TRÉPANATIONS POUR ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE. SI
trois mois après l'opération, le malade commençait à peine à la remuer : les attaques ont été atténuées en nombre et en intensité, mais n'ont pas disparu. L'opéré de Nancrède a été guéri de ses crises convulsives, mais après avoir gardé pendant dix-huit jours de la parésie de la main ; celui de Deaver a présenté pendant huit semaines de l'hémiparaplégie et de la monoplégie brachiale et faciale : depuis trois mois, toutefois, il n'a vu revenir aucun accès. Chez l'opéré de Bergmann, le résultat a été moins favorable: d'abord, il y eu une paralysie post-opératoire des extenseurs qui n'a commencé à rétrocéder que trois mois après ; au cinquième mois, l'opéré n'exécutait encore que de faibles mouvements d'extension. Quant à l'épilepsie, elle n'a été que temporairement améliorée ; les crises ont reparu un peu plus brèves, légèrement atténuées, mais c'est tout le profit thérapeutique.
D'autres objections théoriques ont été élevées : les expériences de Hitzig et de Luciani, si elles démontrent l'épilepsie par irritation corticale, n'établissent-elles point la production de convulsions générales à la suite de la destruction de ces mêmes zones de l'écorce ? Ne faut-il pas compter de plus, comme Bergmann l'observe lui-même, avec les « dégénérations secondaires » qui, dans les cas anciens, descendent du foyer cortical, que l'on peut prévoir cliniquement chez les malades atteints de paralysie avec contracture, mais qui parfois, ainsi que le dit Broca, échappent à toutes nos investigations? L'épilepsie jacksonienne est souvent due à une irritation à distance et non à une lésion localisable. Rarement « l'aura motrice » sera assez décisive et l'épilepsie assez partielle pour désigner nettement la zone. Enfin, la partie excisée peut donner lieu à une cicatrice capable de reproduire plus tard les accidents convulsifs.
Mais ces objections ne tiendraient point devant des résultats thérapeutiques nets et stables. Or, ce sont ces succès qui manquent encore à l'appui de la méthode. Le progrès peut venir d'un plus minutieux diagnostic du point cortical malade : certes, il n'est point permis d'exclure a priori cette espérance; mais, jusqu'à présent, en dehors des deux faits de Nancrède et de Hochenegg, dont les opérés ont guéri après l'excision des centres, alors que la trépanation simple avait échoué, ce jugement favorable ne saurait s'autoriser que d'améliorations passagères, non de guérisons persistantes.
Nous en déduisons du moins que, le plus souvent, il faudra se contenter d'enlever une rondelle osseuse, de supprimer uneexostose ou une esquille saillante, d'enlever un corps étranger irritant, de libérer une dure-mère adhérente, à la rigueur d'exciser une cicatrice méningée ou corticale superficielle, sans pousser l'intervention plus loin, et jusqu'à l'écorce d'apparence saine. Les crâniectomies, où l'on ne touche point au cerveau luimême, ont fourni, au total, des améliorations qui valent largement les résultats de l'excision corticale; et cela avec infiniment moins de risques: d'autant qu'on peut les répéter et qu'on a chance de voir, ainsi qu'en témoignent de nombreuses observations, les dernières interventions produire de [dus complets résultats que les premières. — Comment agissent