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TUBERCULOSE DU LARYNX

« Calmer, modifier, détruire », telles sont, nous dit Gouguenheim (1), les trois indications principales dans la tuberculose laryngée. La cocaïne est le calmant par excellence de la douleur et de la dysphagie : la solution à 10 p. 100 suffît généralement ; l'application sera faite sur la région aryténoïdienne, au moyen du pinceau courbe ou du porte-éponge à tige métallique. L'iodoforme tient la place dominante parmi les modificateurs: on l'applique en solution glycérinée. Depuis la cocaïne, d'ailleurs, le larynx des tuberculeux est plus tolérant et plus accessible aux applications topiques; mais il ne s'en faut point exagérer les résultats. L'acide lactique, non diffusible, limitant son action aux parties malades, était jusqu'à présent le topique préféré : aux doses de 50, 60, 80 p. 100, en frictions vigoureuses avec le pinceau d'ouate ou l'éponge, après anesthésie cocaïnique, il modifie rapidement les ulcérations tuberculeuses, réprime leurs végétations papillaires, stimule un granulement de bon aloi. Ruault a établi les bons effets du phénol sulforiciné qui, au témoignage de Héring lui-même, « surpassent ceux de l'acide lactique »; c'est un liquide jaune ambré, sirupeux, non caustique, bien toléré, que l'on porte avec un tampon bien égoutté, à l'extrémité d'une tige porte-ouate, à l'aide du laryngoscope. Chez les sujets dociles, non fébriles, s'alimentant bien, en bon état général, on peut se proposer, comme Héring, d'aider par les scarifications, le curettage, le grattage, à l'élimination des parties nécrosées, des infiltrats en voie de destruction, des granulations exubérantes; mais la complication de l'outillage, la nécessité d'une éducation opératoire suffisante, la multiplicité même des conditions plus haut formulées, constituent autant de restrictions à cette méthode. Le galvanocautère, capable de modifier autant que de détruire, sera utilisé avec succès dans le traitement des bourgeonnements fongueux, des pseudopolypes confluents, énormes et récidivants, que Gouguenheim a décrits.

La trachéotomie peut s'imposer, comme intervention palliative, « à toutes les périodes de la phtisie laryngée ». Au point de vue de la survie, elle aura une valeur d'autant plus grande que la gravité de l'état général et les troubles de l'hématose par les lésions pulmonaires ne neutraliseront point d'a»vance le résultat de l'intervention : est-il bien utile, en vérité, d'ouvrir la trachée d'un moribond dont les poumons sont criblés et la déchéance irrémédiable? En pareille occurrence, nous avons souvent refusé la trachéotomie, simple prolongation de l'agonie. Mais le tuberculeux peut « mourir par le larynx », asphyxié par une sténose glottique, à laquelle parerait une trachéotomie opportune. Chez un malade à pou-

(lj Gouguenheim et Tissieb, Phtisie laryngée, \>. 288.

mons peu atteints, une dyspnée vive et intense survient par accès quelquefois très rapidement mortels; souvent, il s*agit d'un de ces « pseudoœdèmes » étudiés par Gouguenheim, liés à la périchondrite précoce ; d'autres fois, c'est un spasme, c'est l'interposition entre les lèvres glottiques d'une végétation pseudo-polypeuse, c'est une poussée congestive locale, rétrécissant la lumière progressivement réduite par l'infiltration, qui déterminent une crise de dyspnée ; parfois encore, et cela même aux premières périodes, une sténose neuropathique de la glotte produit un accès pressant de suffocation. Dans tous ces cas, la question se pose d'une intervention immédiate ou rapide : si l'état général est bon et les lésions pulmonaires médiocres, les suites peuvent en être excellentes; en dépit du pessimisme de Mackensie, d'Isambert, de Salis-Cohen, la trachéotomie est alors capable, non seulement de sauver momentanément, mais d'assurer une assez longue survie.

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