Poinl de suture après ablation de l'ongle
cl excision du lambeau dermique sous-
unguéal.
ONGLKS INCAHNKS.
voir, apri'S ([iK'liiiies uKjis, certains opérés so plaindi'c à nouveau. On observe alors des reproductions irrégu libres et parlielles de l'onf^lo, bien notées par Dardignac. « Le plus souvent, il s'agit de tissu unguéal vrai, poussant comme des stalactites dans lun ou l'autre des angles de la zone lunulaire, exactement an point de jonction des gouttières latérales et rétro-lunulaire. D'autres fois nous avons constaté dans le champ unguéal plusieurs pointes ou bandelettes de tissu ressemblant à de l'ongle vrai,
Proci''(l(5 de Dardignac.
Fig. 42. — Schéma monlrant (en pointillé) Texcision Fig. 43. — Dissection du laniljeau supi'Tieur. de la malricc unguôalc.
mais moins épais et plus souple : la matrice du périonyx respecté avait, on partie seulement, suppléé à la fonction onychogénique de la lunule imparfaitement réséquée. »
Deux conditions anatomiques rendent compte de ces repousses partielles de l'ongle. D'une part, des fragments de matrice peuvent échapper à l'extirpation, dans la profondeur des rainures latérales où l'ongle s'enchâsse comme un verre de montre. De plus, la lunule n'est point tout et la sécrétion cornée se fait aussi par le repli sus-unguéal du derme, parle « manteau » : si bien que l'ongle est inclus, par sa racine, entre les deux feuillets qui le sécrètent, comme Test im livre entre les cartons de sa reliure. Si l'on veut donc que la suppression de l'ongle soit définitive, il faut que l'extirpation atteigne toutes les parties de son organe pi^oducteur.
C'est ce que vise le procédé de Dardignac. L'ongle a été extirpé. Des incisions latérales sont menées d'avant en arrière, un peu obliques, de façon à délimiter un lambeau à base postérieure, long de 2 à 3 centimètres : une lame mince, longue et étroite, est introduite à la base du lambeau, ainsi dessiné, et on le taille par transfixion en ramenant l'instrument par petits coups et en le glissant entre les couches dermiques du manteau qu'il clive en deux lames. Ce lambeau est renversé autour de sa base faisant charnière : une incision transversale est menée, tangente antérieurement à la lunule; s'aidant d'une pince à gritfes, on
Fig. 44. — Excision de la zone lunulaire.
dissèque d'avant en arrière, sur toute la largeurde l'orteil, la zone lunulaire que l'on poursuit dans ses insertions latérales particulièrement solides.
Dès que cette dissection est assez avancée, d'un côté à l'autre, il devient aisé de saisir simultanément, d'une part ce feuillet inférieur — lunulaire — de la matrice, d'autre part son feuillet supérieur — sus-unguéal — et d'enlever, d'un seul tenant, l'angle où ils se rencontrent, c'est-à-dire la totalité du derme péri-unguéal qui engaine la racine de l'ongle et préside à sa formation. Le lambeau se réapplique, sans sutures, au champ opératoire qu'il recouvre, sauf l'avant de la lunule qui se comblera par bourgeonnement.
Ce procédé répond aux conditions anatomiques d'une cure radicale ; il réduit au minimum la perte de substance des parties molles ; il supprime les sutures et, partant, accélère l'exécution; l'expérience clinique nous l'a montré efficace : il semble donc appelé à nous donner, pour les cas d'onyxis totales et rebelles, la technique définitive.
Quel que soit le procédé employé, l'orteil, soigneusement aseptisé, est serré à sa base par un tube élastique — sonde ou drain — qu'ajuste une pince à forcipressure. L'anesthésie locale est obtenue par l'enveloppement de l'orteil dans un « nouet » de mousseline rempli de glace pilée et de sels, ou par la pulvérisation au chlorure d'éthyle, ou par une injection de cinq centigrammes de cocaïne, bien répartis autour de l'ongle.
3° Onyxis syphilitique. — L'onyxis syphilitique, dans sa forme sèche, est justiciable de l'enveloppement avec les bandelettes de Yigo : lorsque les bords péri-unguéaux se tuméfient et rougissent, il faut redoubler de soins locaux, de lotions et de bains, et, lorsque les bourgeons fongueux mobilisent la lame cornée, il faut l'arracher pour cautériser au nitrate d'argent le foyer ulcéré. Nous renvoyons le lecteur à notre article sur les syphilides et les gommes de la peau : ici, comme là, le traitement local et la médication générale doivent être les mêmes.
4" Onyxis scrofuleuse. — Vonyxis scrofuleme, l'onglade maligne, nécessite, elle aussi, l'arrachement de la lame cornée, d'ailleurs ébranlée déjà et ramollie le plus souvent : on cautérisera au thermocautère le foyer sous-jacent, on curettera les bourgeons fongueux, et on appliquera un pansement soigneux à la poudre d'iodoforme. Inutile d'ajouter que le traitement général est de rigueur.