‹ Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 120 sur 372 · SUPPURATIONS DU SINUS MAXILLAIRE. 3 I · texte numérisé non relu

SUPPURATIONS DU SINUS MAXILLAIRE. 3 I

en trouve une, plus fortement cariée; si, au niveau du collet, on voit sourdre un peu de pus, cette dent, fût-elle la canine, sera enlevée. Et alors, de deux choses l'une : ou le fond de la loge osseuse est érodé par le travail de suppuration, le pus filtre, et il n'y a qu'à agrandir l'orifice; ou bien, il faut défoncer le plafond alvéolaire pour pénétrer, par effraction, dans le sinus. On irrigue ensuite la cavité. Pour protéger l'orifice contre la pénétration des aliments, on le ferme avec une cheville en or ou en ébonite. Quand le malade veut pratiquer un lavage, il remplace la cheville par une canule d'argent ou d'ébonite, ou bien, il peut porter à demeure une canule, fixée à un dentier en or ou en platine sur le bord alvéolaire et fermée par une petite soupape.

LÉSIONS TRAUMATIQUES.

A. — Fractures du maxillaire supérieur.

Les fractures simples, sans déplacements, sans enfoncements, sans esquilles, seront traitées simplement : on se bornera à défendre au malade la parole et la mastication d'aliments solides. Si la fracture se complique de plaie, d'éclatements esquilleux, il y a plusieurs indications à remplir: d'abord, et avant tout, maintenir la plus scrupuleuse asepsie buccale par des gargarismes antiseptiques répétés; s'efforcer de conserver au maxillaire supérieur, dont la régénération osseuse est précaire, tous les éclats esquilleux, si peu adhérents qu'ils soient à la muqueuse, car, l'antisepsie aidant, ils se greffent et se consolident ; enfin, réduire en place les fragments disjoints et les maintenir en position correcte. Pour obtenir la réduction, un doigt s'introduira dans la cavité buccale, sous la voûte palatine, ou bien en arrière du voile du palais ; un doigt ou une sonde peuvent être poussés dans la fosse nasale : autant de moyens de refouler excentriquement les fragments. De l'autre main on agira en sens opposé, soit en dehors sur la joue et le rebord orbitaire, soit, dans la bouche, sur la région canine ou sur le contour alvéolaire : ces pressions adverses, convenablement orientées, arriveront à coapter les fragments maxillaires.

11 est plus difficile de maintenir leur réduction : parfois, la ligature métallique enroulée autour des dents permettra de la réaliser; dans les cas simples, une bande de diachylon, étroitement serrée, passant sous le nez, suffît pour empêcher les fragments de se désunir ; ou bien, la fronde ordinaire du menton, en immobilisant la mâchoire inférieure contre le bord alvéolaire supérieur, assure leur mutuelle contention. Quand la disjonction en est accentuée, le maintien des fragments est bien malaisé : nous y avons vu échouer les moules de gutta-percha, intolérés et impuissants ; échouer aussi tous les essais de frondes ou de bandages avec tampons correcteurs : des appareils ont été proposés pour ces cas difficiles ; celui de Goffres, décrit dans les traités de petite

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