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TUMEURS DES FOSSES NASALES

B. — Tumeurs malignes des fosses nasales.

Pour les autres tumeurs, la loi d'extirpation hâtive et complète a une valeur d'autant plus impérative que le mal est de pire nature histologique ; de là, pour une intervention radicale et clairvoyante, nécessité de se ménager un accès opératoire large. D'après l'ampleur de la voie nécessaire, le chirurgien choisira, soit une section suivant la ligne médiane du nez en le fendant en deux volets, ce qui ne donne qu'un jour médiocre, soit une incision au niveau du sillon naso-génien, avec un débridement à chaque extrémité, permettant de rejeter le nez sur la joue opposée, et agrandie au besoin par la résection du squelette nasal ; soit enfin le procédé d'OUier qui, par une incision de fer à cheval à concavité inférieure, divise à sa base le nez resté adhérent au niveau des ailes et de la sous-cloison, et l'abaisse en totalité au-devant de la lèvre supérieure : méthode excellente et donnant une large baie.

L'ablation des néoplasmes des fosses sera pratiquée en « position de Rose », ou avec tamponnement préalable de l'arrière-ouverture, ainsi que nous l'avons formulé à propos de l'anesthésie. — Cène sont pas seulement les tumeurs malignes qui nécessitent une ample voie préopératoire, mais encore les exostoses des fosses, largement sessiles, et les ostéomes, dont la dureté pierreuse rend le morcellement impossible. Des gouges,

des scies à chaîne, des ciseaux, des pinces incisives, se sont brisés sur le bloc éburnô de ces tumeurs osseuses des fosses ; or, comme leur caractère est d'être indépendantes, ou à peu près, du squelette, il faut leur préparer une assez large porte d'issue et les extraire tout d'une pièce, sans essai de fragmentation.

Fig. 68. — Incision cutanée pour la voie nasale d'OUier.

Tumeurs et déformations de la cloison.

A la suite d'une périchondrite, chez les scrofuleux et les syphilitiques, ou consécutivement à un traumatisme sur le nez, on peut observer, soit sur le cartilage quadrangulaire, soit sur la portion osseuse de la cloison, des saillies déformantes, des épaississements en éperon, qui apportent un sérieux obstacle à la ventilation des fosses. La voix est nasonnée, « enchifrenée », la gène respiratoire parfois considérable pendant la nuit, la gorge sèche, l'essoufflement facile; le squelette facial peut subir des altérations secondaires, le thorax être déformé ou atteint en son développement : de là, surtoutchez les jeunes, indication d'intervenir. Les modes

opératoires sont nombreux, et l'obscure thèse de Rosenthal (1) en donne un très long exposé. En réalité, il n'y a qu'une chose à faire : enlever au ciseau, à la gouge, à la scie, cette saillie obstruante. Miot (2) a bien obtenu par l'électropuncture la réduction cicatricielle des hypertrophies du cartilage quadrangulaire, mais le résultat est lent, et la méthode ne nous paraît applicable qu'aux épaississements cartilagineux médiocres. Donc, c'est à l'excision sanglante qu'on aura recours, et c'est de son propre outillage que chaque chirurgien s'inspirera. Un ciseau, surtout à biseau allongé et mince, du modèle préféré par Heymann, est un bon instrument ; Bosworth (3), Chatellier et quelques autres préfèrent une scie à fine lame coudée de 45° sur son manche : la scie de Larrey serait très utilisable. L'hémorragie est un inconvénient opératoire, et Berger (4) s'en plaignait dans sa communication : comme, grâce à la cocaïne, on se passe du chloroforme, elle ne peut qu'exceptionnellement devenir dangereuse ; au besoin, chez les jeunes et les faibles, on tamponnerait d'abord les fosses nasales. Dans le cas de saillie volumineuse antérieure et accessible, il y aurait avantage à faire précéder l'excision de la tumeur de la dissection de la muqueuse de revêtement qu'on suturerait ensuite : si cela doit compliquer et retarder l'intervention, on enlève du même coup la tumeur et sa couverture muqueuse.

(1) Rosenthal, Sur les déformations de la cloison du nez. Thèse de Paris, 1889.

(2) Miot, Société française d'otologie et de laryngologie, 27 avril 1888.

(3) Bosworth, Med. Record, 29 janvier 1887.

(4) Berger, Bulletin de la Société de chirurgie, 1884, p. 390.

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