‹ Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 138 sur 372 · PROPORTION · texte numérisé non relu

PROPORTION

Si l'opération était dangereuse en elle-même et par elle seule, c'est dans les jours immédiats qui suivent l'intervention que s'observerait le maximum de mortalité. Or, Fritzche, après étude de 225 cas, avait déjà établi que la mortalité des jeunes enfants, dans les deux premières semaines qui suivent l'opération, n'est que de 5,3 p. 100 ; Hoffa ne note sur ses 80 opérés que 4 décès dans les quatorze premiers jours, soit une moyenne de léthalité de 5 p. 100 ; et, réunissant 620 cas avec 60 morts post-opératoires dans les deux premières semaines, il indique 0,6 p. 100 comme coefficient de mortalité. Voilà qui innocente déjà l'acte chirurgical, trop aisément accusé : voici qui achève de le disculper. Si l'on s'enquiert des causes de mort, chez ces enfants décédés avant le quinzième jour, que voit-on noté? La diarrhée, le marasme, les convulsions, la pneumonie, parfois la rougeole, la scarlatine, la diphtérie; mais l'opération en est bien irresponsable : la table de Hoffa le démontre.

Bien plus, les jeunes opérés de bec-de-lièvre payent à la mort, pour la période post-opératoire qui s'étend de la troisième semaine au troisième mois, un plus lourd tribut que dans les quatorze premiers jours : de 9,-3 p. 100 la léthalité monte à 15 p. 100; cela prouve bien qu'ils ne meurent pas de J'opération, mais qu'ils continuent à mourir de leur malformation et de la déchéance trophique qu'elle entraîne.

Voilà donc un premier point acquis: ce n'est point l'acte chirurgical qui constitue le grand péril, surtout dans les formes légères et dans les conditions de correcte opération ; il faut incriminer avec plus de raison la difformité et les mauvaises conditions nutritives où se trouve le jeune bec-de-lièvre, surtout dans les hôpitaux et dans les ménages nécessiteux.

L'argument du péril opératoire chez les jeunes, comme contre-indication aux interventions précoces, ne conserve donc point toute la valeur que d'aucuns lui ont donnée : c'est surtout une question de degré dans la malformation et de gravité dans l'acte opératoire nécessaire.

Il était très intéressant, pour la solution de cette question si controversée d'opportunité d'âge, d'examiner, après la mortalité opératoire en général le pronostic de l'opération aux divers âges en particulier: Hoffa, à ce point de vue, a étudié 304 cas opérés de bec-de-lièvre :

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