‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 79 sur 191 · SECTIONS INCOMPLÈTES DES AIITKRES · texte numérisé non relu

SECTIONS INCOMPLÈTES DES AIITKRES

rielle, si celle-ci n'est qu'une menue déchirure en une artr-re saine. Les faits de Moore, de Morgan et d'autres observateurs, monti-ont l'arnH de semblables hémorragies et la résorption possible d'abondants épanchements sanguins, avec pulsations anévrysmalcs bien manjuées.

La compression de l'artère principale en amont est encore le traitement de choix de ces déchirures artérielles des membres qu'on peut observer dans les fi-acturos sous-cutanées. L'accident est rare, mais il se présente: de 18UIJ à IH-lo, Dupuytren le vit sept fois dans des fi-actures de jambe. Il lia l'artère fémorale, et Delpech imita son exemple : grand progrès sur la pratique ancienne, qui amputait le membre en [)areil cas. Avec Verneuil, qui eut un beau succès en 18.'>9; Azam et Valette, qui guérirent aussi leurs malades ; avec Mathelin (1), qui vient d'en publier une belle observation, nous estimons (jue la compression de l'artère principale vaut mieux que la ligature. Si elle échoue, si l'épanchement progresse, si les téguments violacés et ecchymotiques paraissent menacés en leur vitalité, nous préférerions l'intervention hardie que J.-L. Petit tenta il y a plus d'un siècle ; il ouvrit le foyer par une incision de G pouces de long s'étendant en haut et en bas de la fracture, découvrit les bouts vasculaires et les lia. Avec la bande d'Esmarch, on verrait clairet on opérerait juste.

2° Piqûres. — Les piqûres des artères seront traitées comme les coupures totales : la double ligature, suivie de la section entre les deux fils ; d'autant qu'une plaie partielle peut être l'origine d'une hémorragie tenace, car la contractilité pariétale la fait bâiller. Il n'y a point de retrait des bouts dans la gaine ; le sang, continuant à s'écouler, dérange incessamment les petits caillots qui essayent de faire l'obturation, si bien que de petits artères comme la temporale, la cubitale, la radiale, peuvent tuer par hémorragie : sectionnées complètement, elles arriveraient, au contraire, à réaliser une hémostase spontanée. Guthrie, « dans un grand nombre d'amputations du poignet ou de l'avant-bras où il désirait que le malade perdît une certaine quantité de sang, laissait l'artère radiale ou la cubitale saigner jusqu'à ce que l'hémorragie cessât d'elle-même ».

3° Sections incomplètes. — Dans le cas d'une section incomplète d'une artère, d'une plaie longitudinale d'origine opératoire, portant sur un gros tronc, on peut être tenté d'imiter Israël, von Zœge Manteufel et Heidenhain(2) qui ont pratiqué la suture du vaisseau, pour conserver sa lumière. Israël a recousu l'iliaque primitive, von Zœge Manteufel la fémorale, et Heidenhain l'axillaire blessée au cours d'une extirpation de cancer mammaire. C'est peut-être vouloir faire surtout du nouveau; car les voies de suppléance circulatoire nous autorisent la clôture des artères maîtresses des membres : cela est plus sûr et continuera à demeurer notre règle. Néanmoins, cette intention conservatrice est à enregistrer et l'acte opératoire intéressant. En pareil cas, il faudrait évidemment, pour coudre l'artère avec précision, la comprimer temporairement, avec une pince à mors élastiques

(1) -Mathf.mn, Archives de médecine militaire, 1887, p. 2.35.

(2) Heidenhain, Ueber Naht der Arterienwunden. Cenlralhlatl fin- Chirurgie, 1895, n» 19, p. 1113.

et souples, en amont et en aval de la déchirure ; les expériences que nous avons faites avec Bothézat nous ont révélé un fait curieux, applicable à l'hémostase temporaire : c'est la tolérance d'une grosse artère, de type élastique, à la pression totale et prolongée — plus d'une demi-heure — d'une pince à forcipressure. L'artère serait fermée par une suture continue au catgut. L'hémorragie secondaire est à craindre : Heidenhain jugea prudent de se prémunir contre elle par un tamponnement serré de la cavité.

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