SYPHILIS DU LARYNX
Les laryngopathies syphilitiques tardives, qui surviennent après la troisième ou la quatrième année de lïnfection, sont susceptibles de provoquer un œdème redoutable, ou de rétrécir le larynx par cicatrice et sclérose, ou bien encore de 1 obstruer en paralysant ses muscles : elles doivent être, nous dit Mauriac, « l'objet d"une sollicitude qui grandit avec l'âge de la maladie ». — Œdème, paralysie de la glotte, sténoses cicatricielles, voilà les périls auxquels il faut faire face. Un traitement spécifique rigoureux peut avoir, pour les deux premiers, une valeur curative absolue : il peut conjurer ou arrêter le troisième, avantage d'autant plus grand que ces laryngosténoses s'établissent lentement et insidieusement ; que, si on ne les attaque pas au début, la médication ioduro-hydrargyrique ne « mord » plus sur ces néoplasies tertiaires, et qu'on laisse le temps de se produire à des lésions trachéales ou bronchiques qui frappent parfois d'impuissance la trachéotomie pratiquée en dernier recours.
Tout en gardant une foi légitime dans lïodure à doses massives et le mercure en frictions ou injections; tout en aidant cette médication par le traitement topique, par l'attouchement des ulcérations à la cocaïne, par la cautérisation au galvanocautère pour enrayer le phagédénisme intralaryngien et réprimer les bourgeonnements exubérants, il faut se tenir prêt à la trachéotomie ; on la pratiquera dans le cas de dyspnée progressivement croissante, ou lorsque des crises menaçantes de suffocation s'ajoutent à la gêne respiratoire continue. La mort peut survenir brusquement au milieu d'un accès : c*est une raison pour ne pas perdre de vue le malade, ou pour se décider de meilleure heure à la trachéotomie, si une surveillance de tous les instants est impossible. Faire fond sur les régressions inopinées que présentent certains œdèmes glottiques, serait