut faire bouillir ou autoclaver et dont un mécanisme ingénieux gradue l'ampliation, deviendra le modèle de choix.
V. Éponges. — Les éponges ont le tort de ne point se prêter à la stérilisation par la chaleur. Néanmoins leurs qualités d'absorption et de porosité, d'élasticité et de souplesse, les maintiennent, comme matériel de choix, dans la pratique de quelques opérations : telles, l'hystérectomie vaginale. Elles ne supportent, comme action calorique, qu'un chauffage discontinu, par plusieurs séances de trois quarts d'heure dans l'autoclave chauffé à 60° seulement. Ce traitement suffît-il pour leur conférer une stérilisation absolue? Nous ne le pensons pas. L'antisepsie chimique qu'on leur applique n'offre pas non plus une sécurité totale. Voici le procédé qu'ont réglé Vei'camcret Terrier (1). Les pilera l'aide d'un maillet de bois pour les débarrasser du sable et briser les éléments calcaires qu'elles contiennent; les laver à grande eau pour éliminer le sable et la plus grande partie des calcaires désagrégés par la préparation précédente; traiter par l'acide chlorhydrique au 50" : cet acide dissout le calcaire et ramollit les éponges dures. Nouveau lavage à grande eau pour enlever l'acide chlorhy-
(1) Teriuer, lullelin de la Soc. de c/iirwf/ie, 22 décembre 1886.