‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 95 sur 191 · PLAIES DES N E R F S · texte numérisé non relu

PLAIES DES N E R F S

En présence d'une section nerveuse, le chirurgien, comme l'a dit Tripier (1), a désormais le devoir de tenter leplus tôt possible la suture, pour activer le retour de la fonction. En ce point, l'accord est parfait, et la fermeté de cette pratique contraste avec les contradictions de la pathologie expérimentale.

A. — Étude physiologique et clinique de la suture nerveuse.

1° Conditions où se trouve un nerf sectionné. — Voici, en effet, en quels termes se pose ce problème, « véritable énigme, nous ditVanlair, soumise par la chirurgie moderne à la physiologie nerveuse ». On sait, depuis les travaux de Waller, de Vulpian, de Ranvier et de Tripier sur la section et la régénération des nerfs (2), que, lorsqu'un cordon nerveux a été divisé, vers le quatrième ou le cinquième jour, chez l'homme, le segment périphérique a perdu ses propriétés, il devient inexcitable, et l'examen histologique nous donne la clef de cette déchéance. Les cellules appliquées contre la gaine de Schwann se gonflent ; elles s'entourent de protoplasma, et creusent, aux dépens de la myéline, une échancrure en forme de nacelle. Le protoplasma s'accroît encore, sa masse atteint le cylindre-axe entamé d'abord, puis coupé, et l'élément essentiel du nerf est ainsi détruit dans toute l'étendue du bout périphérique.

Cette destruction du cylindre-axe est le point capital, et les transformations ultérieures sont de moindre importance : le filament axile fragmenté, englobé dans des boules de myéline, disparaît bientôt devant la prolifération des cellules, dont le noyau se subdivise à l'infini. Aussi le tube nerveux n'est-il, au vingtième jour, qu'une gaine de^Schwann remplie

(1) Tripiek, Revue -de chirurgie, 1885, p. 571.

(2) Reclus, Cliniques cfnrurgicales de l'IIôlel-Diet/, p. 29.

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