‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 63 sur 191 · DES CORS · texte numérisé non relu

DES CORS

Les cors^ les durilloyis et les oignons sont provoqués par la pression et le frottement des chaussures mal faites. Le traitement préventif est donc tout indiqué ; mais comme nombre de cordonniers sont décidément réfractaires à cette idée que la chaussure doit s'accorder aux pieds sans les déformer et les blesser, les malheureux que torturent les cors devront suivre le conseil de A. Thierry (1) et s'adresser aux magasins de confection. « C'est là l'opinion que nous communiquait un de nos collègues au conseil municipal, Eugène Delacroix, le grand peintre dont la France s'honore : Tant que j'ai eu un cordonnier, me disait-il, j'ai eu aussi des cors. »

Les pharmaciens vendent des rondelles ouatées — cornplaster — perforées en diaphragme, sorte d'anneau qui se colle à la périphérie du cor, tandis que son cône central se loge dans l'orifice et se trouve ainsi à l'abri dos pressions douloureuses. Galante a imaginé dans le mêmebut une véritable bague chevalière taillée dans les gaines d'un tube en caoutchouc et dont le trou a des dimensions égales à celles du cor. Chacun pourra imaginer à loisir des appareils protecteurs de ce genre ; il est certain que les douleurs en sont très atténuées. Mais que de soins tous ces engins nécessitent, et cela pour un simple épaississement de l'épiderme I

Le plus grand nombre « taillent » ou « font leurs cors ». Après un bain

(I) A. 'riiiKiitiY, Moniteur des hôpitaux, p. 301, 18ôG.

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de pied (lui rainollil les (m-HuIcs r|»i(IeiMiu([iios, ils ('(uiiicul avec un rasoir ou un bistouri les lames superlicielles, sans atteindre les paj)illes et ouvrir les vaisseaux du derme, cardes lymphangites ont trop scnivent été la conséquence de cette faute upûratoire, et l'on cite des cas de mort survenus, il est vrai, che/, les dialhésiques tout préparés à la gangrène. Mais l'exérèse n'est que partielle : « la racine >- reste encore dans les chairs et l'excroissance se reproduit. Aussi les pédicures pratiquent-ils Vexiirpaiion, et plusieurs y ont même acquis une dextérité à laquelle peu de chirurgiens sauraient prétendre. A l'aide d'aiguilles aplaties, rondes ou carrées appelées « quadrilles, furets, ou navettes », ils font l'éradication du cône plongeant épidermique.

D'autres ont recours à des emplâtres, à des onguents, à des pommades « coricides » : le collodion à l'acide salicylique a de réelles qualités dékératinisantes. Les caustiques doivent être maniés avec prudence, et l'on ne compte plus les accidents qu'ils ont provoqués dans des mains inexpérimentées, les arthrites et les nécroses des phalanges. Néanmoins on pourra cautériser à la pâte de Vienne les durillons plantaires tenaces, récidivants et douloureux; la callosité se détache, et au-dessous s'organise une surface cicatricielle qui, d'après Dechambre, aurait une puissance de prolifération épidermique beaucoup moins active.

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