‹ Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 134 sur 372 · CANCER DES LÈVRES : CHÉILOPLASTIE · texte numérisé non relu

CANCER DES LÈVRES : CHÉILOPLASTIE

de ciseaux en pleine épaisseur, suivant l'axe de la bouche, chacune des commissures labiales, clans une étendue suffisante ; aux extrémités de ces deux sections de la joue, menez deux incisions verticales descendant vers le bord libre de la mâchoire inférieure : ainsi sont formés deux lambeaux quadrilatères, à base inférieure, qui, après dissection, seront rapprochés et réunis sur la ligne médiane, pendant que la muqueuse suturée avec la peau reformera le bord libre de la lèvre et les commissures. Tel est le procédé de Dieffenbach, qui n'est d'ailleurs que le perfectionnement du procédé de Serres, de Montpellier. — Pour la lèvre supérieure, les deux lambeaux géniens, à base externe, seront amenés au contact par glissement. 2° Procédé d'Heurtaux. — Heurtaux conseille un seul lambeau génien, assez ample pour reconstituer les trois quarts de la lèvre inférieure, qui, grâce à sa forme courbe, peut, par une sorte de mouvement de roue, un quart de cercle, combler la brèche sans laisser le moindre vide. L'incision, partant d'une commissure, coupe la joue, suivant un trajet incurvé, et s'abaisse jusqu'à un large travers de doigt au-dessous du rebord inférieur du maxillaire qu'elle croise au niveau du passage de l'artère faciale ; la joue ayant été sectionnée en son épaisseur, on incise la muqueuse dans le cul-de-sac gingivo-labial ; rasant la face externe du maxillaire, on détache le lambeau et, quand il a assez de mobilité pour pivoter, on l'amène dans la brèche : son bord interne est suturé au bord opposé de cette dernière ; la marge libre de la nouvelle lèvre est constituée par la suture de la peau du lambeau à la muqueuse de sa face interne, après qu'on a aminci en ces points le lambeau, trop épais, par l'excision partielle des tissus compris entre la peau et la muqueuse; le bord externe du lambeau est enfin réuni à la joue.

Fig. 93. Fig- 94-

Procédé d'Heurtaux.

3° Procédé d'iïstlander. — Si l'on avait affaire à un épithélioma des lèvres, voisin de l'angle commissural, le procédé d'Estlander (1) pourrait être avantageux. Sur la lèvre saine, on taille au bistouri un lambeau triangulaire dont la base est au bord libre : la branche externe de ce V

(1) Estlander, Arch. fur /clin. Chir., 1872 ; Revue mensuelle de méd. et de chir., 1877. — Haorth, Deutsche Zeitschrift fur Chir., 1881-1832. — Grynfeltt, Chirurgie clinique, 1885. — Fougue, Montpellier médical, 1890.

aboutit au bord labial, vers la commissure ; la branche interne se dirige vers la partie moyenne de la lèvre saine, mais sans atteindre le bord libre et en respectant à ce niveau un pédicule formant pivot; ce lambeau est porté par pivotement dans l'excision triangulaire résultant de l'ablation de la tumeur ; sa base, portion du bord de la lèvre saine, forme désormais le bord libre de la lèvre restaurée ; rien n'est changé au type anatomique normal, sinon que la bouche est rétrécie d'autant et que la commissure

Fig. 96. Procédé d'Estlander.

est reportée au pédicule du lambeau d'emprunt. Cela dit l'avantage et fait la critique de la méthode d'Estlander: elle n'est point applicable aux tumeurs larges et médianes : épithélioma peu étendu et juxta-commissural, voilà sa meilleure indication.

II. Procédés empruntant des lambeaux au menton et au cou. — Le résultat définitif est moins .. 0- ; \* avantageux avec les pro- s •■:■■ \ l*ii^>^ cédés qui empruntent ^»(^J0\ les lambeaux, même très épais, mais dénués de doublure muqueuse , à la peau du menton ou du cou. Aussi avons nous abandonné le procédé de Berg; il a cependant un avantage , c'est de permettre le nettoyage facile de la région sous-maxillaire et serait réservé aux épithéliomas étendus sur le menton, avec volumineux ganglions sus-hyoïdiens.

Le procédé de Syme, qui taille deux lambeaux mentonniers, a été de tout temps très employé à la clinique de Montpellier, où les épithéliomas labiaux abondent. La tumeur est cernée par deux incisions se rencontrant à angle inférieur ; deux autres les prolongent suivant un angle opposé par le sommet, soit deux V réunis par leur pointe : X- De l'extrémité inférieure de chacune des branches du A renversé part une incision oblique en dehors et en haut, qui suit le bord libre de la mâchoire inférieure. Ainsi sont formés deux panneaux quadrilatères à base supéro-externe ;

Procédé de Berc

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