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INFLAMMATIONS

A. — Ostéopériostite des mâchoires.

L'indication première et logique est de supprimer la cause de la périostile alvéolo-dentaire : si, par exemple, l'inflammation se développe à la suite d'une obturation dentaire, on videra à nouveau la cavité carieuse ; si une dent à pivot est intolérée, on l'enlèvera; si une dent de sagesse, d'éruption laborieuse, allume la phlegmasie périostique, on facilitera son issue. Quand c'est d'une dent cariée que vient tout le mal, quand la carie est profonde, la dent sans usage et condamnée, on n'hésitera pas à en faire l'extraction. Toutefois, il faudra le plus souvent ne point trop se hâter et attendre que soit passé l'orage inflammatoire, surtout si c'est à la clef de Garengeot qu'on se propose d'enlever la dent : l'application du

panneton sur le rebord gingival tuméfié ou en- voie de suppuration est douloureuse et difficilement acceptée du malade. La chirurgie contemporaine a beau dédaigner le vieux cataplasme de farine de lin: tous ceux qui ont souffert de la périostite alvéolo-dentaire savent que c'est le seul adoucissement à leurs maux, en attendant la période de suppuration. Quelques-uns déclarent tirer grand profit des pulvérisations antiseptiques chaudes et continues.

Dès que le pus s'est formé, dès que dans le sillon gingivo-buccal bombe une saillie sous-muqueuse rouge, ramollie, fluctuante, un bon coup de bistouri ouvrira l'abcès alvéolaire. Quand la tuméfaction etla rougeur s'accentuent vers les téguments, quand on redoute la fâcheuse terminaison par fistules cutanées, il faut encore hâter l'incision delà gencive ou du sillon gingivo-buccal. Des rince-bouches antiseptiques fréquents achèvent la détersion de l'abcès.

Sous le nom de suppuration conjointe des alvéoles et des gencives, de « pyorrhée inter-alvéolo-dentaire », on a désigné une variété d'ostéopériostite alvéolaire que le praticien, surtout le praticien militaire, est très souvent exposé à rencontrer. La longue et lente évolution de l'affection, son étendue à plusieurs alvéoles, sa ténacité rebelle aux divers agents thérapeutiques font de son traitement un intéressant point de pratique. On verra échouer à peu près tous les caustiques ou astringents vantés ; un seul réussit : c'est l'acide chromique pur, recommandé par Magitot. Une petite baguette de bois, taillée à plat, est chargée d'une faible quantité d'eau de déliquescence ou même d'un ou deux petits cristaux d'acide chromique, qu'on insinue sous le liséré alvéolaire. Le liquide pénètre ainsi dans la cavité de l'alvéole, en suivant le long de la racine : ces applications locales seront répétées tous les cinq à huit jours.

B. — Fistules dentaires.

1° Fistules par carie dentaire et caries radiculaires. — En pratique, il est un axiome clinique dont il faut se souvenir : toutes les fois que l'on rencontre une fistule au voisinage plus ou moins immédiat de la mâchoire, il faut penser à une origine dentaire. Le plus souvent, on trouvera la cause de la fistule dans une dent cariée, provocatrice de la périostite alvéolo-dentaire et l'on procédera à son extirpation. — Mais, à côté de cette forme vulgaire, il en existe une autre, comme l'ont fait remarquer Duplay et Nicaise, spéciale aux dents à une seule racine, aux incisives surtout : ici, les lésions dentaires sont très peu marquées et peuvent même manquer ; la lésion siège seulement à la racine ; tout se passe au fond de l'alvéole qui suppure; le pus fusant a tendance à aller vers la partie inférieure et à gagner le menton. On doit, en pareil cas, examiner soigneusement les dents, étudier les plus menus points de carie apparente, la perte de leur transparence, leur teinte bleutée ou noirâtre, la douleur à la percussion, l'ébranlement, la suppuration qui sourd à leur collet; la direction que prend le stylet, introduit

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