PLAIES DU CŒUR
pèchent l'évacuation par le trocart, si les accidents infectieux, dans le cas de « pyopériearde », réclament une plus large opération, on pratiquera la péricardotomie qui vient de donner un beau succès à von Eiselsberg (1) : les coups de couteau, plus que les plaies par armes à feu, fourniront l'occasion de ces interventions pour complications infectieuses. Delorme (2) en a bien réglé le manuel : 1er temps. — Ai centimètre en dehors du bord gauche du sternum, un peu au-dessus du bord inférieur du 7e cartilage, commencer une incision cutanée verticale qui s'arrêtera au niveau du bord supérieur du 4e cartilage. Sur les extrémités de cette incision, porter deux sections transversales de dégagement de 2 centimètres chacune. — 2e temps. — Sectionner les fibres du grand pectoral j usqu'au gril costal et disséquer les parties molles au ras des os et des cartilages jusqu'à 1 centimètre en dedans du bord gauche du sternum, et, en dehors, dans l'étendue de deux travers de doigt. — 3e temps. — La plaie étant largement tenue béante par des écarteurs ou des pinces, désinsérer avec la pointe du bistouri le 5e cartilage costal du sternum ; libérer avec la rugine ses bords supérieur et inférieur ; saisir son extrémité sternale avec un davier, l'attirer en avant et dégager prudemment avec le détachetendon sa face profonde. En forçant la luxation en avant et en le renversant en dehors, le cartilage se fracture aisément. Tout en le soulevant, on presse sur lui, avec un doigt, à 4 centimètres environ du sternum, pour qu'il se fragmente à ce niveau et non près de son articulation sternale. On répète la même manœuvre sur le cartilage. Au besoin, on peut exciser les cartilages avec la pince-gouge, mais il faut aller jusqu'à leur articulation sternale et libérer le bord du sternum. — 4e temps. — On incise avec précaution et en dédolant la couche des intercostaux et du périchondre des cartilages excisés, dans toute l'étendue verticale de l'incision. La brèche de la paroi thoracique mesure alors 5 à 6 centimètres de haut et 3 centimètres de large. Son fond est formé par le muscle triangulaire du sternum sur lequel reposentles vaisseaux mammaires. — 5e temps. — Bien au ras du bord sternal, de bas en haut, libérer avec la sonde cannelée, conduite parallèlement au bord postérieur du sternum, les attaches tendineuses du muscle triangulaire. Introduire le doigt profondément dans la plaie, en arrière du sternum et le ramener en dehors, de façon à raser exactement avec l'ongle la face antérieure du péricarde et à entraîner le tissu cellulaire qui la recouvre ainsi que le bord pleural et son bourrelet graisseux protecteur. Lorsque la face blanche, opaque, du péricarde est mise à découvert en un point, et qu'on aperçoit nettement ses fibres transversales, on continue à le dégager de bas en haut et de dedans en dehors, dans toute l'étendue de la plaie. Le bord pleural se trouve ainsi sûrement récliné. 11 est attiré sous le doigt, sans même qu'on l'aperçoive. — 6° temps. — Saisir le péricarde avec une pince à griffe à la partie inférieure de la plaie, le soulever et le couper en dédolant. Glisser
(1) Von Eiselsberg, Wien. klinische Wockensclirift, n° 2, 1895.
(2) Delokme et Mignon, De la ponction et de l'incision du péricarde. Archives de médecine militaire, t. XXVIII, p. 82, 97.
Forgue et Reclus. — il. 34