‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 91 sur 191 · CHAPITRE V VAISSEAUX ET GANGLIONS LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V VAISSEAUX ET GANGLIONS LYMPHATIQUES

LYMPHANGITE AIGUË.

Le chapitre thérapeutique de l'angioleucite doit être bref, car, si, par une laborieuse analyse, les pathologistes isolent les phlegmasies du réseau lymphatique, les cliniciens savent bien qu'en pratique lymphangite,érysipèle, œdèmes inflammatoires, nappes phlegmoneuses superficielles sont des variétés très voisines dont le traitement se confond. Tout ce qui a été dit et prescrit pour l'érysipèle, le phlegmon circonscrit, voire même la gangrène septique, est applicable à la lymphangite et à ses diverses modalités. Une nappe d'angioleucite superficielle ne se traite point autrement qu'une plaque érysipélateuse : une lymphangite aboutissant à la formation d'un ou de plusieurs foyers purulents mérite qu'on se comporte à son égard comme on le fait pour un phlegmon circonscrit ; une lymphangite gangreneuse exige la même médication qu'une gangrène septique.

ADÉNITE AIGUÈ.

Un ou plusieurs ganglions se sont tuméfiés sous la peau chaude et rouge, et l'atmosphère cellulaire ambiante se prend : peut-on faire avorter la suppuration ? Oui, mais point par l'ancienne médication antiphlogistique, caries saignées locales, les ventouses répétées, les sangsues sont vraiment peu efficaces. Nous ne couvrons pas non plus les adénites de larges vésicatoires qui dénudent le derme et l'ouvrent aux inoculations. L'onguent napolitain, que ses médiocres qualités antiseptiques défendent encore, a seul survécu. Nous préféi^ons à cette thérapeutique démodée l'antisepsie scrupuleuse de la plaie et du territoire lymphatique afférent aux ganglions atteints, et les applications chaudes déjà formulées pour le traitement abortif des phlegmons circonscrits.

ADKMTi: AIOUK. 447

Mais, dt's (in'il y a du pus dans la co({iie glaiiglionnaire ou dans la zone cellulaire périadénique, la bistouri doit l'évacuer : incisions larges, placées aux points déclives ; drainage correct et régulière évacuation du loyer purulent ; les préceptes de traitement des eollections plilegirnjiieuses sont ici intégralement applicables. Pour le chirurgien, que le pus soit dans une coque ganglionnaire, dans des nappes cellulaires ou dans des muscles, peu importe; l'évacuation doit être précoce et complète. Les seules variantes à, la règle générale tiennent au siège de l'adénite ou de l'adéno-phlegmon, à ses rapports anatomiques : un adéno-phlegmon du cou, un phlegmon ganglionnaire iliaque, un abcès rétro-pharyngien sont des adénites propagées à l'almosplière périganglionnaire ; mais ils ont des voisinages périlleux qu'on doit fuir, des procédés d'incision qui s'en déduisent. — Cela n'est point à régler spécialement ; simple question d'anatomie et de bonne direction de bistouri.

Page 1