TUMEURS ET LÉSIONS ORGANIQUES DE L'INTESTIN
Jusqu'à ces derniers temps, l'intervention radicale se heurtait à une mortalité très élevée, à des échecs thérapeutiques à peu près constants. Et les conclusions abstentionnistes de Bouilly étaient la sage expression de notre impuissance. L'antisepsie n'avait point suffi, en effet, à nous donner d'assez grandes garanties ; il a fallu les compléter par la série des mesures propres à préserver la séreuse, par notre expérience chaque jour accrue de la laparotomie et de ses détails opératoires, par le perfectionnement des sutures et par l'invention des nouveaux procédés d'anastomose intestinale. A l'heure actuelle, ces progrès techniques ont modifié totalement nos conditions opératoires. La résection de l'intestin, l'entérorraphie circulaire, l'entéro-anastomose, l'exclusion de l'intestin sont des interventions de technique précise, familières aux opérateurs de grande pratique. Aussi, la chirurgie a-t-elle acquis le droit de s'attaquer aux tumeurs et aux lésions organiques de l'intestin et d'en viser la cure radicale, au lieu de se borner à pallier leurs accidents. Il ne faut point se dissimuler néanmoins que l'obscurité du diagnostic pendant une longue période de l'affection, la possibilité d'atténuer dans une assez grande mesure leurs symptômes par le traitement médical, et aussi la méfiance que conservent encore beaucoup de médecins à l'égard de ces tentatives radicales, seront souvent autant de causes d'inaction. Et quand le diagnostic sera devenu indéniable, rendu patent par une tumeur bien palpable, affirmé par l'occlusion ou des symptômes graves, l'heure sera généralement passée des opérations curatrices.
1° Tumeurs et lésions organiques de l'intestin grêle. — Il importe
(1) Souligoux, Presse médicale, 22 juillet 1896, n° â9, p. 349.