‹ Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 238 sur 372 · TUMEURS ET LÉSIONS ORGANIQUES DE [/INTESTIN · texte numérisé non relu

TUMEURS ET LÉSIONS ORGANIQUES DE [/INTESTIN

toutefois d'établir des catégories. Les tumeurs de l'intestin grêle continuent à demeurer une indication exceptionnelle d'extirpation : habituellement, on intervient pour des faits d"occlusion ; on ne se trouve point en présence de lésions limitées et mobiles ; l'anus contre nature ou l'entéroanastomose établis en amont de l'obstacle néoplasique, seront l'intervention palliative obligée. Dans le cas — ■ bien rare — d'une tumeur Libre, circonscrite à une anse, l'entérectomie avec application de bouton de Murphy serait l'opération de choix. Dans l'hypothèse d'une tumeur non adhérente, si l'état général du malade, en pleine occlusion, ne se prêtait point à cette intervention, si la dégénérescence englobait plusieurs anses, la tumeur serait attirée hors du ventre, de telle sorte que les portions saines de l'intestin en aval et en amont du néoplasme puissent adhérer au péritoine pariétal, spontanément ou par sutures ; puis la tumeur serait rasée, soit au bout de quelques jours dans le premier cas, soit immédiatement dans le second; il resterait après cette extirpation, un anus à deux ou plusieurs orifices. Cette intervention, que Reclus apratiquée deux fois, est supérieure à l'anus artificiel pur et simple au-dessus de l'obstacle, puisqu'elle supprime la tumeur et ouvre par conséquent la porte à l'espérance d'une guérison radicale.

2° Tumeurs et lésions organiques du caecum et du côlon. — Mais ce sont surtout larégion iléo-cœcale etle côlon qui, dans ces dernières années, ont été l'objet d'interventions radicales et neuves. Au niveau de l'anse iléo-côlique, point de jonction entre le gros intestin et le grêle, où la différence de calibre des deux intestins et la poussée qui se fait sur la valvule de Bauhin créent des conditions particulières de stase stercorale et d'irritation, les lésions chroniques trouvent un lieu d'élection. Cepointest, par rapport à l'intestin, ce que le pylore est pour l'estomac. L'invagination s'y produit avec facilité ; le cancer s'y voit avec une particulière fréquence ; et, surtout, la tuberculose s'y localise, sous une forme végétante chronique, pseudo-néoplasique, simulant le cancer, que nous connaissons bien en France depuis les travaux de Pilliet, Hartmann, Broca. — Les mêmes prédispositions se retrouvent, à un degré moindre, sur le côlon, surtout au niveau de ses angles.

§ 1er. Indications opératoires. — I. Dans le cas de cancer. — Les indications opératoires et les résultats thérapeutiques se subordonnent à la nature de la lésion.

Pour le cancer, l'ablation radicale est le procédé idéal : Kraussold fut le premier à réséquer l'anse iléo-côlique cancéreuse ; Billroth et ses élèves, Czerny avant tous, Maydl, Kônig, contribuèrent, par un chiffre important d'opérations, à letude de cette intervention ; Kôrte (1), quia écrit une intéressante monographie, a réséqué 10 ca?cums cancéreux; Baillet(2). dans sa bonne thèse, a colligé 28 observations de résections pour cancers du cœcum. — Sur ces 28 interventions, on compte 14 décès : donc, la léthalité opératoire est de 50 p. 100, et voilà une constatation capable

(1) Kôrte, Deutsche Zeitschrift fur Chirurgie, nos 5 et G, 1895. (2Ï Baillet, La résection du segment iléo-cœcal. Paris, 1894.

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